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Economie

Le Maroc charmé par le balnéaire égyptien

Par L'Economiste | Edition N°:611 Le 07/10/1999 | Partager

· Pour étoffer l'offre marocaine dans le balnéaire, le gouvernement veut s'inspirer de l'Egypte
· Le programme serait placé sous la responsabilité d'une structure autonome afin d'éviter les conflits entre administrations
· Deux types d'incitation: Le foncier et les avantages fiscaux


Les stations balnéaires égyptiennes font rêver les responsables du tourisme marocain. Dans le plan de développement de son industrie touristique, le Maroc veut s'inspirer de l'expérience de l'Egypte sur la Mer Rouge.
Même au plus fort de l'offensive des groupes islamistes, le tourisme égyptien a réussi à limiter les dégâts avant de rebondir grâce à la diversité de son offre. Très peu de gens pariaient par exemple sur une reprise rapide de l'activité après le sanglant attentat de Louxor en novembre 1997 qui avait fait une soixantaine de morts dans les rangs des touristes. La chute des arrivées de touristes occidentaux dans la vallée du Nil avait alors été compensée par l'accroissement de vacanciers dans de nouveaux sites touristiques balnéaires aménagés dans la région de la Mer Rouge et du Sinaï, bien loin du face-à-face entre les forces de l'ordre et les combattants du Jihad islamique. Jusqu'à aujourd'hui, beaucoup d'analystes sont restés admiratifs devant la vitesse avec laquelle les professionnels égyptiens se sont relevés de cet événement.
Le pays des Pharaons, dont le rapport qualité/prix est reconnu par de nombreux voyageurs marocains, accueille 3 millions de touristes par an, qui se dirigent essentiellement vers les très animées stations de la Mer Rouge. La capacité d'accueil du pays est évaluée à 140.000 lits (le Maroc à 90.000, auquel il faut soustraire le tiers qui est hors normes internationales) dont 20.000 installés sur les bâteaux-hôtels destinés aux croisières.
Comment l'Egypte a-t-elle procédé pour diversifier son portefeuille-produit? Dans un pays soumis à de graves déséquilibres physiques -90% des 60 millions d'habitants sont concentrés sur une bande de 30 km de large qui s'étend de part et d'autre du Nil-, les pouvoirs publics n'avaient pas de choix. Ils ont opté pour la création de trois grands pôles économiques pour désengorger la partie «utile» du pays dont le tourisme est le plus important aux côtés des mines et de l'industrie.
Au terme d'une étude de réamenagement du territoire, deux principales régions furent ciblées: le Golfe d'Aqaba et la Mer Rouge. La stratégie retenue pour le développement des nouvelles stations repose sur la concession au privé dans le cadre d'un aménagement concerté. C'est l'idée sur laquelle travaillent actuellement les experts du Ministère du Tourisme. Et pour éviter les guéguerres entre administrations, le gouvernement a confié les pleins pouvoirs de la coordination du programme à une structure autonome, l'Autorité de Développement Touristique. Celle-ci réalise des études et s'occupe de la prospection des investisseurs pour la réalisation de ces développements. Le promoteur privé prend en charge la réalisation des infrastructures de base et des superstructures. Pour des projets souvent très importants -plusieurs milliers de chambres par programme-, l'Etat prévoit un cadre incitatif pour lui assurer la rentabilité.
L'Etat égyptien a tiré les leçons des désagréments (environnement, urbanisme, esthétique) de la célèbre station de Sharm Al Sheikh Hurghada pour rectifier le tir.

Mégastations


Si l'on en juge par l'engouement des promoteurs, l'Egypte est bien partie pour assurer le succès de son industrie touristique: deux nouvelles mégastations ont été aménagées: El Gouna d'une superficie de 12.000 ha et étendue sur 10 km. Y sont érigés huit hôtels gérés par de grandes chaînes internationales et un complexe résidentiel composé de plusieurs ensembles d'appartements et villas, un golf, plusieurs marinas, un aérodrome, un hôpital privé, etc. Les six établissements déjà opérationnels sur la station affichent un taux d'occupation moyen de 75%. La partie résidentielle est entièrement vendue.
La deuxième station est celle de Soma Bay. Située à près de 40 kilomètres au Sud de Hurghada, elle s'étend sur 1.000 ha et disposera dans sa phase finale d'une capacité de 30.000 lits. Elle comprend plusieurs hôtels de grand standing, des appart-hôtels et des complexes de villas résidentielles. Deux unités y sont déjà opérationnelles, le Sheraton et le Robinson.


Le m2 vendu à un Dollar symbolique


Les principales incitations offertes aux investisseurs par les pouvoirs publics égyptiens feront pâlir de jalousie les opérateurs marocains. Elles sont essentiellement de nature fiscale et foncière. Le terrain est vendu à 1 Dollar symbolique le mètre carré et payable sur dix ans.
Côté fiscal, l'investisseur bénéficie d'une exonération d'impôts pour une période de 10 ans et les droits d'importation sont fixés à 5%.
En échange de ces avantages, et pour contrer toute velléité spéculative et garantir la bonne fin des projets, le cahier des charges est verrouillé par des engagements stricts: l'investisseur retenu doit être une personne morale avec plusieurs actionnaires; le promoteur ne devient propriétaire du terrain que lorsque le projet est entièrement réalisé conformément au programme préétabli.
Par ailleurs, le capital social de la société d'investissement doit approcher au moins 50% du coût de l'investissement projeté. Le projet doit avant tout s'appuyer sur des fonds propres, le financement bancaire n'étant qu'un appoint. Le crédit bancaire est garanti par la moitié du projet déjà réalisé ainsi qu'une lettre de confort adressée par l'autorité de coordination à la banque. C'est une garantie offerte aux bailleurs de fonds, lui conférant le droit de jouissance de l'assiette foncière de l'investisseur en cas de défaillance de ce dernier.

Abashi SHAMAMBA

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