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    Economie

    «Le Maroc doit faire valoir ses atouts»
    Entretien avec Okamatsu Sozaburo, vice-président de l’association d’amitié maroco-japonaise

    Par L'Economiste | Edition N°:2405 Le 21/11/2006 | Partager

    . Les Japonais se demandent s’ils ont de la place à côté des Européens. Un grand intérêt pour l’énergieUne importante délégation japonaise a fait le déplacement début novembre au Maroc. Plus de 23 patrons de grands groupes et de PME ont été du voyage. Ils s’intéressent de près au Maghreb et comptent y investir. Tanger Med, les zones franches, l’outsourcing, l’énergie, l’électronique… sont autant de chantiers qui les séduisent. Les explications du président de la délégation.. L’Economiste: Quel bilan dressez-vous au terme de la mission de prospection menée au Maroc?- Okamatsu Sozaburo: Avant de faire le bilan, je tiens à préciser que le déplacement de représentants de secteurs assez variés est un signe du redémarrage de l’économie japonaise. Nous avons connu pendant 10 ans une crise réelle, mais, depuis 5 ans, nous avons surmonté cette crise et nous sommes à nouveau sur la voie de la croissance. Fortes de ce redémarrage, les entreprises japonaises comptent investir à l’intérieur et à l’extérieur du Japon. Nous célébrons cette année le 50e anniversaire des relations entre le Japon et le Maroc. Notre visite au Maroc nous a permis de recueillir des informations d’une grande importance sur l’économie marocaine. Le chantier du port de Tanger Med, les zones franches, ainsi que l’entreprise Yazaki... sont riches en enseignements. Le rythme et la nature de ces projets confirment que le Maroc sera incessamment positionné en tant que portail du marché européen. Les infrastructures menées dans le réseau routier, autoroutier... le confirment. . Concrètement, quels sont les créneaux que vous compter investir et à quelles échéances?- Nous avons visité l’ONE. Un projet de construction d’une centrale d’électricité nous a été présenté. Je pense que c’est là peut-être où il y a une marge de coopération avec une entreprise japonaise. La construction d’une centrale thermique pourrait particulièrement nous intéresser à l’avenir. Nous ciblons également la construction de ports, de routes et de voies ferrées. Lorsqu’une entreprise manufacturière japonaise souhaite s’implanter, il y a deux marchés à viser: le marché local ou un site de fabrication pour exporter vers le Japon. En clair, les compagnies japonaises qui s’installent en Asie visent le marché japonais. Aux Etats-Unis, elles visent le marché domestique américain. Pour les implantations potentielles au Maroc, elles seront différentes. Ce sera surtout des investissements pour répondre à des besoins du marché européen. Pour nous, la démarche au Maroc s’apparente aux investissements au Mexique qui visent le marché américain.. Quels sont à votre avis les principaux atouts du marché marocain?- C’est d’abord la main-d’œuvre qualifiée et low-cost ainsi que les accords d’association et de libre-échange signés avec l’UE, les Etats-Unis, la Turquie. Le Maroc est agricole à 60%. C’est une force de base non négligeable qui garantit une autonomie alimentaire. Encore faut-il voir comment faire valoir ces atouts pour le développement du pays. Autre atout de taille, les relations profondes et historiques qu’entretient le Maroc avec l’Europe. Les Japonais se demandent s’ils ont vraiment leur place dans cette configuration.Il faut aussi faire avec une donne culturelle. Les Japonais mettent beaucoup de temps avant de se décider et investir dans un pays. Mais une fois décidés, nous sommes stables, fidèles à nos engagements et nous réalisons nos objectifs. Pour le cas du Maroc, la formule que nous comptons privilégier serait celle d’y transférer en partie les entreprises japonaises implantées dans l’UE. . Quels sont les fondamentaux de l’industrie japonaise, de son business model? - Nous essayons tant que possible se peut d’adopter un management japonais qui soit le mieux adapté à la mondialisation. En revanche, l’un des facteurs négatifs reste le changement démographique: baisse de la natalité et vieillissement de la population. Autre contrainte de taille, nous sommes dépendants en termes de ressources naturelles. 99,7% de nos besoins en pétrole sont importés, nous n’avons pratiquement pas de mines de charbon. Nous avons pour objectif cette année de réaliser une croissance économique de 2,5 à 3%. Pour y arriver, il faut développer des techniques nouvelles et augmenter la productivité. Nous sommes convaincus que la promotion de la technologie, la recherche scientifique et l’innovation nous permettront d’y parvenir. L’autre paramètre consiste à optimiser la gestion des entreprises et leur efficacité. Sur ce registre, nous avons des expériences très amères. Dans les années 80, nous avions une économie de bulle. Nous avons augmenté de manière très importante les équipements, les emplois, mais, parallèlement, les dettes ont augmenté. Lorsque l’économie a explosé, nous avions un personnel pléthorique, des équipements en surnombre et beaucoup de dettes. Chose que nous avons dû réduire pendant les 10 années de crise.. Quels sont les principes du management japonais?- Le modèle industriel japonais s’articule autour d’un tissu de PME-PMI qui a de grandes capacités technologiques. A lui seul, le tissu des PME représente 80% des entreprises japonaises. Ce sont ces petites structures qui sont à la base de la compétitivité du Japon. Elles fabriquent des pièces, des composantes et permettent d’assembler pour le compte de Toyota ou Nissan par exemple. Toyota a donné l’exemple en faisant des efforts pour renforcer la compétitivité de ses filiales et de ses fournisseurs- équipementiers. Par le passé, nous avons eu de grands groupes, mais ils sont maintenant démantelés.Propos recueillis par Marie-Hélène GIGUERE & Amin RBOUB

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