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    Culture

    «Le spectateur est de plus en plus critique»
    Interview avec Claude Eric Poiroux, DG d’Europa Cinemas

    Par L'Economiste | Edition N°:3212 Le 15/02/2010 | Partager

    . Une nouvelle édition d’Euromed Cinemas envisagée . Bilan de la semaine du film européen au Maroc Claude Eric Poiroux est un grand cinéphile à multiples casquettes, un connaisseur du secteur cinématographique non seulement en Europe mais dans tout le pourtour méditerranéen. En sa double qualité de directeur général d’Europa Cinemas et directeur artistique de la semaine du film européen au Maroc, L’Economiste l’a rencontré pour faire le point sur le programme d’Euromed Cinemas, et la semaine du film européen au Maroc.- L’Economiste: Quels sont les objectifs du programme d’Euromed Cinemas?- Claude Eric Poiroux: Euromed Cinemas est un programme de soutien à la distribution et à l’exploitation des films méditerranéens et européens dans les 35 pays du partenariat euro-méditerranéen dont le Maroc. Il est doté d’un budget initial de 3,5 millions d’euros et s’inscrit dans un programme plus vaste qui est celui d’Euromed audiovisuel. Euromed Cinemas est financé par l’UE et mis en œuvre par un consortium dirigé par le Centre cinématographique marocain et Europa Cinemas. L’objectif est de contribuer au renforcement du dialogue des cultures et à la compréhension entre les peuples des deux rives de la Méditerranée. Le principe est de soutenir la distribution et l’exploitation des œuvres cinématographiques des pays partenaires pour qu’ils soient plus présents sur le marché, dans les festivals et plus visibles sur les écrans. Et ce, grâce à des aides à la présentation, à l’édition, à la distribution…- Quelles sont ses réalisations à ce jour?- Le programme, qui a été lancé en 2006 pour une durée de 3 ans, s’est terminé sur une note positive. D’ailleurs, une nouvelle édition est envisagée et sera lancée très prochainement.Au Maroc, par exemple, outre le financement de plusieurs films, le programme a permis le retour de films égyptiens dans les salles de cinéma, la projection de films syriens, italiens… et de l’autre côté, des films marocains tels que Whatever Lola wants ou encore What a wonderful world ont été projetés dans des salles tunisiennes, françaises... Un énorme échange de cultures et d’expériences se fait maintenant grâce à ce fonds. Les salles ont aujourd’hui une programmation de films aux provenances très variées, je pense qu’on n’a pas le droit d’orienter le goût du spectateur, il faut lui offrir une diversité et lui permettre de choisir. De façon générale, je pense que les gens sont enclins à la diversité, la preuve c’est que «Ali Zawa» par exemple a été vu par plus de 100.000 personnes en France. - Quels sont à votre avis les ingrédients qui garantissent le succès d’un film?- Il est vrai que les conditions de diffusion et le star system sont très importants, voire déterminants dans le succès d’une œuvre. Toutefois, le public est de plus en plus avisé, plus critique, difficile donc de le duper. Il ne suffit plus de mettre une Angelina Jolie ou un Brad Pitt dans la bande annonce pour garantir le succès d’une œuvre et l’afflux des spectateurs. Tous les ingrédients doivent y être. Il y a aussi des donnes qui peuvent conditionner la diffusion d’une œuvre, la coproduction par exemple. Un film coproduit a beaucoup de chances d’être projeté dans plusieurs pays et vu par un nombre plus important de personnes. La coproduction permet également d’avoir les fonds nécessaires pour faire de grosses productions. Pour ce qui est du cinéma marocain, je pense que contrairement à ce qu’on dit, le public marocain n’est pas difficile, bien au contraire, c’est un public qui sait apprécier les bonnes œuvres. Si les Marocains ne regardent pas beaucoup les productions nationales, ce n’est pas par manque de quantité, mais c’est parce que la qualité n’y est pas encore. - La semaine du film européen s’est achevée mercredi dernier. Quel bilan peut-on en tirer?- Difficile de dresser un bilan à cette édition. Mais selon les résultats préliminaire, la fréquentation est semblable à celle de l’année dernière sinon un peu moins. En 2009, ils étaient plus de 17.000 spectateurs à aller voir les différents films projetés, ce qui est bien évidemment un record. Cette année, ils seront à peu près 14.000 ou 15.000. L’évènement en est a sa 20e année, il a gagné en expertise et en maturité, cette année, l’édition a connu des changements ou plutôt des nouveautés. Nous avons essayé de diversifier les genres autant que possibles et permettre au public de voir des films primés dont ils entendent parler sans jamais avoir l’occasion de les voir.


    Euromed Cinemas en chiffres

    DEPUIS le lancement du programme Euromed Cinemas en janvier 2006, près de 190 sorties ont été soutenues dans 18 pays européens et 10 pays MEDA (Moyen-Orient et Nord Afrique). Plus de 120 sorties concernent des films du Sud et plus de 60 sorties des films européens. Plus d’une centaine de sociétés de distribution et un peu plus de salles de cinéma sont aujourd’hui partenaires à ce programme. Depuis 2006, ce sont 107 titres différents et plus de 1.500 copies qui circulent grâce au soutien du programme Euromed Cinemas sur les écrans des pays du partenariat euro-méditerranéen.Propos recueillis par Bouchra ALAOUI ISMAILI

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