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    Politique

    Le Maroc reconquiert l’Afrique autrement

    Par L'Economiste | Edition N°:1975 Le 10/03/2005 | Partager

    . Projets sociaux pour favoriser le développement durable . Il n’y a pas que le Sahara!. Enjeu: Réintégration de l’Union africaine?C’est une visite stratégique que vient d’effectuer SM le Roi en Afrique. Elle intervient une dizaine de jours avant la tenue du sommet de la Ligue arabe les 22 et 23 mars à Alger. Le Souverain devrait s’y rendre sur invitation du président Abdelaziz Bouteflika. La région connaît une activité diplomatique sans précédent. C’est la première fois qu’un souverain marocain se rend au Burkina Faso. Et c’est la première fois également que se tiendra le sommet entre SM le Roi et le président algérien. La rencontre des 22 et 23 mars est très attendue en raison du blocage du règlement de l’affaire du Sahara. La dernière rencontre entre les deux chefs d’Etat était informelle. Elle remonte à septembre 2003, en marge du sommet de l’ONU. Une éclaircie diplomatique en perspective? Que ce soit en Afrique subsaharienne ou en Algérie, les déplacements de SM le Roi montrent que le règlement de la question du Sahara et la réactivation de l’Union du Maghreb Arabe vont dans le sens d’un retour du Maroc sur la scène africaine. Il est vrai qu’en même temps, ce retour est dicté par les enjeux d’intégration économique, la lutte contre la migration clandestine et la guerre contre le terrorisme. C’est une vision de développement global et intégré qui est privilégiée avec les pays africains. Les responsables marocains ne se déplacent plus uniquement pour parler du Sahara ou pour évoquer les relations séculaires avec l’Afrique subsaharienne. Fini l’ère des entretiens «à la carte», à forte dose politique. Au Gabon, au Burkina Faso, au Sénégal et enfin en Mauritanie, le Royaume a confirmé une nouvelle forme de coopération avec les pays du Sahel. Cette fois-ci, il n’était pas uniquement question de coopération politique et commerciale, mais essentiellement de projets sociaux. Ce qu’il faut retenir de cette visite en effet, c’est la dimension du développement durable qui entre en considération dans les relations entre le Maroc et ses voisins africains. «SM le Roi souhaite établir des relations au service et au profit des populations africaines», avait déclaré Taieb Fassi Fihri au Burkina Faso, ajoutant qu’au-delà des relations économiques, il importe également de pouvoir approfondir et élargir la coopération dans des domaines aussi vitaux que la santé, l’éducation, la formation professionnelle, la mise en valeur agricole et l’artisanat. Et le bilan est éloquent: 5 accords de coopération avec la Mauritanie et qui ne sont pas des accords-prétextes, inauguration de centres de soins et d’alphabétisation au Gabon, évacuations sanitaires et projets d’ensemencement des nuages pour provoquer les pluies, sans oublier l’octroi d’aides pour la lutte contre le criquet.. Pluie artificielleDans les cinq pays, l’expérience marocaine a été citée en exemple. Le programme Saaga ou «Al Ghait», qui signifie la pluie, a connu un franc succès. Pour preuve, au Burkina Faso, où il a été initié en premier, il a eu un impact certain sur la pluviométrie. Les réserves des barrages ont atteint un taux de remplissage jamais égalé.Et c’est suite au succès de ce programme au Burkina que le Maroc s’est engagé à contribuer à l’élaboration d’un projet de développement régional de provocation artificielle des pluies en Afrique. C’est le cas du Mali, du Cameroun, de la Gambie, de la Mauritanie et du Cap-Vert qui souhaitent tirer profit du savoir-faire du Maroc.Sur le volet économique, le Maroc a capitalisé sur l’expérience de la RAM et d’Air Sénégal. Le principal acquis de la visite royale en Afrique reste la signature au Gabon du protocole d’accord pour la création d’Air Cémac, la compagnie communautaire de l’Afrique centrale. Une société de patrimoine détenue par la RAM possèdera la flotte, qui sera constituée au début par trois grands porteurs et des avions de transports régionaux. Au niveau bilatéral, la RAM devrait programmer trois vols hebdomadaires vers Ouagadougou. Et peut-être aussi reprendre la compagnie nationale burkinabaise à l’exemple d’Air Sénégal. Le Burkina est un pays qui repose sur de l’or. La mine de Mana, gérée par Managem, possède des réserves qui pourraient être les plus importantes de l’Afrique de l’Ouest. L’intérêt économique des pays de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA)(1) est donc indéniable. Les grands groupes marocains qui se sont implantés dans ce grand marché de plus de 60 millions d’habitants ne diront pas le contraire (BMCE Capital, Attijariwafa bank, Sothema, CCGT Consortium…).. Côte d’Ivoire, le quiproquoAu niveau politique, le Maroc fait valoir la carte de la réconciliation. Le terrain est miné comme l’a prouvé le récent quiproquo maroco-congolais au sujet d’une demande de médiation marocaine dans le conflit à la Côte d’Ivoire(2). Visiblement, cela n’a pas altéré l’engagement marocain. Avant de se rendre en Mauritanie, SM le Roi a eu des entretiens avec le président Burkinabé. Et le 15 février dernier, il avait reçu un émissaire du président libyen Mouammar Kadhafi. Tout le monde sait que Ouagadougou et Tripoli sont accusées par la Mauritanie de soutenir le coup d’Etat qui a failli renverser le président Mouaouiya Ould Sid Ahmed Taya. Réconciliation en perspective? Rabat aura tout à gagner en faisant revenir les antagonistes à de meilleurs sentiments.Le retour du Maroc sur la scène africaine mène à une autre question qui va se poser d’elle-même: celle de la possibilité de réintégrer l’Union africaine (UA). Membre fondateur de l’OUA en 1963 (rebaptisée UA sur proposition lybienne), le Maroc est aussi le premier pays africain à avoir quitté avec fracas cette organisation lorsqu’elle avait accepté l’adhésion du Polisario en 1984 sur proposition algérienne. Pour réintégrer la grande famille, Rabat sait qu’elle peut désormais compter sur une amitié africaine «new look», plus sensible au développement socioéconomique qu’aux calculs politiques. N. L.-------------------------------------------------------------------------(1) L’UEMOA comprend le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.(2) Les demandes d’intervention adressées au Maroc ne datent pas d’hier. L’une d’entre elles, en 2004, était même posée par nos colonnes (www.leconomiste.com).

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