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    Economie

    Le plan en panne

    Par L'Economiste | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager

    Un an après le Discours Royal annonçant le retour au plan, celui-ci n'a toujours pas pris forme. Raison du blocage: les différents ministères butent sur la stratégie d'approche de la planification.

    Le retour au plan s'annonce plutôt difficile. Près d'un an après le Discours Royal, le processus est toujours bloqué. Décidément, le plan ne semble pas être la priorité du gouvernement, et la constitution-nalisation du Conseil supérieur de la promotion nationale et du plan(1) n'aura rien changé.
    En attendant, la loi organique qui fixera les attributions et les fonctions de ce Conseil, le Ministère de la Population se débat avec les autres départements ministériels. «Si en matière de réalisations l'ensemble des ministères ont fourni leurs données, pour ce qui concerne les orientations et programmes d'action, en revanche, ils sont plus réticents», explique M. Lamine Benomar, ministre délégué auprès du Premier ministre pour la Population.
    «Nous étions peut-être un peu trop prétentieux de croire que nous pourrions proposer le plan avant la fin de cette année», poursuit-il.
    Le retard déjà accumulé dans la mise en oeuvre du plan risque de s'amplifier, compte tenu du programme politique très chargé et des échéances électorales. De son côté, le Ministère de la Population ne baisse pas pour autant les bras. Il garde un petit espoir d'intégrer le plan dans la prochaine Loi de Finances. «L'absence de planifica-tion rend difficile la tâche de coordination intersectorielle. Elle limite les efforts de hiérarchisation des priorités et de mise en oeuvre d'une stratégie de développement», souligne M. Benomar. Alors que tout le monde semblait d'accord sur la nécessité du plan, la grande interrogation qui se pose actuellement c'est pourquoi un tel blocage?
    Pourquoi les départements ministériels refusent-ils de donner les programmes d'action à venir, bien qu'ils soient déjà établis pour leurs propres besoins.
    En fait, c'est la stratégie d'approche de la planification qui est à l'origine du blocage. Les gros ministères ont du mal à accepter l'ingérence d'un coordinateur dans leurs actions.

    Lutte d'influence et interférence


    Au-delà du principe de la coordination qui devrait être assurée par le Ministère de la Population, ils acceptent mal d'avoir à gérer deux contraintes: le plan et leurs propres programmes. Hormis l'existence de luttes d'influence entre les différents départements, il est vrai que chaque programme a des retombées qui dépassent le cadre dans lequel il a été initié.
    Pour mieux comprendre la portée de cette interférence, un exemple s'impose. La décision de construction par le Ministère des Travaux Publics d'un barrage a des implications sur différents départements (eau potable, irrigation et électricité).
    Aussi faut-il s'interroger d'une manière plus générale sur l'opportunité d'un barrage.
    Supposons toujours dans ce cas que le Ministère de l'Energie envisage la construction d'un barrage et que celui-ci n'intéresse ni le Ministère des Travaux Publics en tant que constructeur de l'ouvrage, ni le Ministère de l'Agriculture pour la partie irrigation. Comment va s'opérer l'arbitrage, voilà ce à quoi se propose de répondre la planification, et ce que refusent les Ministères.
    Concernant la méthode adoptée pour l'élaboration du plan, les travaux doivent se dérouler au sein d'une douzaine de commissions nationales à caractère thématique et une commission nationale de coordination et de synthèse, ainsi que des commissions régionales.
    Ces travaux doivent déboucher sur l'approfondissement de la stratégie de développement et la définition d'un programme d'action quinquennal portant sur la politique économique et sociale à adopter dans les 5 prochaines années; et les réformes et mesures à engager. Ces travaux n'ont toujours pas démarré.

    Fatima MOSSADEQ

    (1) La nouvelle Constitution institue dans son article 32 le Conseil supérieur de la Promotion et du Plan.


    Chronologie des événements


    - En octobre 1995, lors de l'ouverture solennelle de la session parlementaire, S.M. le Roi annonce le retour au plan.
    - En novembre 1995, le Ministère de la Population s'attelle au travail et prépare un projet de note d'orientation générale.
    - En janvier 1996 a lieu la première réunion de la Commission Nationale de Coordination. Le projet de note d'orientation et le calendrier de travail sont soumis à tous les secrétaires généraux des différents départements.
    - En juin 1996, le Ministère de la Population élabore un avant-projet avec la matrice des réformes et mesures de la mise en oeuvre de la stratégie de développement économique et sociale.
    Cet avant-projet est soumis au Conseil du Gouvernement du 11 juin.
    Le même jour, les secrétaires généraux de différents ministères sont réunis par le ministre de la Population qui leur distribue l'avant-projet. Il leur demande de porter leurs observations, d'établir le bilan des réalisations et leurs programmes d'actions pour les 5 années à venir.
    - Actuellement, seuls les Ministères de l'Education Nationale et de la Santé ont remis leurs programmes d'action.

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