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Le technicien de maintenance, infirmier de famille

Par L'Economiste | Edition N°:64 Le 28/01/1993 | Partager

C'est le métier industriel le plus controverse. Le rôle, le coût, le pouvoir de maintenance sont au centre de la moindre panne ou de l'acquisition d'un nouvel équipement Suite au job-description de L'Economiste, le directeur du CIE, organisme de formation duale, esquisse le profil idéal du technicien maintenance.

La maintenance peut être définie comme étant un ensemble d'opérations, d'efforts à consentir et de moyens à mettre en oeuvre en vue d'optimiser la fiabilité et la disponibilité des équipements et des infrastructures de production et de leurs annexes, ainsi que leur maintien en bon état et à coût optimal et dans de bonnes conditions de qualité, de sécurité et de respect de l'environnement.

C'est dans ce contexte que se situe l'intervention du technicien en maintenance qui doit être un professionnel maîtrisant les soubassements technologiques et les détails techniques des équipements à maintenir, maintenance qui peut être préventive, corrective (curative) ou auscultative (conditionnelle) ce qui est de plus en plus le cas dans la gestion industrielle moderne. De par l'aspect technique, le technicien de maintenance doit se sentir responsable à part entière impliqué dans la stratégie d'ensemble de l'entreprise mue par le souci permanent d'efficience et d'efficacité économique.

Trois axes

Les interventions du technicien de maintenance s'articulent autour de trois axes principaux se rapportant aux différents concepts de maintenance ci-dessus cités, à savoir la prévention, le diagnostic et la réparation. Concernant le premier axe, le technicien doit procéder à un entretien régulier et systématique des machines selon les recommandations du ou des constructeurs quoique ces dernières sont généralement conservatives, à défaut de connaissances précises des conditions réelles d'utilisation du matériel livré. On peut admettre à ce propos que dans toute organisation industrielle le savoir-faire en matière de maintenance préventive se limite au départ aux seules recommandations du fabricant, mais au fur et à mesure que le technicien est mis à l'épreuve, les déboires et les interventions s'accumulent et ce technicien se rend de plus en plus maître de la situation. A travers de ces interventions préventives régulières, un contrôle permanent des équipements se met en place avec comme finalité le déclenchement automatique des remplacements des pièces dont la détection d'usure est difficile et dont la casse présente des risques graves pour l'installation ou tout simplement des pièces dont l'usure est une fonction constante de l'utilisation et dont le changement peut être prévisible. Cette procédure peut s'étendre à la totalité des équipements, et au fur et à mesure que le parc des machines est maîtrisé, le technicien peut envisager ou recommander des arrêts programmés pour révision et ce, de concert avec les départements de production concernés. Le technicien doit manifester à cet égard un esprit d'anticipation et de vision à moyen terme.

Ni improvisation ni bricolage

Le second axe se rapporte à Sa maintenance dite corrective ou curative. En effet, et en cas de panne, le technicien doit pouvoir établir un diagnostic par le biais duquel il peut situer ou localiser la ou les défaillances en usant de sa capacité de détection des problèmes, de son esprit d ' analyse et de synthèse aidé en cela par tous les documents techniques de l'ouvrage en question, notamment les schémas d'ensemble et détaillés qu'il doit nécessairement avoir, ou le cas échéant, réclamer aux responsables concernés, et autres renseignements fournis par les livreurs. De nos jours il n'y a, en effet, plus de place à l'improvisation ou au bricolage, surtout dans un environnement industriel complexe, où les coûts des investissements sont prohibitifs et où les innovations technologiques sont de plus en plus rapides et fréquentes (tous les 18 mois, il y a un nouveau changement de conception d'un ou plusieurs procédés). A cet égard, le technicien doit recourir à la formation continue pour mettre à jour ses reconnaissances et rester au diapason des nouvelles technologies. Jadis, l'ancienneté était synonyme d ' expérience, actuellement cette affirmation est totalement mythifiée. Celui qui ne se perfectionne pas régulièrement sera de plus en plus déconnecté de l'environnement industriel, lequel environnement est en perpétuelle turbulence. Par ailleurs, le technicien en maintenance doit connaître ses limites et développer en lui le réflexe de recourir aux spécialistes chaque fois où ses connaissances en la matière font défaut, guidé en cela par le souci d'obtenir des compétences hors de sa portée et d'éviter des interventions hasardeuses dont les retombées techniques et économiques imprévisibles peuvent être lourdes de conséquences graves.

