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Affaires

Le trafic au port de Sebta renoue avec la croissance

Par L'Economiste | Edition N°:1937 Le 13/01/2005 | Partager

. Durant l’exercice 2004, le trafic marchandises a évolué de 6% . L’embellie risque d’être de courte durée avec la prochaine entrée en service de TangerMedSelon des chiffres de l’autorité portuaire de la ville de Sebta, le trafic marchandises au port a connu un début de reprise après une série de quatre années de chutes consécutives. En effet, 2004 est le premier exercice du siècle où le trafic renoue avec la croissance. Durant les trois premiers semestres de l’année, le trafic a enregistré une hausse de 5,84% par rapport à la même période de 2003. Malgré tout, le chiffre est en deça des résultats de l’année 2000. A cette époque, ce sont plus de 2,25 millions de tonnes de marchandises diverses qui ont alors transité par le port durant les trois premiers trimestres. La remontée s’est essentiellement fait ressentir au niveau des marchandises générales qui, essentiellement, alimentent les circuits de distribution informels au Maroc. Devant la crise que connaissaient les commerçants de la ville de Sebta et surtout ceux qui s’adonnent au commerce avec le Maroc, le trafic de ce type de marchandises avait connu une chute notable. Mais depuis, la “confiance”s’est rétablie et les «sociétés de distribution», comme on les dénomme dans le jargon officiel espagnol, sont sorties de leur hibernation. Durant les neuf premiers mois de 2004, les marchandises générales ont représenté près de 642.670 tonnes soit une augmentation par rapport à la même période de 2003 de 29,31%. A noter aussi que le port a connu une irrémédiable chute en matière de transport de passagers, et ce face au port de Tanger. Selon des observateurs marocains, cette donne risque d’être totalement remise en cause avec l’entrée en lice du port TangerMed. Ce dernier risque, en effet, de damer totalement le pion du trafic avec des coûts encore plus bas de frêt et de transport maritime. La ligne Sebta-Algésiras enregistre cet été plus de 7% de chute par rapport à l’année dernière. Alors que la ligne de Tanger connaît des progressions annuelles allant jusqu’à 10%. Les différences se font noter plus pendant l’opération MRE. Un scénario que l’on retrouve du côté de Melilia. Cette situation a fait tirer la sonnette d’alarme du côté espagnol. Ces chiffres sont le constat d’une défaite cuisante. Depuis des décennies, les Espagnols avaient tablé sur ce port pour garder la mainmise sur le trafic maritime entre les deux rives. Une traversée plus courte et moins coûteuse, et un appui étatique sous forme de subventions des lignes jugées stratégiques auraient dû permettre à Sebta de remporter la course haut la main. A ajouter les avantages de la ville, zone franche, qui devait rendre ses quais plus attractifs. Ce qui n’a pas été le cas.


Le secteur des services, gros employeur

. Trois femmes sur quatre refusent de travailler à Sebta. L’économie est en train de se déplacer du commerce vers le tourismeC’est une vraie métamorphose que connaît actuellement le marché de l’emploi à Sebta. Selon une enquête publiée récemment par les autorités espagnoles, près de 55% de la population de Sebta sont au chômage, un chiffre en croissance de 11% durant l’année 2004. Les raisons sont soit le refus de travailler, soit le manque de formation pour accéder au marché du travail. D’autre part, la croissance de la population de la ville ne peut pas empêcher, selon les auteurs de l’enquête, une diminution “inquiétante” de la population active de la ville. Le nombre de personnes pouvant accéder au marché du travail est passé de 31.900 en 2001 à 27.100 en 2002, soit une régression de 15%. Ce qui explique le recours de plus en plus grand à la main-d’oeuvre venant de Tétouan ou de Belyounech. Cette chute est due, en premier lieu, au comportement des femmes. La population active féminine a chuté de près de 42%. Ainsi, seules 26% des femmes de plus de 16 ans veulent accéder au marché du travail à Sebta, contre près de 42% en moyenne pour l’ensemble de l’Espagne. Pour les hommes, la croissance n’a pas dépassé les 4%. Les secteurs les plus en vue restent ceux de la construction avec 660 contrats. Sur ce nombre quelque 360 travaillaient dans la restauration en 2002. D’après l’étude, il ressort que ce sont les emplois dédiés aux services qui ont connu la plus forte demande. A noter que les chômeurs se trouvent essentiellement parmi la population d’origine marocaine. Cette dernière préfère des occupations plus lucratives. D’autant plus que dans les métiers de base, le salaire moyen est inférieur de 23 euros par mois par rapport à l’Espagne. A rappeler aussi que l’économie de la ville de Sebta tourne en grande partie grâce au trafic de marchandises, licites ou illicites, ce qui engendre un nombre élevé d’emplois ne figurant pas sur les registres officiels. Le changement en matière d’emploi est en train de traduire le changement stratégique que sont en train d’appliquer les autorités de la ville, même s’il n’est pas trop médiatisé. Le commerce de pacotille et de marchandises dédiées à la contrebande est en train d’être délaissé par les Espagnols. Ces derniers préfèrent investir leur argent dans des occupations plus lucratives et avec un potentiel de développement plus sûr, tel le tourisme. Selon un observateur, Sebta veut profiter de la proximité des côtes tétouanaises pour se positionner sur le créneau du tourisme balnéaire de luxe. Le créneau du commerce n’est plus viable, les chiffres d’affaires ont connu une importante régression ces dernières années, suite aux mesures sécuritaires engagées par l’Espagne en vue de protéger la frontière de Sebta.


Policier à Sebta, un emploi à risque

Les policiers de Sebta refusent de patrouiller dans le quartier Principe Alfonso. Un groupe de syndicats regroupant les éléments chargés de la sécurité dans ce quartier à majorité musulmane ont décidé, selon les médias espagnols, de cesser toute activité dans cette zone. Ces derniers ont affirmé préférer s’exposer aux sanctions de leurs supérieurs qu’aux jets de pierres des riverains. En effet, les agressions des jeunes de ce quartier continuent, selon un rythme qualifié de soutenu par les policiers. Lors d’une récente confrontation, un policier a dû être hospitalisé suite à une grave blessure au crâne. De notre correspondant, Ali ABJIOU

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