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Le prix de la rentrée: Les économes, les dispendieux et les autres

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Les enfants coûtent cher et la culture marocaine veut qu'on leur sacrifie beaucoup. Pour la première fois, l'enquête de L'Economiste chiffre les frais et prouve la très grande dispersion des budgets.


Amis lecteurs qui venez de vous faire piller par vos enfants, ne sursautez pas en voyant que des familles ont dépensé moins de 100DH pour la rentrée de leurs bambins. Ces familles sont très rares dans l'échantillon (2%). Elles correspondent pourtant à une réalité: celles qui envoient leurs petits enfants au m'sid. Un cahier simple, un crayon bicolore plus un dédommagement pour le f'quih. Avec 30 à 50DH, le tour est joué pour entrer au m'sid.
A l'autre bout des budgets, la globalisation a fait son oeuvre: pas de rentrée sans le sac DDP, Eastpack ou Barbie, sans les stylos Coupe du Monde, les cahiers de texte avec la photo du dernier chanteur ou sportif à la mode. Le tout doit être d'importation, évidemment. La différence? La qualité un peu, mais surtout le prix. Les fournitures voguent alors allègrement au-delà des 1.000DH par enfant. Contrairement à leurs consoeurs européennes, les revues féminines marocaines ne donnent pas (encore) de conseils aux parents pour résister à la pression des enfants. Dommage, car ils en ont bien besoin...
Selon l'enquête, 19% des familles (tous niveaux de revenu et tous lieux de résidence confondus) dépensent plus de 1.000DH par enfant pour la rentrée, sans les vêtements et sans les frais d'inscription.

Il ne faut pas croire que ces sommets sont réservés aux seules familles riches. En réalité, ce sont surtout les familles moyennes qui sont les premières victimes de ces "investissements d'image de marque" pour leurs enfants, quitte à déséquilibrer durablement le budget familial. A partir d'un revenu mensuel de 3.000DH, ce genre d'investissement se répand, alors qu'au-delà de 12.000DH mensuels, les familles se montrent plus pingres et préfèrent rester dans des dépenses allant de 400 à 1.000DH par enfant, sans les vêtements. Néanmoins, une majorité des 300 familles interrogées par Télémark System restent dans une marge raisonnable, quel que soit leur niveau de revenu. Elles sont 47% à dépenser entre 200 et 400DH et les neuf dixièmes d'entre elles restent au-dessous de 200DH, sans compter les frais d'inscription et les vêtements. Un peu moins d'une sur quatre (24%) pousse jusqu'à se situer entre 400 et 1.000DH.

Cependant, avec plusieurs enfants, la pru-dence fait quand même une belle note, juste pour la rentrée. Et ce n'est pas tout, car il y a encore les frais en cours d'année. 47% des familles en ont payé l'année dernière. Ces frais supplémentaires sont variés. Les plus fréquents sont les voyages et excursions de la classe (40% des réponses, lesquelles peuvent citer plusieurs sortes de dépenses, évidemment). Ensuite viennent le renouvellement des fournitures et des livres (28%) et les cours supplémentaires (14%).
Assez curieusement, sur les 120 personnes qui détaillent leurs frais supplémentaires, 6 disent qu'elles ont payé des "frais médicaux". Aux téléopératrices de Télémark System qui leur faisaient remarquer que les maladies des enfants ne peuvent pas être comptées dans les frais scolaires, ces parents ont expliqué qu'il s'agissait d'argent demandé par les maîtres, "pour les frais médicaux". Il y a aussi quelques parents (5) qui disent que les frais supplémentaires sont des "cas particuliers", mais qui ne veulent pas s'expliquer davantage.


De 30 à 1.400 DH: Les vrais écarts scolaires


La facture se fait de plus en plus lourde au fur et à mesure que les années passent: frais d'inscription, assurance, mensualités, fournitures scolaires, cartables... sans compter que certains se doivent même d'acheter des vêtements et des souliers neufs pour l'occasion. En fait, le coût d'un enfant par ménage varie selon le type d'enseignement que les parents choisissent pour leur progéniture ainsi que l'emplacement et la renommée de l'école. Et les écarts sont invraisemblables. Dans les quartiers populaires, les écoles coraniques, type "msid", nécessitent entre 30 et 60DH par mois en plus d'un petit quelque chose pour le "fqih" de temps en temps. Les crèches et garderies, plus connues sous le nom de jardins d'enfants, sont accessibles à partir de 300DH par mois avec des frais d'inscription qui peuvent aller de 250 à 600 DH, assurance comprise. Dans une école maternelle privée, l'enfant coûtera au ménage entre 500 et 900 DH. Les frais d'inscription, eux, varient selon une fourchette de 650 à 1.200 DH avec possibilité de payer par mois, trimestre ou an. Si l'enfant doit bénéficier de certains services en plus (demi-pension, transport ou les deux à la fois), la facture sera douloureuse.
Dans l'enseignement public, le mal est moindre. Les frais d'inscription, dont assurance, "association de parents d'élèves"... tournent autour de 50 et 100DH.

Et ce n'est pas fini, car le pauvre papa (ou maman) a aussi la liste des fournitures scolaires et manuels à acheter. La longueur de celle-ci varie aussi d'un établissement à l'autre et selon le type d'enseignement: marocain, français ou bilingue. Un enfant du même niveau (fondamental I) devra acheter pour 400 DH de fournitures en moyenne s'il est dans le public. Cela passera à 1.000 DH du côté de la Mission française et à 1.400 pour une école d'enseignement bilingue. Car il faudra acheter des manuels marocains en plus des livres importés. De plus, avec l'adoption du livre-cahier plus question de refiler le manuel au petit frère ou au fils des voisins. Si l'on ajoute à cela qu'il est rare qu'un ménage marocain n'aie qu'un seul enfant, que les programmes changent presque chaque année et qu'en l'absence de réglementation, les écoles imposent des hausses annuelles (entre 50 et 100 DH) de mensualités, il y a de quoi avoir la frousse à l'approche du neuvième mois de l'année.

Hanaâ FOULANI

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