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Le risque de viol, la grande hantise

Par L'Economiste | Edition N°:2125 Le 07/10/2005 | Partager

. Les bergers, les plus redoutés. Une parade: Loger à plusieurs dans le douar «Tu ne t’es pas encore décidée!» Une habitante du douar interpelle Nabila. Celle-ci s’arrête et échange avec elle quelques mots avant de reprendre son chemin. «On essaie de me convaincre de m’installer dans le logement affecté à l’école, plus commode selon eux. Mais je n’y consens pas». Et pour cause: le souvenir d’une mauvaise expérience est encore vivace dans sa mémoire. «Plus jamais je n’habiterai seule et loin des autres habitations. Je préfère parcourir chaque jour 8 kilomètres (aller-retour) à pied que de courir encore une fois le risque de me faire agresser», dit-elle avec détermination. A maintes reprises, elle dit avoir été à deux doigts d’être violée. Le viol est leur plus grande hantise. «Une institutrice que l’on sait vivre seule est une proie facile pour les bergers et autres rôdeurs nocturnes», analyse-t-elle. Elle-même a échappé, une fois, par miracle à l’agression de deux gaillards du douar armés de poignards. Recherchés par les gendarmes alertés et auxquels elle a donné leur signalement, ils n’ont jamais été retrouvés. Dans ces coins, curieusement et contrairement à la légendaire hospitalité des paysans, on n’ouvre pas grand les bras aux «étrangères». «Les villageois rechignaient à nous loger. Ils refusaient de louer leur maison à des «femmes seules». Et quand ils y consentaient, c’était à contrecoeur et ils n’acceptaient jamais de nous fournir ni eau ni électricité quand ils en disposaient», raconte Nabila. Pis encore, l’estime dont jouissait l’instituteur jadis n’est plus qu’un souvenir lointain. «Les villageois ne nous portent pas vraiment dans leur cœur. Peut-être qu’ils ont été déçus par le comportement de certains de nos collègues. Mais cela n’explique pas toute cette hostilité à notre égard», souligne cette autre institutrice, lasse d’être le point de mire des habitants du douar: «Ils nous traitent de tous les noms. Insultes, harcèlement, jet de pierres, vol… c’est notre lot quotidien», souligne-t-elle, sous couvert de l’anonymat. Parfois, tout le douar s’y met et il faut alors imaginer le calvaire de ces institutrices, loin de chez elles et seules. «Des fois, les habitants vont jusqu’à monter des réclamations qu’ils adressent à la délégation pour dénoncer des absences imaginaires, une qualité d’enseignement jugée médiocre, ou encore des mœurs légères. Et pour convaincre, ils menacent de ne pas envoyer leur progéniture à l’école si l’on ne remplace pas l’institutrice par un instituteur». Misogynes, ces villageois? Cependant, ces institutrices parviennent à se faire aimer des enfants et finalement accepter du village. Mais au prix de quels sacrifices! Il faut véritablement avoir l’âme bien chevillée au corps pour enseigner dans de telles conditions!


Abus sexuel: Le calvaire des petits écoliers

L’abus sexuel est l’une des grandes calamités dont souffrent nombre de petits écoliers dans ces écoles de douars. Ils sont souvent soit victimes de leurs camarades plus âgés, soit des bergers ou autres rôdeurs (des étrangers mais aussi des enfants du douar). Des institutrices, alertées par les victimes elles-mêmes, ou plus rarement par leurs mamans, tentent d’apporter leur soutien. Mais souvent, leurs efforts n’aboutissent pas. La direction fait la sourde oreille à leur demande de coopération. «Une fois, j’ai averti le directeur d’un viol subi par un petit écolier, il m’a conseillé de me taire si je ne voulais pas me retrouver à sa place!» Les parents aussi, de peur de représailles, renoncent à porter plainte. Et in fine, c’est l’enfant qui en pâtit. «Je me rappelle de ce petit abusé par deux frères du douar qui, en désespoir de cause, a refusé de revenir à l’école», se souvient cette institutrice. Et pourtant, celle-ci a déployé des trésors d’arguments pour le faire changer de décision. Le cas de cet écolier n’est pas isolé, comme le soulignent d’autres témoignages d’institutrices décidées à ne pas baisser les bras pour lutter contre ce fléau.K. E. H.

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