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Le Québec tourne à droite

Par L'Economiste | Edition N°:2495 Le 29/03/2007 | Partager

. Un premier gouvernement minoritaire depuis 1878. L’opposition officielle occupée par un parti de droite modéréeCE sont 5.608.764 Québécois qui ont été appelés aux urnes, lundi dernier. Personne n’avait prédit une telle montée du parti de droite modérée, l’Action démocratique du Québec (ADQ). Ni les analystes politiques, ni les dirigeants des partis.Depuis sa création, au début des années 1990, l’ADQ du jeune Mario Dumont n’avait jamais obtenu plus de cinq sièges à l’Assemblée Nationale. Mais cette fois, la formation la plus à droite de l’échiquier québécois formera l’opposition officielle, avec 41 députés. Plusieurs analystes attribuent le succès de l’ADQ à sa position sur la question des accommodements raisonnables (voir plus bas) et à l’insatisfaction générale vis-à-vis du gouvernement sortant. Dumont a par ailleurs mené une campagne très efficace, imposant son plan de match et forçant ses adversaires à se placer en mode réactif, parfois même défensif. Les priorités annoncées par l’ADQ ont également attiré le vote de la classe moyenne: aide aux familles et aux personnes âgées, attention particulière aux régions. D’ailleurs, aucun député adéquiste n’a été élu dans la région cosmopolite de Montréal.Le Parti Libéral du Québec (PLQ), a quant à lui été réélu de justesse, avec 48 sièges sur 125. Même le Premier ministre sortant, Jean Charest, a failli y «laisser sa peau», ne l’emportant qu’avec 700 voix sur son adversaire du part québecois. Le PLQ a donc perdu des plumes. Certains ministres ont payé cher leur impopularité. Carole Théberge, ex-ministre de la famille, a perdu son siège. Il faut dire que sa réforme des centres de la petite enfance avait été très contestée, l’automne dernier. Michel Després, ancien ministre des Transports, a été tenu coupable de la fermeture du jardin zoologique de la ville de Québec, à pareille date l’an dernier. Un avertissement de la dernière chance a ainsi été envoyé aux libéraux. En effet, il s’agit du premier gouvernement élu minoritairement depuis 1878. Jean Charest a par ailleurs admis dès le lendemain du vote qu’il avait saisi le message. Dorénavant, il devra négocier chaque dossier avec l’opposition. Le PLQ avait imposé le bâillon pour de nombreux projets de lois, alors qu’il était encore majoritaire.Avec ses 36 sièges, le Parti Québécois (PQ) a obtenu son plus piètre score depuis les 27 dernières années. Depuis son accession à la tête du parti, le leadership d’André Boisclair avait été maintes fois contesté. Dès le lendemain de l’élection, des voix s’élevaient au sein du PQ pour lui reprocher cette cuisante défaite. Boisclair, qui martelait que le PQ organiserait sans attendre un référendum sur la séparation du Québec s’il était porté au pouvoir, a bien dû admettre que la question n’est plus au centre des préoccupations des électeurs.Le Québec risque donc de subir de profondes transformations, au cours des prochains mois. Le système de santé devrait connaître une privatisation progressive, tandis que les accommodements raisonnables seront, de leur côté, sans doute revus et corrigés.Les chefs des trois partis ont affirmé qu’ils tenaient à un gouvernement stable, ce qui laisse présager une gestion du consensus.


Embauche temporaire de 100.000 personnes

IL s’agit d’une démocratie représentative parlementaire.Le Québec est l’une des dix provinces qui composent la fédération canadienne.La province n’avait connu à ce jour qu’un seul gouvernement minoritaire et ce, en 1878.Un gouvernement est dit minoritaire lorsque le parti au pouvoir, tout en étant celui qui a le plus de députés, n’a pas la majorité des sièges.L’élection du 26 mars a coûté 78 millions $ canadiens et a nécessité l’embauche temporaire de 100.000 personnes.


Accommodements raisonnables

UNE femme enceinte peut se rendre à un rendez-vous médical pendant ses heures de travail sans subir de pénalité. Un handicapé peut exiger de son employeur qu’il installe une rampe d’accès à côté des escaliers de l’entrée de l’immeuble. C’est le concept d’accommodement raisonnable (AR), qui est prévu par la loi au Québec. Cette notion a ensuite été reprise par les tribunaux, afin d’accommoder certaines communautés culturelles et religieuses. Au début 2006, un jeune sikh fut autorisé à porter en classe son kirpan (dague), considéré comme un symbole religieux plutôt qu’une arme, à condition qu’il soit scellé. Des hommes se sont vu refuser l’accès à des cours prénataux, car de futures mamans musulmanes y assistaient en même temps que leurs épouses. Des juifs hassidiques ont fait givrer les fenêtres d’un centre sportif voisin d’une de leurs écoles, afin que leurs élèves ne voient pas les femmes en tenue d’aérobie. Ces anecdotes ont occupé l’actualité québécoise, tout au long de l’année. Jusqu’à ce qu’un petit village, nommé Hérouxville, adopte un «code de vie» pour interdire la lapidation et le port du voile sur son territoire. L’affaire a créé un choc dans la société québécoise, car on y voyait un certain échec du sacro-saint multiculturalisme. Une commission parlementaire est chargée d’étudier la question de l’AR, depuis février.Les AR ont même hanté la campagne électorale jusqu’à la fin, puisque le directeur général des élections avait autorisé les femmes vêtues de la burqa et du niqab à conserver leur voile au moment de voter. L’affaire a créé un véritable tollé, et une loi spéciale a été adoptée afin d’obliger tous les électeurs à montrer leur visage avant de remplir leur bulletin.Marie-Hélène GIGUÈRE

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