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Société

Le site archéologique d’Aghmat renaît de ses cendres

Par L'Economiste | Edition N°:3311 Le 02/07/2010 | Partager

. Découverte d’une cité souterraine. Projet de musée et remise à niveau de la région Une pensée particulière pour une ville de grande mémoire. Aghmat, grand site archéologique situé aux pieds de l’Atlas, à 30 km de Marrakech. Ici, partout, on retrouve des empreintes d’un passé florissant: monuments, zaouïas, hammam… Ravagée par le temps et la nature, Aghmat aujourd’hui est une petite ville historique certes, mais atteinte de pauvreté et d’ignorance. C’est pour rendre hommage à cette cité qu’une journée de présentation des découvertes récentes de fouilles archéologiques lui a été consacrée le 26 juin.C’est aussi à Aghmat que 24 mausolées anciens des maîtres soufis devront être restaurés dans le cadre d’un projet exclusif lancé sous l’égide du ministère des Habous et des Affaires islamiques. Il faudra donner encore plus à la cité d’Aghmat qui s’avère l’une des réserves archéologiques les plus riches dans toute l’Afrique du Nord, estime Jaâfar Kenssoussi, représentant du ministère des Habous et des Affaires islamiques à Marrakech, et qui ne cache pas son enthousiasme pour toute la mémoire spirituelle d’Aghmat. Membre du comité d’organisation de la journée, il avance que l’héritage Maroc et Marrakech existe à Aghmat. Pour lui, ce n’est qu’un premier pas envers cette cité de la science, du soufisme et de la modernité. «Il existe un projet gouvernemental œuvrant pour une mise à niveau radicale de la cité des célébrités, savants orientaux et arabes, scientifiques et soufis hors pair», indique-t-il. D’autant plus qu’une cité souterraine vient d’y être découverte.Le ministère de l’Intérieur a, d’ailleurs, programmé une restauration du centre d’Aghmat. Visant, entre autres, l’aménagement de la traversée de la ville ainsi que la création d’espaces publics (voies élargies sécurisées, espaces arborés, places…), et la construction d’un nouveau souk. Aussi, un complexe commercial verra le jour prochainement et comprendra un ensemble artisanal faisant la part belle aux produits du terroir. Le projet saura concilier la construction d’équipements de proximité favorisant le développement des activités génératrices de revenus (AGR) et les services.Ainsi, on prévoit à Aghmat deux grands projets. Il s’agit de la construction d’un musée rassemblant des antiquités, en plus d’une véritable mise à niveau de la ville. Pour Karim El Achak, architecte et spécialiste des sites patrimoniaux à Marrakech, «Aghmat nous interpelle tous, parce que, quand on scrute les anciennes cartes, la ville avait joué un rôle très important dans l’évolution de notre culture marocaine et notre rapport avec l’Occident via l’Andalousie». Déterminé, il estime qu’Aghmat constitue un site extraordinaire et un exercice incontournable pour toute personne s’intéressant à la culture et à la revalorisation du patrimoine. La réussite d’une action sur Aghmat ne peut se faire que dans le cadre d’une large concertation entre spécialistes, mais avec l’implication des citoyens, de la population d’Aghmat et naturellement de la gouvernance, prévient Al Achak. «Il ne suffit pas de réfléchir sur son histoire, mais de concrétiser les plans et les projets. Il faut revaloriser Aghmat pour toutes ses composantes, à la fois économique, culturelle et sociale», dit-il. Le projet archéologique d’Aghmat a débuté en 2005 dans le cadre d’une convention entre l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine et l’université américaine Vanderbit. Le projet avait pour ambition de déterrer le hammam d’Aghmat vieux de plus de 700 ans. Le potentiel historique d’Aghmat est un trésor vivant, indiquent les organisateurs, mais une remise à niveau du point de vue économique doit accompagner, voire profiter de la richesse d’Aghmat. D’abord tout au bonheur des touristes de Marrakech qui viendront visiter les sites archéologiques d’Aghmat, et ainsi découvrir une histoire enterrée depuis des décennies. Et aussi au niveau du développement humain qui prend de l’ampleur en considérant les potentialités de la région. Selon les responsables de l’Initiative nationale de développement humain (INDH), une amélioration des indicateurs de développement humain s’opère, en particulier dans les communes ciblées par le programme, dont Aghmat. Celle-ci profite de sa proximité de l’Ourika, région d’Al Haouz, qui connaît d’importants projets structurants. De l’agriculture au développement durable, en passant par la scolarisation et la lutte contre le travail des enfants, les initiatives ne manquent pas.


Les riches d’Aghmat

C’est sous le règne de Youssef Ibn Tachafine, fondateur de Marrakech, que la cité d’Aghmat fut le lieu d’exil notamment du fameux Mouâtamid Ibn Abbad, roi de Séville. Aghmat est, selon bon nombre d’experts, un patrimoine multidisciplinaire, où la science, la politique et la religion étaient en harmonie. La vérité de la civilisation marocaine d’antan, par excellence. Durant l’époque des Almoravides, il n’était pas de gens plus riches que les habitants d’Aghmat. Ils avaient coutume de placer, aux portes de leurs maisons, des signaux destinés à indiquer l’importance de leurs richesses. Ainsi, par exemple, si quelqu’un d’entre eux possédait 8.000 dinars (monnaie de l’époque), 4.000 dans la caisse et 4.000 utilisés dans son commerce, il érigeait à droite et à gauche de la porte de sa maison deux soliveaux qui s’élevaient jusqu’au toit. En passant devant la maison, on comptait les soliveaux ainsi plantés et on se faisait alors une idée sur la fortune du propriétaire.Hafsa BENMCHICH

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