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    Economie

    Le poids du médicament dans les dépenses de santé

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager

    Lors du dernier congrès des pharmaciens, l'économiste Larabi Jaïdi a présenté une étude qu'il a consacrée à l'évaluation du poids du médicament dans les dépenses de santé. Compte tenu des difficultés d'une telle tâche, M. Jaïdi a exposé ses approches méthodologiques l'ayant conduit à différentes estimations.


    Le poids du médicament dans les dépenses de santé donne lieu à une controverse dans les milieux professionnels concernés. Lors du dernier congrès des pharmaciens tenu à Casablanca, l'économiste Larabi Jaïdi a exposé les résultats d'une étude chiffrée qu'il a menée sur les différentes approches d'évaluation de la dépense pharmaceutique dans les dépenses globales de santé. "Celles-ci posent en elles-mêmes quelques difficultés dans la mesure où la quantification en termes financiers des autres activités de la santé n'est pas aisée. Ceux-ci posent dans l'ensemble un problème de sous-évaluation", explique M. Jaïdi.

    Les activités de la santé englobent les biens et services médicaux, la prévention sanitaire collective, l'enseignement médical et l'administration de la santé. Les producteurs de la santé sont les hôpitaux, les cliniques et CDS, les praticiens libéraux et les officines. La rubrique des financeurs de la santé regroupe le MSP et ses administrations, les collectivités locales, la CNSS, les mutuelles et les compagnies d'assurances, les entreprises, ménages et ONG. Enfin, les consommateurs sont les ménages. Travaillant dans ce cadre méthodologique qu'il s'est défini, M. Jaïdi a défini 3 niveaux d'estimation: la consommation médicale subdivisée en soins et biens médicaux dont la pharmacie, le total des biens et services de santé incluant la consommation médicale, la prévention collective, l'enseignement médical et l'administration, et enfin les dépenses courantes de santé qui couvrent le total précédent auquel s'ajoutent les transferts en espèces (indemnités journalières, bourses, etc...). Utilisant diverses sources d'information (comptes et budgets publics, études d'organismes publics ou privés, documents financiers des mutuelles et compagnies d'assurances, enquêtes sur les dépenses des ménages), M. Jaïdi calcule ses chiffres suivant 3 optiques: macrocomptable, dépense des ménages et même remboursement des organismes d'assurances.

    L'accès aux soins ralenti


    Ainsi, d'après cette étude de M. Jaïdi, l'estimation du total des dépenses courantes de santé pour 1992 est de 8,2 milliards de DH, ayant augmenté de 1987 à 1992 avec un taux de croissance annuel de 8,4% (2,55 milliards de DH en 1980 et 5,5 milliards en 1987). Sur cette période, l'accroissement des dépenses courantes de santé s'est réduit par rapport à la période 1980-1987, où son taux de croissance annuel s'élevait à 11,5%. Au sein des dépenses courantes de santé, la consommation médicale est passée de 2,2 milliards de DH en 1980 à 4,75 milliards en 1987, et 7,3 milliards en 1992, soit respectivement 85,4, 86,8, et 89,2% des dépenses courantes de santé pour ces mêmes années. Dans la consommation médicale, la pharmacie constitue la proportion la plus importante: 0,8 milliard de DH (36,8%) en 1980, 2 milliards (42,1%) en 1987 et 3,1 milliards (42,5%) en 1992. Il faut noter que cette proportion ne s'est pas beaucoup modifiée de 1987 à 1992. Cela signifie à la fois que le mode de soins de la population n'a pas beaucoup évolué et qu'une partie considérable de la population en croissance démographique n'a pas encore accès à ce mode de soins. "Si la consommation pharmaceutique avait évolué entre 1980 et 1987 à un taux de croissance annuel de 13,9%, elle ne s'est accrue de 1987 à 1992 qu'à un taux annuel de 9,2%", indique M. Jaïdi. Ce taux de croissance moindre pour 87-92 par rapport à 80-87 est constaté pour tous les éléments de la consommation médicale, comme pour toutes les rubriques des dépenses de santé: si l'accès aux soins au cours de la première période s'est relativement développé, il s'est ralenti au cours de la seconde.

    Considérant l'optique des ménages, M. Jaïdi se réfère aux résultats de 3 types d'enquêtes: la pharmacie représente 61,5% des dépenses de santé des ménages sur la période 84-85, 55,4% en 1989 et 43,6% sur 90-91. "La part de la pharmacie dans la dépense de santé suivant des enquêtes de niveau de vie oscille entre 45 et 55%", explique M. Jaïdi. L'inégalité des dépenses selon les ménages se traduit par un chiffre de 1,4% pour les 20% plus pauvres et 50% pour les 25% plus riches.
    Du point de vue des compagnies d'assurances, mutuelles et CNOPS, les dépenses globales de remboursement de santé sont de 6,8 milliards de DH en 1991, dont 4,8 milliards, soit 70%, pour la pharmacie.
    Etablissant des projections d'ici l'an 2000, M. Jaïdi distingue 2 hypothèses, une maximale et une minimale. Selon la première, la dépense courante de santé devra atteindre 15 milliards DH en l'an 2000 et 12,5 d'après la seconde. Dans ces montants, la dépense pharmaceutique devra figurer respectivement pour 6,1 milliards et 4,5 milliards de DH.

    Bouchra LAHABAI.

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