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    Economie

    Le raffineur met déjà le cap sur 2025

    Par L'Economiste | Edition N°:2685 Le 03/01/2008 | Partager

    . Un projet d’extension de capacité soumis au gouvernement. Coût: 1,5 milliard de DH . Avec la modernisation, 20% de produits finis seront exportés Les chantiers du projet de modernisation de la Samir avancent. Jamal Ba-Amer, administrateur directeur général, livre à L’Economiste l’état des lieux et, au-delà, l’impact attendu à divers niveaux de la compétitivité, de la qualité des produits et de la sauvegarde de l’environnement. Entretien. - L’Economiste: Où en est le plan de modernisation de Samir et quel impact par rapport aux principaux objectifs visés? La sécurité des installations et la sauvegarde de l’environnement, notamment?- Jamal Ba-Amer: Les travaux avancent conformément au planning préétabli. A fin novembre 2007, l’avancement global du projet est de l’ordre de 70%. Ce chiffre traduit la moyenne des réalisations sur le terrain. L’ingénierie et les achats qui représentent 12% du projet sont avancés à raison de 95%. La fabrication des équipements, dont le poids est voisin de 58%, a enregistré un avancement de 77%. Et la construction, qui intervient pour 30% dans l’enveloppe globale, est à 48%. Tous les chantiers seront achevés avant septembre 2008 pour que les premiers tests de démarrage soient entamés. La mise en exploitation effective est prévue pour le premier trimestre 2009. En tout, les travaux réalisés ont nécessité 7 millions d’heures de labeur sans incidents. C’est dire le souci affiché par les intervenants à l’égard des normes de sécurité.En ce qui concerne la sauvegarde de l’environnement, le programme de modernisation de l’unité de raffinage s’inscrit, avant tout, dans le cadre du développement durable. Une fois opérationnel, il contribuera à l’amélioration de la qualité de l’air au niveau national. Dans la mesure où le taux de soufre dans le gasoil produit sera réduit de près de 99,5%. A cela s’ajoute la réduction de la consommation d’eau douce à travers la mise en service de la station de dessalement d’eau de mer pour les besoins de refroidissement. Mieux encore, le procédé permet la récupération du soufre et son recyclage pour la production des engrais composés.- Et qu’en est-il de la compétitivité des produits finis dans ce contexte de renchérissement du pétrole brut?- C’est l’autre objectif fondamental du projet Up-grade. Au final, il permettra à la Samir, non seulement de faire face à un marché international très concurrentiel à l’exportation, mais aussi de maintenir le leadership dans un environnement ouvert à l’importation des produits finis. Grâce aux nouvelles installations, nous allons pouvoir transformer des produits à faible valeur ajoutée pour en tirer des produits de qualité et à forte valeur ajoutée. A terme, nous serons en mesure de concurrencer les autres origines sans aucune protection. Plus encore, nous serons assez compétitifs pour exporter sur le marché européen et les autres pays voisins.- Que représente la matière première par rapport au produit fini? - Le raffinage est une industrie très complexe. La marge dégagée au niveau du pétrole brut est largement supérieure à celle qui résulte du raffinage. Cette dernière n’excède pas 5% et se situe généralement entre 3 et 4 dollars par baril traité. Evidemment, le montant généré est à la hauteur de l’importance du tonnage traité. Dans l’état actuel, il s’élève à 200 millions de dollars dans la mesure où le tonnage usiné par Samir est de l’ordre de 50 millions de barils par an. Mais, avec la nouvelle configuration du site, cette marge devrait atteindre 8 à 10 dollars le baril. Sans perdre de vue, toutefois, les autres contraintes rencontrées au niveau du coût de l’énergie et l’absence d’incitations fiscales.- Y a-t-il des formules d’approvisionnement plus avantageuses que celle d’aller sur le marché international?- Le groupe dispose de deux conventions passées avec des fournisseurs de renommée internationale. L’une avec le saoudien Aramco qui produit quelque 11 millions de barils/jour, l’autre avec la Société Iranienne de Pétroles. Ces deux accords nous permettent de sécuriser l’approvisionnement à hauteur de 70%.- Et à quels prix? - A ceux du marché. Car, cela ne veut pas dire que nous bénéficions de prix préférentiels.- Par le passé, le Maroc en disposait dans le cadre d’un accord avec l’Irak...- Absolument. Mais les temps ont changé. A commencer par le statut de Samir qui est devenue une société de droit privé. Et de ce fait, elle ne peut prétendre obtenir ce genre de privilège. Maintenant, si l’Etat décroche un prix préférentiel, nous sommes prêts à raffiner pour son compte. Mais cela n’est plus possible dans le contexte actuel de mondialisation et de course à la compétitivité. Au demeurant, les aides octroyées actuellement se font sous forme financière.- La capacité des deux sites de raffinage est déjà utilisée à raison de 94%. Y a-t-il un projet d’extension?- Effectivement, les besoins du pays sont en augmentation progressive. Pour anticiper le développement de la demande, nous avons présenté au gouvernement un projet d’investissement en novembre 2007. Le projet, d’un coût de 1,5 milliard de DH, nous permettra de nous adapter aux besoins du marché local dans les prochaines 15 à 20 années. Il concerne également le renouvellement de certaines installations vieilles d’une quarantaine d’années. En tout, la capacité supplémentaire à installer est d’environ 5 millions de tonnes.