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Economie

Le Maroc fait le pari de la génétique moléculaire

Par L'Economiste | Edition N°:2623 Le 03/10/2007 | Partager

. Un ambitieux programme lancé à l’Institut Pasteur. Une banque de sang de cordon en cours Le Maroc renforce son infrastructure dans les domaines de la génétique et de l’immunologie. En effet, un nouveau bâtiment est en cours de réalisation à l’Institut Pasteur du Maroc (IPM). Il accueillera les laboratoires de génétique moléculaire humaine, de cytogénétique et cytogénétique moléculaire, de biologie moléculaire et d’immunologie, et de greffe des cellules souches hématopoïétiques. Ce bâtiment a nécessité un investissement de 4 millions de DH sur fonds de l’IPM. Toutes les maladies génétiques sont dues à une ou plusieurs anomalies sur un ou plusieurs chromosomes, qui sont transmises à la descendance. Celles-ci entraînent un défaut de fonctionnement de cellules de l’organisme. Entre 6.000 et 7.000 maladies génétiques ont été identifiées à ce jour. Une nouvelle maladie est d’ailleurs découverte chaque semaine. «Seuls 200 à 250 sont bien caractérisées», souligne Dr Adbelhamid Barakat, responsable du laboratoire de génétique moléculaire humaine à l’IPM. Au Maroc, les spécialistes notent un grand nombre de maladies dues à de nombreux facteurs, principalement les mariages consanguins. De plus, vu leur nombre et leur complexité, beaucoup de ces maladies sont difficiles à diagnostiquer. D’où la nécessité, pour des laboratoires de recherche spécialisés en génétique moléculaire, de permettre un meilleur diagnostic et une meilleure étude de ces maladies dans la population marocaine. Parmi les missions des nouveaux locaux: continuer et réaliser de nouveaux programmes de recherche sur les maladies génétiques au sein de la population marocaine. Il s’agit aussi d’assurer une consultation de conseil génétique, outre le diagnostic prénatal des anomalies chromosomiques et des maladies héréditaires, indique Barakat. Former des techniciens, de jeunes médecins ou scientifiques à la cytogénétique et à la génétique moléculaire est l’une des priorités du laboratoire. A noter que les projets en cours d’études au laboratoire de génétique moléculaire humaine concernent notamment l’étude de la surdité héréditaire au sein de la population marocaine, l’analyse moléculaire du chromosome Y, ou encore l’étude de certains déficits immunitaires. Ce nouveau local répondra aux exigences techniques et aux normes de qualité et de sécurité. Laboratoire de greffe des cellules hématopoïétiques Les nouveaux laboratoires seront dédiés aussi aux greffes des cellules-souche hématopoïétiques. «Nous avons remarqué une augmentation très importante des cancers du sang ou hémopathies malignes au Maroc», indique Dr Loubna Mazini, responsable du laboratoire des greffes hématopoïétiques.«Ils ont des degrés de gravité très différents et touchent aussi bien l’enfant que l’adulte. Le seul remède possible est le plus souvent la greffe de moelle osseuse ou de sang de cordon. Tous les malades n’ont malheureusement pas les moyens de se faire soigner à l’étranger. Le traitement est très onéreux, et souvent le patient doit être accompagné par le parent donneur de moelle osseuse ou en plus par la mère si le patient est un enfant», ajoute-t-elle. Ce type de traitement est en effet très coûteux, puisqu’il nécessite une infrastructure médicale et biologique très particulière et des compétences spéciales et reconnues. «Avec l’installation du nouveau bâtiment, nous pouvons effectuer toutes les analyses pré et postgreffe en collaboration avec le laboratoire des HLA. Des analyses pourront être réalisées sur les cellules sanguines du patient qui présente le cancer et par la suite sur sa moelle osseuse. Cette dernière et, après traitement, pourrait être réinjectée au même patient (autogreffe) ou le cas échéant, un donneur avec des déterminants antigéniques compatibles est recherché au sein de la famille. Si le donneur est présent, sa moelle osseuse est prélevée, traitée avant d’être réinjectée au patient conditionné (allogreffe), précise le Dr Mazini. Si le donneur compatible est introuvable, la seule piste restante est la recherche d’un donneur compatible sur des registres de moelle osseuse ou de sang de cordon internationaux. Les patients ayant les moyens d’entamer ces démarches sont dirigés vers des hôpitaux français le plus souvent. Les autres ne peuvent malheureusement suivre que des soins palliatifs. Avec le nouveau laboratoire, un projet de recherche sur la mise en place d’une banque de sang de cordon ombilical est en cours de développement. Le sang de cordon est en effet plus simple à collecter que la moelle osseuse et les cellules-souche qui y sont présentes sont plus nombreuses et immunologiquement immatures. Une telle banque au Maroc pourrait bénéficier aux patients ne disposant pas de donneurs compatibles intrafamiliaux et ne pouvant se rendre à l’étranger, selon Dr Mazini. Elle peut également servir aux personnes résidant à l’étranger et pour lesquels les hôpitaux étrangers ne trouvent pas de donneurs compatibles. Car, souligne Dr Mazini, l’enjeu est de taille: la greffe des cellules souches hématopoïétiques peut être appliquée aussi bien aux cancers du sang, au cancer du sein, aux déficits immunitaires voire à l’insuffisance rénale. «Ce n’est plus un luxe de se soigner avec des cellules hématopoïétiques, mais bien une nécessité actuellement», dit-elle. «Nous avons la chance d’avoir un laboratoire HLA par lequel passent tous les donneurs de greffe de différentes sortes», souligne pour sa part Siham Bennani, doctoresse en immunologie et chef de service du laboratoire d’immunologie-centre de biologie médicale. Tous les tests pré greffes concernant le typage HLA (histocompatibilité) en vue de rechercher un donneur compatible se font déjà depuis 10 ans au laboratoire d’immunologie à l’Institut Pasteur du Maroc. «Nous étudions la possibilité de traiter l’insuffisance rénale par les cellules hématopoïétiques également», ajoute Dr Bennani.


