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«Le Maroc et l'Espagne doivent apprendre à se connaître”
Entretien avec Ramon Enciso, DG sortant de Méditel

Par L'Economiste | Edition N°:1739 Le 02/04/2004 | Partager

. Au terme de 4 années à la tête de Méditel, Ramon Enciso, DG sortant, dresse le bilan, fait état des opportunités et contraintes du secteur, mais aussi des enjeux. Enciso évoque également la collaboration entre l'Espagne et le Maroc et les incidences du 11 mars.- L'Economiste: Au terme de votre mission en tant que DG de Méditel, quel bilan dressez-vous pour les quatre dernières années?- Ramon Enciso: En termes de bilan, je dois dire que Méditel est une success-story marocaine. C'est l'aboutissement d'un travail d'équipe. Pour preuve, le pays est devenu une référence en Afrique et dans la région en matière de téléphonie mobile. Nous sommes fiers d'avoir contribué à rendre le Maroc compétitif dans la région. Grâce aux potentialités du pays et au travail de chacun, nous avons réussi quelque chose d'unique dans le business des télécoms. C'est un investissement lourd qui nous a coûté plus de 23 milliards de DH en 4 ans. Il faut savoir relever le défi de la libéralisation et de la concurrence. - Après l'explosion, la tendance mondiale de la téléphonie mobile va vers une atonie, ces dernières années. Qu'en pensez-vous?- Je crois que le mobile va continuer sa croissance. Et les chiffres sont là pour le montrer. A titre d'exemple, en Chine, il y a chaque semaine 1 million de nouveaux clients. Et la tendance ira crescendo sur le mobile avec le développement de nouveaux produits et Internet. Ce qui donnera un nouvel élan à la téléphonie mobile. Certes, il y a des pays où la pénétration dépasse les 100% et la croissance est par conséquent limitée. Mais une chose est sûre, c'est l'offre de services qui augmente et soutient la croissance dans le mobile.  Pour ce qui est du fixe, c'est un peu particulier au Maroc où peu de produits sont développés, contrairement à des pays où la croissance continue. Au Maroc, il reste un nombre d'opportunités de développement, d'innovations, de services à apporter au niveau de la téléphonie fixe. C'est ce qui pourrait développer ce segment.- Globalement, quelles ont été les principales actions menées en termes d'organisation et de planification?- Combien connaissez-vous d'entreprises qui ont relevé le challenge de passer en 4 ans d'une start-up à un major marocain des plus structurés? Cela a nécessité un effort important avec le respect des délais et la mise en place d'un système de gestion performant. Ce dernier devrait intégrer la qualité comme référence dans la gestion au quotidien. Maintenant, toutes les activités de Méditel sont soumises à des procédures et normes strictes qui font de nous une entreprise moderne et performante. En termes de résultat, nous avons plus de 2,2 millions de clients qui utilisent nos services de manière régulière.- Est-ce que le statut de second opérateur de téléphonie mobile n'est pas contraignant quelque part?- Il n'est jamais facile de prendre le train en marche, surtout lorsque l'opérateur historique existe depuis longtemps. Il a l'avantage de ne pas avoir à faire ses preuves. A cela s'ajoute le manque de maturité du marché marocain en termes réglementaire et de libre concurrence. Maintenant, il faudra continuer avec le réaménagement des textes de loi avec des appels d'offres pour les autres licences et une indépendance réelle de l'autorité de régulation. C'est le travail auquel s'attelle actuellement l'ANRT qui mène des études et analyses avec des cabinets spécialisés de consulting. Il faut dire qu'il y a une volonté de la part de l'ANRT pour donner plus de visibilité. Ce qui devra profiter certainement au secteur.- Quel a été le fer de lance de votre stratégie sur le plan des ressources humaines?