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    Economie Internationale

    Le marché mondial des services libre en 1999

    Par L'Economiste | Edition N°:309 Le 18/12/1997 | Partager

    L'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) a obtenu un accord sur la libéralisation des services financiers. La concurrence qui s'en suivra ne manquera pas de bousculer les habitudes sur le marché domestique. Les banques tentent d'anticiper, alors que les assurances regardent venir.


    La boucle est bouclée. L'accord sur la libéralisation des services financiers a été conclu samedi à Genève après près de quatre années de négociations. Les 102 pays signataires, sur les 132 que compte l'OMC, vont ainsi ouvrir leurs marchés de la banque, des sociétés de courtage et de l'assurance à la concurrence internationale. Pour l'OMC, il s'agit là d'un «événement historique» d'ailleurs salué par les responsables des grandes puissances économiques. De l'avis de M. Lawrence Summers, secrétaire-adjoint au Trésor américain, «cet accord comprend la reconnaissance par plus de 100 pays des importants bénéfices que peuvent apporter les marchés financiers mondiaux et celle que la participation d'institutions financières étrangères peuvent apporter un savoir-faire, lever des capitaux et fournir des services financiers importants à l'industrie locale». Et M. Renato Ruggioro, directeur général de l'OMC, d'ajouter: «Les nations développées et celles en développement partagent la conviction que la libéralisation des marchés financiers constitue un facteur essentiel pour la croissance et le développement». Même son de cloche chez M. Théo Waigel, ministre allemand des Finances, pour qui «l'accord crée des conditions favorables pour les services financiers et améliore le climat pour les investissements transfrontaliers, en particulier pour les pays en développement».

    Marchés émergents


    Le nouvel accord doit libéraliser à partir de mars 1999 les activités internationales des diverses sociétés financières dans 95% d'un marché mondial estimé à 30.000 milliards de Dollars. Ce qui jusqu'à présent n'est pas encore le cas dans de nombreux pays où des barrières assez hermétiques empêchent encore les sociétés étrangères concernées d'offrir leurs services aux particuliers et entreprises locaux.
    Selon les observateurs, le document paraphé à Genève ne concerne pas uniquement l'ouverture de la frontière à des concurrents et la possibilité d'accéder à d'autres places. Dans les faits, les signataires s'engagent à assurer un traitement équitable à tous selon les principes d'un accord multilatéral.
    Pour les banques et compagnies d'assurances occidentales, à l'étroit sur leur propre marché, le nouvel accord constitue une véritable bouffée d'oxygène. D'autant qu'il leur ouvre les portes des pays émergents qui présentent d'intéressantes opportunités de croissance. Déjà M. Summers a estimé qu'il «devrait gonfler le flux des capitaux privés vers les économies asiatiques, en proie à une grave crise financière». Les experts prédisent dans le même sens une restauration de la confiance des investisseurs dans ces pays.
    Autre fait prévisible, l'accord va relancer la course à la grande taille récemment confirmée par la création de Union Bank of Switzerland, née de la fusion de UBS (Union de Banque Suisse) SBS (Société de Banque Suisse). Les rapproche-ments se multiplient également dans les assurances. Désormais, «big is beautiful» dans le secteur financier.

    Fusion


    Ces manoeuvres ne laisseront pas intact le paysage domestique. A coup sûr, plusieurs petits établissements des pays en développement y laisseront des plumes. En privé, de hauts cadres de banque ne manquent jamais de souligner que leur secteur ne pourra tolérer à terme qu'une dizaine d'établissements dans le meilleur des cas, y compris les «pieds-à-terre» des grandes banques internationales déjà en place.
    Bien que très timide, le vent de regroupement a d'ailleurs déjà commencé à souffler, rentabilité oblige. Les menaces de la concurrence internationale, qui ne tarderont pas à peser plus lourd dès le début du prochain millénaire, vont en accélérer le processus. Pour y voir plus clair, de grandes banques de la place multiplient des alliances stratégiques avec des institutions internationales. A citer les rapprochements du Groupe BMCE avec Commerzbank et Nomura ou, sur un autre registre, celui de Wafabank avec l'Italienne Banco Ambrosiano Veneto(1).
    Côté Assurances, c'est encore le calme plat. Les compagnies sont plutôt préoccupées par l'assainis-sement financier du secteur. La FMSAR (Fédération Marocaine des Sociétés d'Assurances et de Réassurances) n'écarte toutefois pas les fusions et l'éventualité de l'installation de nouvelles comp-agnies étrangères(2). Elle indique par ailleurs que le programme de libéralisation des tarifs va dans le sens de l'ouverture du marché international des services financiers.

    Alié Dior NDOUR

    (1) Voir L'Economiste N° 307 (De Bonne Source).
    (2) Voir l'interview du président de la FMSAR en page 31.

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