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    Economie Internationale

    Le Prix Nobel d'économie décerné à un pionnier des politiques monétaires

    Par L'Economiste | Edition N°:620 Le 20/10/1999 | Partager

    · Agé de 66 ans, M. Robert Mundell est le premier Canadien lauréat de ce Prix
    · Ses travaux ont beaucoup influencé les débats sur l'instauration d'une monnaie unique en Europe


    Le Prix Nobel d'économie a été attribué au Canadien Robert Mundell, un pionnier des politiques monétaires et fiscales dont les travaux ont influencé beaucoup de générations de chercheurs.
    Distingué pour son analyse de la politique monétaire et fiscale dans différents systèmes de taux de change ainsi que pour son analyse des zones monétaires optimales, l'économiste canadien s'est penché sur l'étude de l'évolution des dispositions monétaires internationales et des marchés de capitaux. Sa théorie sur les zones monétaires optimales a été la référence intellectuelle dans les débats qui ont conduit à la naissance de l'Euro. Sur la base des analyses de M. Mundell, les chercheurs ont pu établir les avantages et les inconvénients de l'Union Economique et Monétaire à travers notamment une zone monétaire optimale.
    Robert Mundell était également l'un des chefs de file de l'influente "Ecole de Chicago". Ce courant a largement contribué à développer la théorie sur les zones monétaires optimales dans les années 60. Les travaux de M. Mundell ont transformé le champ de la recherche macro-économique internationale en attirant de plus en plus l'attention sur les choix pratiques de politiques de stabilisation et de systèmes de taux.
    Le Pr Mundell a démontré que, dans un système de taux de change variable, la politique monétaire est un outil efficace alors que la politique fiscale ne l'est pas. A l'inverse, dans un système de taux de change fixe, c'est la politique fiscale qui est efficace et non pas la politique monétaire.
    Les problématiques soulevées par M. Mundell il y a plusieurs décennies sont "furieusement d'actualité". La mobilité sans cesse plus accentuée des capitaux de l'économie mondiale a fragilisé les systèmes de taux temporairement fixés, mais ajustables qui sont également de plus en plus remis en question.

    Défenseur de l'Euro


    Robert Mundell est l'un des rares avocats de la monnaie unique européenne aux Etats-Unis. Il avait pris position dès mars 1998 dans les colonnes de Wall Street Journal en faveur de l'Euro. Dans une série d'articles, Robert Mundell écrivait notamment: «Les membres de l'Union Monétaire Européenne non seulement auront une devise égale au Dollar mais aussi une plus grande influence au sein du système monétaire international». Et d'ajouter: «Les Etats-Unis vont bénéficier d'un continent avec une seule monnaie, ce qui va grandement simplifier le commerce et l'investissement, ainsi que d'un partenaire fort pour construire un système monétaire international adapté au 21ème siècle».
    Pour lui, la baisse de l'Euro depuis le début de l'année est une "bénédiction cachée». Elle s'explique par les nombreuses critiques de l'Euro en raison du chômage et les gens pensaient que la Banque centrale garderait une politique monétaire trop restrictive et que cela maintiendrait le chômage à un niveau élevé. «La chute de l'Euro face au Dollar a sapé ces arguments et a conduit à une croissance de l'économie européenne et à une baisse du chômage", a-t-il poursuivi.

    Hicham RAÏQ (AFP)


    Les onze précédents lauréats


    Le Prix Nobel d'Economie a été décerné le plus souvent à des Américains. Sur les onze dernières années, ils ont été lauréats 7 fois. La liste depuis 1988:
    - 1998: Amartya Sen (Inde) pour une analyse du bien-être économique et des travaux sur l'origine des famines et de la pauvreté.
    - 1997: Robert Merton (USA) et Myron Scholes (USA) pour une nouvelle méthode d'évaluation des instruments financiers dérivés.
    - 1996: James Mirrlees (Grande-Bretagne) et William Vickrey (USA) pour une théorie des incitations en asymétrie d'information.
    - 1995: Robert Lucas Jr (USA) pour une analyse macro-économique des politiques économiques à partir du concept des anticipations rationnelles.
    - 1994: John Harsanyi (USA), John Nash (Etats-Unis) et Reinhard Selten (Allemagne) pour une théorie des jeux non coopératifs.
    - 1993: Robert Fogel (USA) et Douglass North (USA) pour une introduction au sein de la recherche historique des concepts, des modèles et des méthodes issus de la science économique
    - 1992: Gary Becker (USA) pour un élargissement de l'analyse économique à de nouveaux domaines du comportement humain
    - 1991: Ronald Coase (Grande-Bretagne) pour une théorie des coûts de transaction et des droits économiques.
    - 1990: Harry Markowitz (USA), Merton Miller (Etats-Unis) et William Sharpe (Etats-Unis) pour une théorie de l'économie financière et des droits économiques.
    - 1989: Trygve Haavelmo (Norvège) pour des fondements probabilistes de la méthodologie économétrique et une analyse des équations simultanées.
    - 1988: Maurice Allais (France) pour une théorie des marchés et l'utilisation efficace des ressources

    (AFP)


    Portrait


    Né à Kingston (Canada) en 1932, M. Robert Mundell est âgé aujourd'hui de 66 ans.
    Il a fait de brillantes études aux Universités de Colombie britannique (Canada) et de Washington avant d'obtenir en 1956 son doctorat au prestigieux Massachussetts Institute of Technology (MIT) avec une thèse sur les mouvements internationaux de capitaux.
    A 26 ans, il entre comme professeur assistant à l'Université Stanford en Californie avant de siéger comme expert à la Commission Royale sur les écarts de prix (1958) et d'officier comme économiste au Fonds Monétaire International (FMI) entre 1961 et 1963.
    En 1966, il s'est installé à Chicago avec sa femme et ses deux enfants pour devenir l'un des chefs de file de l'influente «Ecole de Chicago» dont les contributions à la compréhension des économies ouvertes ont été fondamentales.
    C'est à cette époque qu'il publie ses travaux les plus importants, notamment sur les questions monétaires et fiscales. Il est entré en 1974 comme professeur d'économie à l'Université Columbia de New York où il enseigne toujours. Robert Mundell est aussi professeur honoris causa de l'Université de Paris et de l'Université chinoise de Renmin et est depuis 1998 membre de l'Académie américaine des arts et des sciences. Il habite actuellement à Chicago.
    Interrogé par la presse sur ce qu'il ferait de son prix doté de 7,6 millions de Couronnes suédoises (environ 960.000 Dollars), M. Mundell a indiqué qu'il en investirait «une partie» dans sa résidence secondaire en Toscane (Italie).

    (AFP)

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