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    Le point sur l'industrie laitière

    Par L'Economiste | Edition N°:166 Le 09/02/1995 | Partager

    L'industrie laitière avait été dans les années 80 à la pointe des innovations de l'agro-alimentaire et du marketing. Depuis, bien que de nouveaux produits arrivent sur le marché, elle se situe en retrait par rapport aux autres agro-industries.

    La sécheresse actuelle le montre. L'industrie laitière reste tributaire des aléas climatiques qui influent sur le rendement des vaches laitières. Par ailleurs, elle demeure étroitement liée à l'effectif de bovins mais aussi à la prédominance de races locales, croisées ou importées. "L'importation du cheptel de race pure entre dans le cadre de l'amélioration génétique grâce à des génisses ayant de hautes performances dans la production laitière".

    Pour parer aux effets négatifs de la sécheresse, des mesures de protection du cheptel sont initiées par le MAMVA. Ainsi, dès le 10 février, le Ministère lance un programme de subventions pour l'aliment de bétail. Une première opération d'importation des orges destinées au bétail va porter sur 700.000 quintaux et sera "accessible aux éleveurs, à guichet ouvert, sans limitation quantitative, puisque d'autres importations suivront en cas de besoin". La prise en charge du transport des orges sera assurée dans les régions éloignées des principaux ports. Enfin, l'exonération totale de droits de douane pour l'aliment de bétail, instaurée depuis 1993, est reconduite pour la campagne 1995 et concernera les aliments concentrés. Des mesures d'accompagnement telles que l'abreuvement du cheptel grâce à des camions citernes et l'encadrement sanitaire vont également être mise en place incessamment.

    Par ailleurs, selon les données du Ministère, la production de lait frais n'a cessé de s'accroître depuis une dizaine d'années à un taux moyen annuel de 2% pour atteindre, en 1993, un volume de 814 millions de litres et environ 920 millions de litres en 1994.

    Quant à la production usinable, elle est passée de 258 millions de litres en 1983 à 430 millions en 1993. Pour la campagne 1994, la production usinable a atteint 460 millions de litres (+6%).

    Le lait pasteurisé "monopolise" plus de 80% des quantités de lait frais réceptionnées par les usines; 13% sont destinés aux yaourts et raïbi, le reliquat va au beurre, petit-lait et crèmes.

    La Centrale Laitière est l'acteur dominant des quelque 34 unités industrielles, qui traitent le lait et ses dérivés. Cependant, la "Centrale Laitière" se refuse à fournir toute information concernant son activité y compris sur les normes de qualité après la disparition momentanée du "Velouté Fraise".

    Les réseaux de distribution du lait et des dérivés sont très développés sur l'ensemble du territoire. Ceci ne va pas sans engendrer des problèmes. C'est ainsi que les bacs de livraison sont généralement utilisés comme des présentoirs par les épiceries, en lieu et place des étalages réfrigérés. Il en va de même pour les yaourts, qui ne sont pas systématiquement mis au frais. Il n'a pas été possible de savoir auprès de la Centrale Laitière si ces pratiques modifiaient ou non le délai de péremption porté sur les emballages.

    L'industrie laitière est constituée de sociétés commerciales et de coopératives, ces dernières ayant des avantages fiscaux importants par rapport aux sociétés ordinaires. La capacité totale installée est passée de 700.000 litres/j pour 13 unités en 1984 à 2,3 millions de litres/j pour 34 unités en 1993.

    Durant la période de haute lactation (pointe en mai), plus e la moitié de la production laitière annuelle doit être assurée par les unités de traitement. Or, au cours de cette période, certaines usines tournent à pleine capacité. Néanmoins, selon un responsable du MAMVA, on assisterait à une certaine homogénéisation du volume de production durant toute l'année.

    Par ailleurs, pour valoriser les excédents de production en période de surproduction et satisfaire la demande en période de basse lactation, certaines sociétés ont développé la production de lait en poudre (nouvelle unité de Nestlé à EL Jadida) et de lait UHT.

    Lancé en 1986 par la Centrale Laitière, le lait UHT est fabriqué à partir d'un lait sélectionné comportant un faible taux de microbes.

    A la différence du lait pasteurisé qui est porté à une température de 90°, le lait UHT est chauffé durant quelques secondes à près de 150° afin de détruire les germes contenus dans le lait cru.

    De ce fait, le lait UHT se distingue par sa grande stabilité et une durée de conservation pouvant aller jusqu'à une année.

    Cependant, la clientèle potentielle de ce produit reste limitée (population urbaine à haut revenu) car son coût demeure élevé.

    Par ailleurs, la libéralisation du secteur n'a pas provoqué de hausse notable des prix. Avant la libéralisation, la révision à la hausse des prix était en moyenne de 3,4% an, à l'exception des années 86 et 90 où les prix ont connu une montée en flèche de 10%. Et à la fin de la campagne 1994, une hausse de prix de 4% a été observée.

    Enfin, depuis 1983, le Maroc n'importe plus de lait frais. L'essentiel des achats de lait à l'étranger porte sur le lait en poudre, destiné surtout à la fabrication des yaourts et raïbi ou à l'usage industriel (biscuiteries...).

    Mouna KABLY

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