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    Economie

    Le sans-plomb fait des ratés

    Par L'Economiste | Edition N°:1718 Le 04/03/2004 | Partager

    . La qualité de l'essence laisse à désirer dans de nombreuses stations-service. Pointés du doigt, la contrebande, la fraude et la diversité des sources d'approvisionnement…. Plusieurs automobilistes en ont pâtiDepuis le début de cette semaine, nombreux sont les automobilistes qui se plaignent de la qualité douteuse de l'essence sans plomb. En effet, ce carburant serait à l'origine des défaillances des véhicules dont les injections et les pots catalytiques sont les plus touchés, explique un garagiste. La plupart d'entre eux ont déjà eu affaire aux garagistes et concessionnaires pour de lourdes réparations aux notes plutôt salées. Bien évidemment, dans ce genre de situation, les premières à essuyer les récriminations sont les stations-service, puisqu'elles représentent le dernier maillon de la chaîne. Aussi, certaines d'entre elles ont préféré stopper momentanément la commercialisation de ce carburant (les vannes sont scellées par les distributeurs et les pompes bloquées) eu égard au nombre important des plaignants et jusqu'à rétablissement de la situation. Et les plaintes fusent de toutes parts: automobilistes, garagistes et même les stations-service… Contactés par L'Economiste, des pompistes privilégient la thèse de l'essence sans plomb mélangée. Certains parlent d'eau de pluie, alors que d'autres penchent plutôt pour l'éventualité de la présence d'huile ou encore d'un mélange avec de l'essence ordinaire. Quel que soit le cas, c'est toujours le client final qui en pâtit. Les professionnels interrogés, quant à eux, font état d'une essence sans plomb mais à “densité élevée”, dont l'origine proviendrait d'un rajout d'eau. . Plombe et déplombeLa preuve que ce carburant n'est pas conforme peut également être justifiée par sa couleur. En effet, censé être vert, le produit incriminé vire au jaune, comme les échantillons constatés par L'Economiste. Ajoutée à cela, l'odeur très forte et très inhabituelle du carburant ces derniers temps. “Ce n'est plus la même odeur”, témoignent des pompistes. Selon le gérant d'une station-service, c'est le fournisseur lui-même qui plombe et déplombe les vannes dans les stations. Ce qui les déchargent de toutes responsabilités. Alors qu'un autre son de cloche semble émaner de la Samir. Pour Abderrahmane Saaïdi, DG de la Samir, “des problèmes existent certes, néanmoins, la Samir n'en est pas responsable”. Toujours selon lui, “le marché de l'essence souffre de la contrebande et aussi des fraudes qui sont à l'origine des mélanges”. Le DG de la Samir rappelle que “la réduction de l'activité de la raffinerie a poussé certaines sociétés pétrolières à s'approvisionner à l'étranger”. “Ces dernières continuent d'écouler leurs stocks avec des spécifications de sans-plomb cracké”, ajoute Saaïdi. C'est un procédé qui consiste à extraire le sans-plomb du fuel et qui nécessite plusieurs étapes. “Contrairement au produit Samir qui provient de la première distillation”, est-il expliqué par Youssef Ouhilal, directeur commercial de Samir. Autre point de vue celui du secrétaire général du Groupement des Pétroliers du Maroc (GPM) qui affirme de son côté que “techniquement et logiquement, il n'y a aucune raison que le produit soit affecté”. Car, selon lui, “le carburant qui est livré par la raffinerie de Mohammédia est en principe ségrégué. Et à aucun moment, les produits ne sont mélangés. Particulièrement le sans-plomb qui, comme son nom l'indique, est un produit qui nécessite un traitement spécial”. Pour sa part, le directeur commercial de Samir insiste sur le fait qu'un double contrôle qualité est effectué auprès de la raffinerie et des sociétés de distribution. Ensuite, plusieurs intermédiaires entrent en jeu avant l'arrivée du carburant aux stations-service. La plupart des opérations de transport se font par des sous-traitants. Ce qui favoriserait parfois des interventions frauduleuses. “La tentation de fraude est grande”, précise Ouhilal. Selon Samir, le sans-plomb importé d'Espagne, France et Italie reste un produit cracké. Autre piste évoquée par Samir, l'ouverture du marché sans droits de douane qui rend le contrôle encore plus difficile. “Autrefois, lorsqu'il y avait un seul et unique point d'approvisionnement, le problème ne se posait pas”, précise le directeur commercial. Selon la société de raffinage, “plusieurs compagnies continuent d'importer et écoulent actuellement leurs stocks. D'où la diversité des points d'entrée et l'absence de moyens techniques pour contrôler tous les produits pétroliers qui arrivent sur le marché”. Le problème de contrôle de l'approvisionnement de la source au client final reste posé. Car, “c'est une chaîne facilement contournable”, est-il ajouté par Samir. Contactés par L'Economiste pour de plus amples informations concernant ce problème, les responsables de la Division de contrôle relevant du ministère de l'Energie sont demeurés injoignables. Certains avancent que le sans-plomb serait alors mélangé à de l'essence ordinaire. Thèse avalisée par un professionnel qui explique que ce carburant “contient une part importante d'ordinaire”. Selon Thierry Dumas Lairolle, PDG de Total Maroc, le problème est général et concerne tous les distributeurs. S'il y a des lots pollués, c'est que plusieurs les compagnies pétrolières sont concernées. Aussi, ajoute Lairolle, “des plaintes ont effectivement été enregistrées en ce début de semaine”. Et de préciser: “Aujourd'hui, le sans-plomb est officiellement fourni par une seule source d'approvisionnement: Samir”. D'ailleurs, selon lui, “l'importation du sans-plomb, de façon individuelle, est impossible car les dépôts de Jorf Lasfar sont destinés au gasoil et au Jet et pas à l'essence”. Au niveau de Total Maroc, la direction précise que des analyses sur les produits se font régulièrement au niveau des stations.


    Ma voiture a des problèmes...

    LES premières anomalies concernant le sans-plomb ont été détectées par des professionnels depuis des livraisons effectuées les 19 et 20 février derniers. Des concessionnaires de la place ont aussi confié à L'Economiste avoir détecté des anomalies dues à la qualité du carburant et ce, suite à des diagnostics effectués sur des véhicules en maintenance. Du coup, des moteurs font des ratés, “ce qui peut même affecter des pièces”, souligne un mécanicien. “J'ai fait un plein vendredi dernier. Depuis, le moteur n'arrête pas de faire des soubresauts et fonctionne par à-coups. Pour réparer la voiture, j'ai dû vider le réservoir, changer le filtre à essence, bougies et même le démarreur”, souligne un automobiliste. Même le personnel des stations-service s'en plaint.Amin RBOUB

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