Dysfonctionnement

Les cellules biologiques fabriquent des protéines dont la structure est déterminée par le code génétique. Si le gène est altéré, il entraîne la cellule dans un dysfonctionnement. Il existe une différence entre les maladies génétiques et chromosomiques qui sont dues à une anomalie morphologique du chromosome, qui n’a pas été transmise par les ascendants. Les causes peuvent être variées: irradiation, toxiques... Lors de la division cellulaire des cellules-souche ou des premières cellules de la vie (mitose, méiose).


Maladies dites orphelines

Côté chiffres, plus de 30.000 enfants naissent chaque année avec une maladie génétique. 3 millions de personnes vivent avec un problème de santé lié à une modification de leurs gènes. Si certaines se déclarent dès les premiers mois, d’autres n’apparaîtront qu’à l’adolescence ou à l’age adulte (environ 2/3 s’expriment chez l’enfant et 1/3 se manifestent à l’âge adulte). Beaucoup de maladies génétiques sont appelées maladies orphelines, car elles touchent un nombre limité de personnes (quelques milliers, parfois quelques centaines dans le monde). Ceci ne favorise pas la recherche de médicaments par les sociétés pharmaceutiques. Grâce aux nouvelles technologies, des outils permettent de dépister ces anomalies précocément. De même, des organismes proposent leur aide. En effet, les maladies orphelines sont complexes, et il existe peu de traitements. L’UE a mis en place des aides et des procédures pour favoriser la recherche sur ces maladies. A noter que 40% des nouvelles molécules développées aujourd’hui concernent justement des maladies rares. 410 médicaments «orphelins » sont ainsi en développement, et 32 sont déjà sur le marché. La thérapie génétique représente également un espoir. Plusieurs enfants ont été traités avec succès dans le cas de déficit du système immunitaire. D’autres essais sont en cours.


Lexique

. Cellules-souche: Elles sont présentes chez tous les êtres vivants pluricellulaires. Elles jouent en effet un rôle très important dans le développement des organismes ainsi que dans leur maintien. En médecine, les cellules-souche animales et en particulier les cellules souches humaines font l’objet de beaucoup de recherches actuellement, notamment en vue de régénérer des tissus, voire de créer de toute pièce des tissus et organes. L’origine des cellules-souche pose aussi des problèmes d’éthique, en raison de la principale source de cellules-souche: l’embryon. Heureusement de nouvelles sources (beaucoup plus pratiques) de cellules-souche ont été découvertes, comme les cellules du sang de cordon ombilical, ou des cellules-souche dans le tissu adipeux (même une personne mince peut fournir un litre de graisse !) Dans un futur proche les cellules-souche pourraient servir à soigner des maladies cervicales telles qu’Alzheimer. . Génétique: C’est la science qui étudie les fonctions chimiques inhérentes à une espèce particulière de molécules appelée gène. Une de ses branches, la génétique formelle ou mendélienne, s’intéresse à la transmission des caractères héréditaires entre des géniteurs et leur descendance. Ce terme regroupe un nombre important de disciplines, la plupart associées à la biologie.. La cellule-souche hématopoïétique (CSH) : Le type de cellule qui est à l’origine des cellules sanguines, dans l’hématopoïèse. Elle est chez l’homme après la naissance uniquement dans la moelle osseuse et peut dans un premier temps donner naissance à la cellule lymphoïde progénitrice (CLP) ou à la cellule myéloïde progénitrice (CMP) qui donneront respectivement naissance aux lignée lymphoïde et myéloïde.. Immunologie : L’étude du système immunitaire et de la réaction face aux organismes pathogènes. L’immunologie s’intéresse également aux maladies auto-immunes, aux allergies et au rejet des greffes. L’immunologie joue également un rôle notable dans l’élaboration des vaccins, ainsi que dans la lutte contre les cancers (développement incontrôlé de tumeurs formées de cellules de l’organisme, non reconnues et donc non détruites par le système immunitaire) et le SIDA (maladie affectant directement le système immunitaire). Hormis les greffes et les maladies auto-immunes, l’immunologie s’intéresse à l’étude de la défense d’un organisme vivant contre les agressions. La diversité des pathogènes est grande, on rencontre des virus, des bactéries des champignons et des parasites comme quelques protozoaires.. Cytogénétique : Etude des phénomènes génétiques au niveau de la cellule, c’est-à-dire au niveau des chromosomes sans la nécessité d’extraire l’ADN : anomalies chromosomiques (de nombre et de structure), recombinaison de chromosomes, etc. . Cytogénétique moléculaire : Elle est née de la rencontre de la biologie moléculaire et de la cytogénétique conventionnelle et se situe à une échelle de résolution intermédiaire entre ces deux disciplines.. Chromosome Y: L’un des deux chromosomes sexuels humains (l’autre chromosome sexuel est le chromosome X). Les chromosomes sexuels sont l’une des 23 paires de chromosomes humains. Il fait partie du système XY de détermination sexuelle. Il contient des gènes qui provoquent le développement des testicules, déterminant le phénotype masculin. Normalement chaque personne possède une paire de chromosomes sexuels dans chaque cellule. Les mâles présentent un chromosome Y et un chromosome X, alors que les femelles présentent deux chromosome X.Fatim-Zahra Tohry

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