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    Le premier Conseil d'Administration de l'ONP en 20 ans : L'Office joue sa dernière carte

    Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

    La survie de l'ONP est sur la sellette. Les erreurs de gestion sont nombreuses. Après avoir réclamé sa disparition, les professionnels sont prêts à lui donner une seconde chance au vu de son nouveau plan d'action.


    C'est sur fond de crise que l'ONP (Office National des Pêches) a tenu le 9 avril 1996 son premier Conseil d'Administration depuis 1974, date à laquelle s'est tenue la dernière réunion. La tâche est difficile, puisqu'il faut avaliser près de 20 ans de gestion.
    Gestion sur laquelle une grande partie des professionnels n'est pas prête à "passer l'éponge". Ils réclament sur cette période un audit et des comptes. Quant aux audits réalisés au cours des années 1991, 1992 et 1993, l'objectif est d'arriver à des comptes certifiables à la fin de 1997. Concernant la gestion, des divergences d'interprétation existent, selon les responsables de l'Office. Ils estiment que les erreurs qui leur sont imputées, portent beaucoup plus sur les méthodes que sur la gestion proprement dites. Il n'en reste pas moins que l'activité des halles reste déficitaire, à l'exception de celles de Casablanca, Mohammédia, Agadir et Safi qui appartiennent à l'ODEP. La dualité, par ailleurs, de ces halles a souvent fait l'objet de contestation de l'ONP.

    Nouvelle chance

    Globalement, le rôle joué par l'Office depuis sa création est fortement contesté. Un groupe parlementaire réclame même sa disparition. La réunion de la Commission sur la mer qui devait se dérouler le 11 avril avait pour objectif d'examiner entre autres cette question. Elle a été reportée à début mai.
    Si sur le passé, les professionnels réclament des comptes, sur l'avenir, en revanche, ils sont prêts à donner à l'Office une "nouvelle chance".
    Ainsi, lors du Conseil d'Administration, le plan d'action de l'ONP et le budget ont été approuvés. Si l'Office retrouve sa mission d'origine qui est la promotion de la pêche côtière, la réhabilitation de la consommation du poisson sur le marché local et le développement du secteur, "il est le bienvenu".
    Le mandat est ainsi donné à l'Office, mais le contrôle reste très étroit. "Nous attendons des résultats", expliquent M. Cherrat, président de l'UNICOP (Union Nationale des Industries de Conserves de Poissons) et M. Bennani Smires, président de l'Association de la Pêche Côtière. Le pragmatisme demeure. Les professionnels réclament les premières concrétisations des actions déjà démarrées (Damane Al Bahri, fonds de restructuration...).
    Ils aspirent également, "si l'Office ne veut pas perpétuer ses erreurs passées, à ce qu'une très étroite concertation soit instaurée avec eux".
    Ni la tournée "ports ouverts" organisée en juillet 1995, ni la Conférence nationale de la pêche côtière de Safi du 22 au 24 décembre ne semblent les avoir convaincus. Cette dernière avait abouti à une liste de recommandations, qui pour l'heure n'ont pas eu de suite.

    4 ans pour mettre à niveau

    L'ONP a été créé dans les années 60 pour s'occuper de la promotion du secteur de la pêche et se charger de l'approvisionnement de l'industrie. Le secteur présentant des opportunités, son rôle a très vite été dévié de son objet de base. "L'Office a été le premier promoteur au niveau de la pêche hauturière", rappellent les responsables de l'Office. "Il est devenu armateur et distributeur", répliquent les professionnels. Pour cette raison, il a été accusé d'avoir délaissé la pêche côtière qui était sa vocation primaire. Il s'agit maintenant de remettre les pendules à l'heure. "L'Office doit s'abstenir d'opérer là où le privé peut le faire", affirme M. Cherrat.
    L'Office a cumulé de nombreuses erreurs. Il avait été réclamé dans le cadre de la modernisation de la flotte côtière une étude sur un modèle de bateau adapté à la pêche marocaine, car ceux existant sur le marché sont inappropriés. Cette question est toujours d'actualité.

    L'Office devra, durant ces 4 ans -qui devront aboutir à une reprise totale du secteur de la pêche par les professionnels marocains-, mettre à niveau le secteur.
    M. Mostapha Sahel, ministre de la Pêche et de la Marine Marchande, a rappelé, lors de ce Conseil d'Administration, qu'une enveloppe-soutien de 200 millions de DH est allouée à la modernisation de la pêche côtière sur 4 ans. Elle concerne près de 400 unités avec un investissement privé de l'ordre de 1,1 milliard de DH.
    M. Sahel a expliqué également que "l'ONP axera son action de promotion sur une politique de filière".
    Il sera chargé de mettre en oeuvre la modernisation de la pêche côtière, l'implication des professionnels et du secteur privé dans le développement de cette filière, l'uniformisation de la gestion des halles et leur maintien au niveau des standards des normes de qualité internationales et la promotion de la consommation interne des produits de la mer.

    Fatima MOSSADEQ

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