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    Economie

    Le Maroc se défend à Kyoto

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    Si les pays industrialisés réduiront l'émission de leur gaz à effet de serre de 5,2% entre 2008 et 2012, aucun engagement n'est prévu pour les pays en développement. La position et les enjeux du Maroc.


    "L'accord de Kyoto au Japon est une réussite car il implique d'abord et avant tout une prise de conscience de la communauté internationale", souligne d'emblée M. Al Hocine Tijani, secrétaire d'Etat à l'Environnement ayant conduit la délégation marocaine à Kyoto sur les changements climatiques. Ce grand rendez-vous, qui a connu la participation de plus de 160 pays, a fait en effet prendre conscience de l'urgence d'agir pour lutter contre le réchauffement de la planète, entraînant dans son sillage des menaces irréversibles et des dégâts importants.
    De plus, l'accord international signé le 11 décembre a eu pour conséquence de changer le visage de la pollution: elle est en passe de devenir la clé de la compétitivité des entreprises. Aujourd'hui, la pollution est un problème mondial et "l'environnement est un moteur de développement économique, de surcroît créateur d'emplois", avance M. Tijani.

    A Kyoto, le Maroc a présenté ses différentes actions menées dans le domaine, les structures en place dont la Météorologie Nationale qui a développé son réseau de mesures, les risques encourus par le Maroc ainsi "qu'une ferme volonté de dépolluer". M. Tijani a rappelé que, si le Maroc participe très faiblement au réchauffement planétaire, il reste cependant très vulnérable aux effets des changements climatiques. Ces derniers risquent d'avoir des impacts graves sur son développement. En effet, les résultats de récentes études sont, selon les experts, "très alarmants": hausse des températures, variation du régime des précipitations, accroissement de la fréquence et de la gravité des sécheresses. S'y ajoutent la réduction des réserves d'eau (actuellement inférieures à 1.000 m3 par an et par personne) et la diminution de sa qualité (pollution et salinité).
    Reste que Kyoto est un grand pas. Lors de la Conférence, "nous avons introduit la notion de consensus et soutenu la position du Groupe des 77 et la Chine. Dans les coulisses, c'est tout un travail de marketing qui a été mené, surtout pour expliquer l'enjeu pour les pays en développement".
    C'est un accord arraché, mais c'est un accord quand même. La Conférence de Kyoto dans tous les cas a abouti à l'engagement de réduire de 5,2% les gaz à effet de serre (GES) entre 2008 et 2012 par rapport à 1990. En détail, l'accord prévoit la réduction de six gaz à effet de serre de 8% pour les 15 pays de l'UE. Les Etats-Unis, premier pollueur de la planète avec 4,907 milliards de tonnes de CO2 émis en 1990 et 5,228 milliards en 1995, devront réduire leurs émissions de 7% sur la base de 1990. De son côté, le Japon avec 1,151 milliard de tonnes de CO2 en 1995 a accepté une réduction de 6%.

    La Conférence de Kyoto a aussi été l'occasion d'instaurer un régime d'échange des droits d'émissions des GES (marché de la pollution) entre les pays industrialisés et ceux dont l'économie est en transition. Pour les PVD, une étude scientifique et économique sera menée. Objectif: identifier les avantages et l'intérêt économique de ce procédé qui demeure "une inconnue" pour ces pays. A l'issue de cette étude, une décision sera prise par les parties à ce sujet.
    A l'issue de la Conférence, les avantages pour le Maroc et les pays en développement sont tout d'abord l'inexistence de disposition contraignante en matière d'émissions de GES. Le contraire "aurait risquer de freiner leur développement". Autre réussite, la mise en place d'un fonds de développement propre qui constitue une opportunité pour attirer les investissements et réaliser des projets volontaires ayant trait à la réduction des GES. Le montage et les mécanismes d'accès de ce fonds, ouvert aux PVD et aux pays développés, seront arrêtés lors de la première réunion des parties au Protocole de Kyoto qui aura lieu en 1998 à Buenos Aires. S'y ajoute l'opportunité pour les secteurs industriels, de transport... d'acquérir des technologies propres et de bénéficier d'un renforcement de capacités à même d'assurer une transition aisée vers une réduction progressive des GES. De même, l'avantage de choisir ses partenaires, dans le cadre de la mise en oeuvre conjointe, tout en s'assurant de ne pas recevoir de technologies obsolètes et polluantes.

    Meriem OUDGHIRI

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