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Le MEN veut abaisser l'âge de scolarisation à 6 ans

Par L'Economiste | Edition N°:346 Le 17/09/1998 | Partager

Après une phase de diagnostic et d'expérimentation, le Ministère de l'Education Nationale donne le coup d'envoi à une multitude d'actions qui vont de l'abaissement de l'âge de scolarisation à la stratégie d'enseignement en milieu rural. Tour d'horizon.


Le nouveau ministre de l'Education Nationale a du pain sur la planche. Pour sa première rentrée scolaire et après une phase de diagnostic, c'est tout un plan d'urgence qui l'attend.
Ses objectifs à moyen terme sont ambitieux: abaisser l'âge de scolarisation à 6 ans et la généraliser en 2001. A l'horizon 2010, l'objectif est de généraliser le second cycle fondamental d'ici 2008. En termes d'effectifs, les nouveaux inscrits de 6 à 7 ans atteindront les 731.000, 4 millions pour la tranche d'âge 6-11 ans en 2002, 1,9 million pour les 12-14 ans en l'an 2009 et 1 million en 2010 pour les plus grands, ceux du cycle secondaire. Evidemment, à grandes ambitions, de grands investissements. Le budget général annuel moyen de l'Education Nationale devrait s'établir à 25,7 milliards de DH pour la période 1998-2002.
Ainsi, pour répondre à l'extension de la capacité d'accueil, les dépenses d'investissements qui atteignent pour l'heure 1,4 milliard de DH, ont besoin d'une augmentation annuelle moyenne de 28%. Ces dépenses s'établiront en moyenne à 2,8 milliards de DH. Pour leur part, les dépenses salariales, qui sont pour l'exercice 1998-99 de 14 millions DH, doivent augmenter de 12%.

Le MEN a répertorié trois domaines d'intervention pour répondre à ces nouveaux besoins: optimisation du rapport coût-efficacité, augmentation de l'effort des pouvoirs publics et recherche de nouveaux modes de financement. En parallèle, le Ministère a prévu des mesures d'accompagnement. La déconcentration du système éducatif en constitue l'élément central. Déjà, avec cette rentrée, les délégations provinciales et les académies de l'Education Nationale seront restructurées "afin de leur offrir un large pouvoir de décision", soulignent des responsables au MEN, l'objectif étant de rationaliser la gestion pédagogique, administrative et financière et permettre à l'initiative locale et régionale une plus grande efficacité.

Côté diagnostic, le bilan n'est pas réjouissant. Après plus de 40 ans d'indépendance, la généralisation de l'enseignement est un semi-échec. 3 millions d'enfants âgés entre 8 et 16 ans sont en dehors de l'école. Ils sont dans la rue, les usines et surtout dans les champs. Pour ceux-là, le MEN expérimente un nouveau projet, l'école non-formelle. Associant les ONG et la formation professionnelle, ce partenariat concerne 30 associations et touche plus de 30.000 jeunes. A cet effet, le MEN prévoit une enveloppe budgétaire de 17 MDH pour l'exercice 1998-99.Outre la rentrée classique, cette année verra la concrétisation d'une panoplied'actions. C'est le cas notamment du programme national de soutien à la scolarisation en milieu rural. Si le taux de scolarisation se situe à 79% pour les enfants de 7 -12 ans, cette moyenne cache un déséquilibre de l'ordre de 30% entre l'urbain et le rural, dont les taux sont respectivement de 96 % et de 65%. Le MEN a d'ailleurs procédé à une enquête auprès des délégations en vue d'établir un plan opérationnel. La stratégie d'action s'articule autour de trois éléments: renforcement de l'offre, redéfinition du rôle de l'institution scolaire et sensibilisa-tion de l'encadrement.

Déjà au niveau de cette rentrée scolaire, des dispositions ont été prises pour augmenter le taux de scolarisation de 11%. Plus concrètement, il s'agit de pousser à l'inscription d'au moins 324.000 élèves nouveaux en milieu rural. Le MEN prévoit à cet effet 300 salles de classe qui s'ajouteront aux 1.715 prévues initialement.
D'autre dispositions sont également prévues. Elles concernent le renforcement des mesures d'appui à la scolarisation: distribution de manuels et fournitures scolaires pour quelque 100.000 élèves, distribution de denrées sèches...
Enfin, un programme d'urgence d'électrification touchant 1.350 unités scolaires en milieu rural sera lancé. Pris en charge intégralement par l'Office National d'Electricité, ce programme nécessite une enveloppe de 120 millions de DH.

Badra BERRISSOULE


17 milliards pour le MEN pour l'exercice 1998/99


Le projet de Loi de Finances 1998/99 a réservé à l'Education Nationale une enveloppe budgétaire de plus de 17 milliards de DH. Cette enveloppe représente une augmentation de 10,79% par rapport à l'année précédente.
Plus des deux tiers de cette enveloppe sont réservés à l'enseigne-ment fondamental (12,9 milliards de DH). Cependant, et malgré cette augmentation significative, il est prévu un déficit dans le moyen terme du fait de la volonté du gouvernement à généraliser l'enseignement, notamment à travers le dévelop-pement du programme d'alphabétisation. Ce programme, qui est destiné aux enfants âgés de 8 à 16 ans entre autres, sera financé par le budget réservé à la couverture des dépenses, qui a connu pour sa part une augmentation de 10,02%.
Par ailleurs, l'enseignement secondaire et technique, désormais organisé en ministère à part, a bénéficié d'un budget de plus de 4 milliards de DH, ce qui représente 24,6% du Budget général.
En ce qui concerne le second cycle de l'enseignement fonda-mental, l'enveloppe a connu une augmentation de 15,92% par rapport à l'année précédente, ce qui représente 63 millions de DH. Une augmentation qui permettra de répondre à certains déficits, notamment la surcharge des écoles.
Le projet de Loi de Finances prévoit également 5.695 postes budgétaires destinés à l'emploi les lauréats des centres de formation des instituteurs et des enseignants du second cycle de l'enseignement secondaire.

Par ailleurs, 3.000 bourses ont été réservées aux étudiants du second cycle de l'enseignement fondamental des régions rurales. Objectif, leur permettre de poursuivre leurs études dans les collèges des villes avoisinantes.
Le budget réservé aux investissements a pour sa part connu une augmentation de 4,55%. Une enveloppe qui reste insuffisante étant donné les besoins et les dépenses qui leur sont inhérents. Chose qui se répercute sur le rendement du système éducatif et les services qu'il offre, estiment les responsables.
A noter que ce budget reste faible. Par exemple sur les 150 collèges prévus, seulement 107 verront le jour. De plus 1.941 villages sont loin de la plus proche unité de scolarité (plus de 5 kilomètres).

Abdelaziz MEFTAH

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