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    Economie Internationale

    Le top 50 des pays les plus corrompus

    Par L'Economiste | Edition N°:291 Le 31/07/1997 | Partager

    Bakchichs, pots-de-vin, dessous de table... Transparency International a publié cette semaine le classement des 52 pays les plus corrompus pour 1997. Le Nigeria est en tête:


    Est-ce qu'un classement des pays les plus corrompus publié par Transparency International (TI) peut faire et défaire des gouvernements? Réponse: Oui. C'est ce qu'a appris le gouvernement pakistanais à ses dépens lors de la publication des résultats de l'enquête menée par le TI en 1996 sur la base de son Corruption Perception Index (CPI). La colère des Pakistanais face au comportement de leur gouverne-ment, fréquemment impliqué dans des affaires de corruption, a éclaté lorsque leur pays s'est trouvé en avant-dernière position dans la liste de 54 pays en 1996. La réaction au CPI a été remarquable: Quelques jours après la publication des résultats, Mme Bhutto, qui avait violemment réagi au Parlement, fut renvoyée par le Président de la République de son poste de Premier ministre. Mme Bhutto ne s'en est pas remis et a connu une défaite cuisante aux élections qui suivirent. Qui l'aurait imaginé? Toute une carrière politique brisée à cause d'un classement, et surtout dans un pays du Tiers-Monde.
    TI, organisation non gouverne-mentale qui lutte contre la corruption, vient de publier d'ailleurs cette semaine son CPI pour l'année 1997. Ce classement intervient à un moment d'inquiétude grandissantes en ce qui concerne le problème de la corruption dans le monde. Il a été mis au point pour TI par le Dr Johan Graf Lambsdorff, économiste de renom (Université de Göttingen), en se fondant sur des enquêtes et sondages effectués par Gallup Intenational et le World Competi-tiveness Yearbook.

    Ces sondages ont été faits auprès d'hommes d'affaires et reflète leurs impressions et perceptions de l'éten-due de la corruption dans 52 pays. Il ne prend en compte que les résultats de 1996-97. «Ce classement ne veut pas dire qu'un pays est plus corrompu qu'un autre. Nous ne faisons que rapporter comment des hommes d'affaires internationaux perçoivent le niveau de corruption dans différents pays. Il ne faut pas non plus oublier qu'un grand nombre de ces personnes interrogées se trouvent justement au coeur du problème», précise M. Eigen, président de Transparency International.
    L'étude classe les 52 pays suivant une échelle de 0 à 10. Moins un pays est corrompu plus il tend vers dix. Aucun pays ne parvient à atteindre un dix parfait.
    Le Danemark, la Finlande et la Suède prennent cette année les trois premières places. La Nouvelle-Zélande perd sa position de tête de liste pour s'adjuger le 4ème rang. Pour la seconde année consécutive, le Nigeria apparaît en dernière position et est ainsi perçu comme le pays le plus corrompu.

    Sujet tabou

    Nombre de pays dont le Maroc n'apparaissent pas dans le classement. La corruption, une pratique courante, constitue toujours un sujet tabou dans les pays en développement. Les langues ne se délient pas facilement. Chacun préfère garder pour soi ce qu'il en pense. C'est à ce genre d'obstacle que s'est confrontée d'ailleurs l'action de l'Association Marocaine de Lutte contre la Corruption qui représente Transparency Interna-tional au Maroc.
    Le classement des pays est déterminé par les différents résultats apportés par l'analyse des sept sondages de base. Comme il est exigé un minimum de présence dans quatre sondages pour chaque pays, seuls 52 pays sont inclus dans le CPI de cette année. «Nous comptons aujourd'hui l'existence de presque 200 Etats souverains dans le monde, et il y a certainement de nombreux pays qui ne sont pas compris dans le classement, mais qui seraient perçus comme plus corrompus que ceux classés. Nous n'avons cependant pas assez d'informations pour les inclure tous», précise M. Lam-bsdorff.
    Une grande partie des personnes interrogées dans le cadre des sondages sont originaires de pays occidentaux et industrialisés, et la plupart des sondages qui ont contribué à l'obtention du classement final ont été menés par des organisations occidentales. Ceci se traduit dans les résultats qui sont en faveur des pays industrialisés et à l'encontre des pays en voie de développement (PVD), relève Transparency International.

    Pour remédier au déséquilibre apparent qui accable les pays en voie de développement dans ce classement, TI envisage de publier un sondage sur la corruption active engendrée par les pays exportateurs. M. Eigen souligne à ce propos que la corruption qui sévit dans les PVD est une conséquence directe des comportements de sociétés multinationales, celles-ci n'hésitant pas à recourir aux versements de pots-de-vin généreux pour obtenir des contrats dans ces pays. Ceci est vrai, mais ce qui est également vrai c'est que la corruption a ses foyers à l'intérieur des PVD, précise TI. Ceux-là sont plus difficiles à cerner et donc plus difficiles à combattre. La corruption est unique, les corrupteurs (et donc les corrompus) sont eux légion.o

    Corruption: Définition de Transparency International

    Généralement la corruption est définie comme étant un abus du pouvoir public pour des besoins privés.
    Exemple: la corruption d'un officier public qui prend des pots-de-vin lors des achats de biens publics.
    D'autres études ont abouti à une définition similaire. Le classement essaie d'évaluer à quel point les officiers publics et les politiciens, dans des pays particuliers, sont perçus comme étant impliqués dans des pratiques de corruption.
    Cette définition ne se limite pas à la corruption politique et administrative.

    Salim LAHJOUMRI

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