- Le système qui garantit la protection des marges du raffinage est appelé à disparaître en 2009. Le groupe sera-t-il prêt pour l’échéance?- Sans le projet de modernisation, la réponse aurait été négative. Il n’empêche qu’à cet horizon nous comptons ouvrir les négociations avec le gouvernement pour obtenir d’autres formules. Ne serait-ce qu’en ce qui concerne la priorité à accorder au produit fini de fabrication locale par rapport à l’importation. Samir emploie actuellement 1.200 personnes et fait travailler environ 1.500 entreprises au titre de la sous-traitance. Il y a donc un rôle économique à sauvegarder. Sans oublier la valeur ajoutée générée par l’activité du raffinage. Et nous avons aussi pour ambition de développer la part exportable. En somme, il s’agirait de mettre en place un système qui garantirait le développement de l’industrie des hydrocarbures. - Quelle est la configuration actuelle du marché?- Actuellement, la consommation porte sur 4 millions de tonnes dont 2,7 sont raffinés localement à partir d’un volume importé de 7 millions de tonnes de pétrole brut. L’importation des produits finis concerne donc 1,3 million de tonnes. Mais une fois le projet de modernisation finalisé, la production atteindra 4 millions de tonnes, dont 20% seront exportés. - Un autre projet entrant dans la diversification des sources d’énergie, le terminal gazier dans lequel vous êtes partie prenante. Qu’en est-il?- Toutes les études relatives à ce projet ont été finalisées et transmises à l’ancien gouvernement. Tout particulièrement en ce qui concerne les sites retenus pour son implantation. Techniquement, les trois sites qui ont fait l’objet d’étude se valent. La différence de coût se situant dans une fourchette économiquement acceptable. Elle est de l’ordre de 1 à 1,5 million d’euros ( Ndlr: l’équivalent de 11 à 16 millions de DH). Plus précisément, Mohammédia est le site le moins cher, Tanger est le plus cher tandis que Jorf Lasfar se situe entre les deux. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’abord d’un projet stratégique qui nécessite au préalable l’adoption du code gazier. - Tout récemment, on a avancé aussi le site de Kénitra?- Ce site n’a pas été étudié par les partenaires associés au projet. Peut-être que le gouvernement veut être édifié sur la faisabilité d’un quatrième site. En tout cas, il s’agit d’un projet de longue haleine nécessitant un délai de cinq à sept années.- Dernièrement, Samir a obtenu un prêt de 150 millions de dollars pour financer les achats du brut. Quels commentaires?- Normal. Au départ, on avait réservé une enveloppe de 400 millions de dollars pour l’approvisionnement en brut. La provision était calculée sur la base d’un prix moyen du baril de l’ordre de 50 dollars. Par la suite, le baril a fortement flambé pour friser les 100 dollars. Notre plan de financement fait appel aux sources locales pour 50% et le reste est à lever sur le marché international.- Et le risque de renchérissement des coûts?- Notre politique financière nous permet d’être à l’abri des contingences monétaires grâce au panier de devises dont nous disposons.- Samir demeure malgré tout pointée du doigt en tant que principal pollueur dans la région. Quelles réactions?- Nous ne renions pas l’accusation pour ce qui est du passé. Mais, durant les trois dernières années, Samir est la seule unité a avoir dépensé un gros budget pour la sauvegarde de l’environnement. La station d’épuration d’eau a nécessité une enveloppe de 8 millions d’euros (environ 88 millions de DH) et l’incinérateur pour traiter les rejets solides 5 millions. Nous avons également réduit les émissions de gaz de 20% et l’utilisation de fuel pour la fabrication de l’électricité sera aussi considérablement baissée. Nous développons également une politique de soutien à la sauvegarde des espaces verts. Et cela fait partie intégrante du projet Up-grade dont le budget global actualisé est de 920 millions de dollars. Alors que le retour sur investissement n’est attendu que dans 8 à 10 années.


    Sept unités de traitement

    Le projet Up-grade est axé sur sept nouvelles unités de traitement. Il s’agit de la distillation sous vide, de l’hydrocraking du fuel-oil, de la désulfuration de gasoil, la récupération du soufre, la production d’hydrogène, le lavage aux amines ainsi que celui des eaux acidulées. L’ensemble de ces installations permettront à Samir de mettre sur le marché des produits de qualité à faible teneur en soufre.


    Recyclage du soufre

    C’est une première au Maroc. Le recyclage du soufre contenu dans le gasoil pour la production des engrais composés sera effectif une fois le projet de modernisation de Samir finalisé. La capacité qui sera installée pour la désulfuration de gasoil est d’environ 2,7 millions de tonnes par an. Elle permettra la récupération de 540 tonnes de soufre par an. En tout, 150.000 tonnes seront récupérées annuellement et transformées à l’état liquide. Le débouché? Il existe déjà. Le Maroc est gros importateur d’engrais formulés.Propos recueillis par J. KABBAJ et A. GHOUIBI

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