- Les ressources humaines ont toujours été la clé de notre développement. Car pour un nouveau venu, il fallait faire l'effort et se démarquer en recrutant les meilleurs profils. Nous avons des partenaires comme Telefonica et Portugal Telecom qui nous ont aidé dans l'établissement de procédures de sélection du personnel. Aujourd'hui, Méditel est une affaire maroco-marocaine avec près de 700 jeunes qui ont été capables de s'approprier de la technologie de nos partenaires et de la culture maison. Les résultats sont là pour le confirmer. A présent, nous devons accorder plus de moyens à la formation. Un effort énorme a été déployé dans la formation des cadres. Plus de 17% de la masse salariale ont été affectés à la formation. En conclusion, notre politique de ressources humaines est de continuer de conjuguer les talents et l'expertise de chaque collaborateur de Méditelecom. - Qu'en est-il du marketing?- C'est clair que Méditel a toujours eu le leadership dans le lancement denouveaux  produits et services. A titre d'exemple, le service Amis et famille, les services Néo pour les entreprises ou encore le plafonnement. Je pense qu'il y a eu une stratégie claire de développement de nouveaux produits et services. Mais il faut reconnaître que quelques développements ont été des nouveautés mondiales tels que le plafonnement qui est un système développé uniquement au Maroc. Maintenant, d'autres opérateurs l'ont repris dans d'autres pays. Il en est de même pour le système Delear de recharge à base d'un portable ou encore la recharge à 20 DH. Car nous estimons que la téléphonie mobile doit être accessible à tout le monde. Notre stratégie porte essentiellement sur le développement de nouveaux services qui répondent aux besoins et aux spécificités de nos clients avec une visionouverte. - A votre avis, quel est le potentiel de la téléphonie au Maroc et quels enjeux pour le mobile?- Pour le mobile, dans tous les pays du monde, les estimations au départ étaient toujours en deçà de la réalité. Au Maroc, on parlait de quelques milliers au début. Avec l'arrivée de Méditelecom, il y avait à peine 400.000 clients au Maroc. D'aucuns parlaient déjà de saturation du marché et qu'il n'y avait aucune possibilité de faire plus. Or, maintenant, il y a une explosion. Je pense que cela va continuer. Pendant une longue période, il y aura sûrement une croissance importante. Tant qu'il y aura de nouveaux produits et services plus performants dans le mobile, et Internet aidant, cela ne peut que doper les ventes. C'est sûr que les chiffres vont toujours nous étonner comme cela a été le cas en Espagne et au Portugal. Car, ce qu'il y a en commun dans la Méditerranée, c'est que les gens aiment sortir dans la rue et parler. Or, c'est clair, ce type de profil correspond parfaitement à la clientèle du mobile.- Quel type d'incidences peuvent avoir les attentats du 11 mars sur le volet économique entre l'Espagne et le Maroc?- Malheureusement, le fléau du terrorisme est devenu aujourd'hui global. Il a frappé ici à Casablanca, à Madrid comme dans d'autres pays du monde. Les conséquences sont terribles pour tout le monde. Finalement, ce qui est sûr, c'est que cela a fait beaucoup de mal à des familles et travailleurs. Telefonica a perdu 4 de ses collaborateurs qui ont été victimes des attentats de Madrid. Je pense que la seule solution, c'est la collaboration la plus étroite possible entre les deux pays.- Comment vous voyez la collaboration entre les deux pays dans un esprit de libre-échange?- L'échange c'est l'enrichissement mutuel et nos deux pays ont des opportunités à exploiter. Je pense que le Maroc et l'Espagne doivent apprendre à mieux se connaître. Ils ont tous les deux des opportunités à exploiter. L'histoire de ces dernières années montre à tel point la collaboration est bénéfique. Pour preuve, les Espagnols sont présents dans différents secteurs (BTP, électricité, industrie, télécoms, banques et services). Ce qui se traduit par des investissements importants et un transfert de technologies et de savoir-faire. Pour l'Espagne, le Maroc est un pays qui offre des débouchés à ses produits et services. D'où l'effort à consolider ces acquis et les développer davantage. C'est beaucoup plus facile pour un espagnol de s'adapter au Maroc que dans des pays européens. Or, l'Europe s'ouvre ces derniers temps vers l'Est plutôt que vers le Sud. Ce qui n'est pas dans l'intérêt de l'Espagne qui travaille pour attirer l'Europe dans ses efforts de collaboration vers le Sud de la Méditerranée.Propos recueillispar Amin RBOUB

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