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    Le marché de la dette: "Encore trop symbolique"

    Younès Bengelloun, CFG

    Par L'Economiste | Edition N°:456 Le 04/03/1999 | Partager

    Le marché de la dette intérieure enregistre de bonnes performances au niveau du secondaire. Reste que ce dernier est encore dirigé par les taux du primaire. Le marché de la dette privée, lui, effectue un "bon" décollage même s'il est encore symbolique par rapport à l'encours des crédits à l'économie.

    - L'Economiste: Comment se comporte actuellement le marché de la dette intérieure nationale?

    - M. Younès Benjelloun: Le fait marquant sur ce marché en 1998 a été l'explosion des volumes sur le marché secondaire qui a atteint 109 milliards de DH (volume simple) contre 30 milliards l'année précédente. Cette forte progression est essentiellement due à quatre facteurs.
    D'abord, les REPO (vente avec engagement ferme de rachat) ont gagné du terrain et représentent près de 60% des transactions. Ensuite, le marché a vu son fonctionnement s'améliorer avec notamment la généralisation de la technique d'assimilation. De plus, le marché a fait preuve d'une plus grande maturité avec un élargissement du nombre d'intervenants. Il s'agit principalement des fonds d'investissements obligataires et monétaires. A cela s'ajoute la prépondérance des adjudications de bons de Trésor dans le financement de l'Etat aux dépens d'instruments non négociables ou à taux administrés.

    - Comment ont évolué les taux dans ce contexte?
    - Les taux sur le marché obligataire ont connu une baisse significative, surtout depuis 3 ans. A titre d'exemple, le taux d'intérêt du bon du Trésor à 5 ans est passé de 10% à fin 96 à 7,5% au terme de 1998. Cette détente s'explique principalement par trois éléments, à savoir un déséquilibre structurel entre l'offre et la demande des liquidités accentué par la faiblesse des crédits d'investissements et la volonté de l'Administration de réduire son coût de financement sur un marché où il est le principal emprunteur. De plus, l'environnement macro-économique est plus favorable avec des finances publiques maîtrisées. La baisse des taux sur le marché intérieur devrait permettre à l'Etat de conforter sa politique de remboursement de la dette extérieure par celle intérieure non exposée au risque de change.

    - Actuellement, le Trésor rejette les offres des opérateurs. Comment expliquez-vous cette attitude?
    - Généralement, ces rejets s'expliquent par l'absence de besoins de refinancement, d'une part, et par les recettes exceptionnelles d'autre part. Les rejets successifs des adjudications, relevés récemment, sont à attribuer à la Trésorerie de l'Etat après les recettes non récurrentes de l'amnistie fiscale et ce, en l'absence de remboursements importants sur cette période.

    - Quels sont donc les effets de cette situation sur le marché?
    - L'attitude actuelle du Trésor se traduit souvent par une pression à la baisse des taux sur le marché secondaire, l'amplitude de la baisse dépendant également de la liquidité du mo-
    ment.

    - Quelles sont les difficultés qui persistent sur le marché intérieur de la dette?
    - Au lieu de difficultés, j'aimerais plutôt parler d'améliorations à apporter à quelques points.
    Tout d'abord, le marché secondaire reste aujourd'hui dirigé par les taux sur le primaire. Ce dernier, en plus de sa forte fréquence (deux fois par mois pour les moyen et long termes) est accessible à toutes les catégories d'investisseurs. Ensuite, le statut d'IVT (Intermédiaire en valeurs du Trésor) ne confère pas aujourd'hui d'avantages particuliers à son détenteur. L'Administration devrait réduire le nombre de ses conseillers (trois à quatre IVT) en leur octroyant plus d'avantages contre un plus grand engagement de leur part. De plus, le marché secondaire ne dispose pas de courbe de taux officielle. En outre, l'Etat devrait gérer sa dette au niveau du marché secondaire de manière plus active via notamment une politique d'open-market. Ceci devrait lui permettre d'optimiser son coût de financement. Le primaire consisterait donc en une simple injection de titres nouveaux sur le marché aux taux en vigueur sur le secondaire.
    De toute façon, tous ces points militent en faveur d'un équilibre des taux à des niveaux plus significatifs.

    - Qu'en est-il du marché de la dette privée?
    - Ce marché a connu un développement significatif depuis son lancement à fin 96. L'encours a atteint 10 milliards de DH au terme de l'année dernière contre 4,5 milliards à fin 97. Ces émissions ont concerné en grande partie les banques avec 6 milliards de DH.
    Hors banques, le volume de la dette privée reste négligeable par rapport à l'encours des crédits à l'économie qui s'élève à 170 milliards de DH à fin 98 contre 4 millions seulement pour le marché financier. Ce ratio de 2,3% (4/170) est à comparer à 65% du financement de l'économie par voie de marché aux Etats-Unis et à 35% en Europe.

    Propos recueillis par Rafik IKRAM

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