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    Economie

    Le secteur acculé à changer d'image

    Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

    Le secteur des assurances doit promouvoir l'assurance-vie s'il veut dynamiser son rôle d'épargnant institutionnel. Le consortium Bossard et Mazars propose quelques scénarios pour y parvenir.


    Promouvoir l'assurance-vie, tel est l'objectif commun des recommandations formulées par le consortium Bossard et Mazars dans son étude sur «Le développement de l'épargne institutionnelle en vue de la dynamisation des marchés des capitaux» (voir aussi en page 54).
    Le but ultime est de développer la contribution du secteur des assurances à la mobilisation de l'épargne. Un doublement de cette contribution (2,8 milliards de DH en 1994) pourrait être, selon les experts étrangers, l'objectif recherché pour l'année 2005. Au chapitre des scénarios proposés figurent aussi bien des mesures générales que spécifiques (incitations fiscales destinées à encourager les produits-vie).
    Au départ, les consultants estiment qu'il ne faut pas compter sur un apport direct de l'assurance dommages. «Celle-ci par nature, parce qu'elle est faite de contrats annuels et qu'elle consiste à indemniser le plus vite possible les victimes d'accidents, n'est que peu créatrice d'épargne longue». La poursuite de l'assainissement de la branche dommages n'est pas écartée pour autant. Elle est même jugée nécessaire.

    L'assainissement, c'est d'abord l'avenir du secteur à travers les dettes des cinq compagnies en liquidation. A la suite de la réunion du Comité Consultatif des Assurances Privées (CCAP)/Ministère des Finances qui avait eu lieu au mois d'octobre 1996, l'Etat avait promis de prendre en charge le déficit en recourant notamment au fonds de solidarité. Ce fonds ne dispose annuellement que de 300 à 400 millions et semble donc insuffisant eu égard à l'importance du déficit de la couverture estimé, lui, à 5 milliards de DH. Dans ces conditions, le consortium Bossard et Mazars estime qu'il existe deux risques éventuels. Le premier serait de taxer davantage l'assurance ou les assureurs et de renchérir à l'excès les coûts de l'assurance. Le second serait de ne pas indemniser totalement les sinistres à la charge des entreprises liquidées. «Dans une activité où la confiance du public est essentielle, une telle décision serait très grave pour l'image et le développement futur de l'assurance», note l'étude. Si la première difficulté ne se pose pas encore, le second risque s'est déjà réalisé. Car, pour les sinistres impliquant les cinq compagnies en liquidation le règlement s'effectue depuis des mois «à l'amiable», le niveau moyen des indemnisations ne dépassant guère 50%.

    Discours critique


    Toujours concernant l'assainissement du secteur, le rapport invite, d'une part, à continuer la démarche de libéralisation des tarifs et, d'autre part, à réduire le délai de règlement des sinistres. Cette dernière condition est jugée nécessaire au développement de l'assurance-vie. «L'assurance marocaine ne peut espérer se développer dans l'assurance-vie tant qu'elle apportera, même si ce n'est pas sa faute, un service si mauvais en assurance dommages». C'est donc de l'image du secteur dont il s'agit. Le délai de règlement des sinistres, notamment pour les accidents corporels, doit être fortement réduit.

    L'image du secteur sera de nouveau abordée au chapitre des mesures pouvant garantir la crédibilité et la solidité de l'assurance. «Pour des raisons compréhensibles, l'Administration et la profession elle-même ont tenu ces dernières années un discours critique ou misérabiliste sur la situation de l'assurance. Aujourd'hui, il est possible avec l'assainissement engagé et nécessaire si on veut développer l'assurance-vie, de tenir un autre discours». Au chapitre des mesures générales auxquelles invite le consortium figurent également celles qui ciblent la solidité financière des compagnies: moyens de gestion à très court terme (marché actif des TCN), accès direct aux adjudications, possibilité d'intervenir sur le marché secondaire, alignement des taux d'emprunts publics sur ceux des adjudications, mise en application du texte autorisant les compagnies d'assurances à intervenir sur les OPCVM.
    Par ailleurs, la décision de fiscalisation des plus-values sur cessions d'actifs, disposition qui avait provoqué une levée de boucliers chez les compagnies du secteur en 1996, est également retenue parmi les entraves au développement du secteur.

    Mohamed BENABID

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