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Le ministre de la Santé au Club de la Presse : Des cliniques privées pourraient être subventionnées

Par L'Economiste | Edition N°:62 Le 14/01/1993 | Partager

La participation du privé est nécessaire pour le développement du secteur de la santé. Des cliniques pourraient être prochainement subventionnées par le budget de l'Etat, particulièrement dans certaines provinces. C'est le cas, par exemple, de la ville d'Ifrane qui est appelée à une croissance importante, a précisé le ministre. Pour les malades qui jouissent d'une couverture sociale, les soins seront payants. "Un Fonds de Solvabilité des Indigents" est prévu pour les économiquement faibles. En tout état de cause, "dans le service public ou privé, la gratuité des soins ne sera plus retenue", a affirmé le ministre de la Santé Publique, qui était l'invité du dîner-débat du Club de la Presse le Jeudi 7 Janvier. C'est ainsi, devant une salle bondée de journalistes mais aussi de représentants du corps médical que le ministre a brillé par sa franchise répondant à toutes les questions qui touchent le domaine médical.

Le ministre de la Santé Publique a tout d'abord exposé sa stratégie d'intervention avant de répondre aux multiples interrogations de la "salle". Le domaine de la Santé Publique a été examiné sous tous ses angles, la "privatisation de la santé", la situation professionnelle du corps médical, le statut du service de cardiologie du CHU de Rabat...

Quatre étapes d'intervention

Le ministre a donc mis au point sa "stratégie d'intervention". La première étape concerne la rentabilisation de ce qui existe déjà. Il a donné l'exemple de la mauvaise répartition des équipements puisqu'il avance que 40% des lits ne sont pas utilisés.

La deuxième étape sera consacrée à éponger le passif et à renforcer les moyens disponibles. Elle sera caractérisée par une amélioration des infrastructures, des recrutements et un renouvellement des équipements . Près de 60% de l'équipement radiologique a plus de 20 ans alors que la durée de vie de cet équipement n'est que de 10 à 15 ans.
La troisième étape s'attachera à répondre aux nouveaux besoins engendrés par la prochaine croissance démographique. Enfin, la quatrième étape, jugée importante, aura pour objectif d'éviter que le déséquilibre actuel se reconstitue. Les délais de mise en place des différentes étapes n'ont pas été précisés.

A propos de la situation des médecins et infirmiers, le ministre a affirmé que c ' est le comportement de certains médecins qui aggrave le problème actuel de dysfonctionnement.

Le salaire en trentième position

Des mesures sont entreprises pour améliorer les conditions matérielles de la profession de Santé . Près de 70% du budget de fonctionnement seront employés dans ce sens. En effet, le personnel a été qualifié "d'outil de productivité". L'ensemble du budget du Ministère de la Santé Publique est de 2,7 milliards de Dirhams dont 80% sont destinés aux dépenses de fonctionnement.

Dès que les hôpitaux bénéficieront d'une gestion autonome, le Ministère prévoit une distribution d'une prime de rendement pour le personnel . Quant aux infirmiers, il a été communément admis que leur situation financière laissait à désirer. C'est pour cela qu'un programme de promotion interne est en cours d'élaboration. Pourtant, d'après une étude effectuée par le Ministère, concernant les facteurs de démotivation chez les infirmiers, la faiblesse du salaire ne vient qu'en trentième position. La promotion, la valorisation du travail, la responsabilisation de l'infirmier sont parmi les premières causes avancées.

Les méthodes d'intervention du ministre ont été remises en cause, notamment pour l'hôpital de Salé, qui a connu l'arrêt de fonction de deux gynécologues qui n'assuraient pas les gardes. Le ministre a répondu que ce n'était que sur le terrain que les problèmes pouvaient être appréciés. Il a donné I' exemple de sa récente visite à l'hôpital d'El Jadida où il put constater qu'un malade avait besoin d'un plâtre il y avait de cela 13 jours .

Les infirmiers ont avancé que l'hôpital était en rupture de stocks alors qu'en fait le stock de plâtre disponible était de 26 jours. Un membre de la profession médicale a par ailleurs salué les méthodes du ministre qui, selon lui, "redore l'image de la profession".

A propos de la gestion hospitalière, M. Harouchi a exprimé son insatisfaction. D'après lui, dans 30 à 60% des cas, le choix des médicaments a été mal réfléchi pour des raisons de manques d'informations. Il s'agit également de la non-programmation d'achats qui poussent certains hôpitaux à importer les médicaments en urgence au lieu de les commander au marché local. Par ailleurs, "une étude sur l'approvisionnement en médicaments a démontré qu'il était impossible de connaître les circuits de fuite d'importantes quantités", a expliqué le ministre.

Pour ce qui est des urgences, une étude a été effectuée par les étudiants de l'Institut des Cadres de Rabat sur un échantillon de 378 personnes dans les services des urgences. 60% de cette population se sont déclarés être pris en charge dans l'intervalle de 15 minutes et 38% dans l'intervalle de 5 minutes.
Pour les soins, dans 35% des cas, ils ont été prodigués dans 5 minutes et dans 28%, 10 minutes. Dans le CHU de Rabat et I ' hôpital de Hay Mohammédi 62% de la population interrogée s'est déclarée satisfaite, dans celui de Salé 77%.

L.T.

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