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Economie

Le Souverain propose une sortie de la crise morale

Par L'Economiste | Edition N°:1169 Le 21/12/2001 | Partager

. Pour l'après-11 septembre, Il souhaite remonter dans les valeurs fondatrices des civilisations. Le Maroc a un savoir-être opérationnel et reproductible. La chance a voulu que le Message Royal soit lu à BruxellesLe Souverain vient de proposer une sortie de la crise morale pour l'après-11 septembre. Il l'a fait via un message envoyé le 19 décembre aux participants à une réunion interconfessionnelle, qui se tenait jusqu'à hier soir à Bruxelles. Sur le plan pratique, SM le Roi propose une “conférence inter-religieuse”, qui pourrait se tenir au Maroc au cours de l'année prochaine. Mais ce côté pratique ne doit pas masquer le sens du message royal.. Premiers points à gagnerD'abord, la chance a voulu que cette réunion, à laquelle s'est adressée le Souverain, se tienne à Bruxelles. Bruxelles où, d'une part, les enquêtes sur le terrorisme international font apparaître l'implication de jeunes gens perdus et où d'autre part réside une communauté marocaine, dont une partie pose de graves problèmes, allant de l'incivilité à la franche délinquance. Le phénomène est tel que les Marocains honnêtes résidents en Belgique ont du mal à revendiquer leur nationalité en face de ce phénomène et de l'image détestable qu'elle donne du Maroc. L'autorité morale du Souverain et le contenu de son message peuvent donc aider à rétablir ces Marocains honnêtes dans leur fierté, aider à lutter contre l'image détestable et interdire aux déviants de se cacher derrière une fausse identité pour continuer impunément leurs exactions. S'il n'y a que ces points de gagnés, ce sera déjà bien.Evidemment, la partie ne se joue pas que sur ce seul plan local. A part peut-être l'Extrême-Orient (?), la planète entière est concernée par les suites du 11 septembre. Elle a évité de tomber dans la guerre des civilisations; elle a su finalement prendre en charge la lutte contre des terroristes sans effrayer la majorité des musulmans… . La foi et le droitLe 11 décembre, 3 mois après la chute des Tours, le Président américain a donné une leçon: “Ils ont trouvé la liberté, ils ont cru à la faiblesse, ils ont trouvé leur défaite”. Nous sommes là dans le domaine des principes démocratiques, la majorité des individus qui vivent dans des démocraties, même naissantes, comprennent bien que la liberté a besoin d'une force puissante, celle de l'Etat de droit soutenu par la force de l'Etat tout court, pour la garantir. Sans cela, c'est la loi du plus fort ou celle du plus nuisible qui s'impose. Mais cette leçon ne touche en rien les jeunes gens perdus qui ne se sentent pas concernés par le droit: le simple droit à la vie de leurs victimes ne les a pas arrêtés quand ils ont voulu s'en prendre à ce qu'ils ne croient être que des symboles. La seule partie de la leçon de Bush qu'ils peuvent comprendre c'est celle de la défaite. Or, dans le “délire logique” (nom scientifique que la psychologie donne à ce genre de déviance mentale), la défaite est rédemptrice. De leur point de vue donc, elle est presque souhaitable. Ce qui n'est pas, naturellement, le résultat que veut la planète puisque tout le monde n'a pas la puissance militaire et économique des Etats-Unis. Il faut prendre le problème par un tout autre bout, par une instance ressentie comme supérieure par les croyants monothéistes, c'est-à-dire la foi. C'est ce que propose le Souverain en remontant dans les principes fondateurs: “associer le nom de Dieu à la paix”, “les Livres Sacrés dénoncent l'injustice et l'agression (…) et appellent à la fraternité et la solidarité”… De même, Amir Al Mouminine condamne sans détours “les prophètes de l'obscurantisme et de la régression (…) qui opposent cultures contre cultures, religion contre religion”. Il invite au “dialogue inter-religieux basé sur la bonne connaissance, la sagesse, la perspicacité et l'humilité” tout en recommandant “le courage de la mémoire” pour “mesurer les parts d'ombre dans chaque civilisation”. “La fidélité à nos valeurs (celles des civilisations), même quand elles sont menacées par la démagogie, le populisme et l'ignorance, est notre force, forgeant notre identité et notre fierté”. Et cela ne date pas d'hier, puisque comme le rappelle le message, c'est une façon d'être au Maroc, au point que le regretté Hassan II a joué un rôle très important dans le dialogue pour la paix au Proche-Orient. C'est donc une philosophie qui est tout à fait opérationnelle sur le terrain et qui a prouvé sa nature reproductible. Avec une contrainte cependant: elle doit avoir quelques hommes déterminés pour la porter, pour en être les leaders, les garants, les modèles (avec peut-être le risque d'en être les victimes), et qui doivent avoir devant eux suffisamment de temps pour l'installer dans les espoirs des sociétés puis la faire passer dans le droit. C'est le seul moyen d'éviter que ne se reproduise le malentendu sanglant entre les terroristes et la leçon de Bush.Nadia SALAH

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