Après la phase de diagnostic et de détection de la ou des pannes, le technicien doit procéder soit à la réparation, soit au remplacement de l'organe et/ou du sous-ensemble défectueux en tenant compte du temps d ' immobilisation et de l'état des stocks.

Relation avec les stocks

Sous cet angle, le technicien doit développer une collaboration étroite avec les responsables de la gestion des stocks, si ce n'est pas lui qui s'en charge. Le technicien de maintenance doit se considérer comme étant "l'infirmier de famille" du parc de machines. Il doit suivre de près toute intervention sur ces machines, les archiver au niveau des fiches individuelles de chacune d'elles, faire usage de l'informatique si celle-ci est disponible au sein de son entreprise.

Dans ces fichiers il doit porter d'autres renseignements relatifs aux heures d'arrêt et éventuellement de marche du matériel en question, des performances, dates et nature des interventions (informations utiles qui servent au déclenchement du processus préventif), l'indication des principales avaries, un film des événements, le "pourquoi et le comment" (questions classiques dans toute stratégie d'analyse d'un phénomène). Il n'est pas inutile de rappeler que toutes ces indications valent leur pesant d'or dans des cas similaires ultérieurs aussi et surtout pour se prémunir et prévenir ces défaillances dans le futur.

Situations conflictuelles

Après l'opération de dépannage ou de réparation, le technicien en maintenance doit procéder au réglage et, en cas de nécessité, au réétalonnage des organes ou des sous-ensembles en tenant compte des consignes fonctionnelles et en prenant soin de vérifier les dispositifs de sécurité. Aussi, il doit mettre en route la ou les machines, suivre le fonctionnement pendant au moins un cycle complet pour s'assurer de la synchronisation et du bon fonctionnement de l'ensemble. Cette phase nécessite en outre la présence de l'opérateur ou de l'exploitant de ces machines qui, de par sa connaissance parfaite de l'utilisation du matériel, est à même de lui dire si les performances initiales (avant la panne) ont été de nouveau récupérées. Il faut souligner à ce propos que le technicien doit se sentir non seulement un réparateur, indifférent du processus de production, mais plutôt un exploitant au même titre que l'utilisateur sensible aux aspects de productivité et de coûts. Il ne faut pas qu'il se laisse entraîner dans des situations conflictuelles intempestives classiques où les réparateurs et les utilisateurs sont en conflit permanent et se renvoient mutuellement les responsabilités quant aux causes des pannes et l'exécution de leurs réparations.

Aptitudes requises du technicien de maintenance

Sur le plan professionnel :

- avoir des connaissances techniques suffisantes dans son domaine d'intervention; des aptitudes à détecter les pannes et pouvoir y remédier; savoir lire et interpréter des schémas; aptitudes au démontage et au remontage des organes; savoir procéder au contrôle et au réglage des organes.

Sur le plan intellectuel :

- exactitude et précision; technicité; esprit d'analyse et de synthèse; sens de l'organisation; Manifester de l'intérêt pour les activités où l'aspect scientifiques et techniques; aimer manipuler et travailler avec des choses et des objets; aimer juger de la valeur d'information en fonction des critères mesurables et vérifiables.

Sur le plan de la personnalité:

- sens social (sociabilité); sens des responsabilités; autonomie et initiative; conscience professionnelle.

Sur le plan physique:

- acuité visuelle; coordination visuelle et manuelle; dextérité; aptitude à distinguer les couleurs; aptitudes psychomotrices.

A.M.

par Abdellatif Moutakki, Directeur du Centre Inter-Entreprise (CIE)

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