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Culture

Le Maghreb entre par la grande porte
Entretien avec Jean-Paul Montanari, directeur du festival

Par L'Economiste | Edition N°:2311 Le 04/07/2006 | Partager

Natif d’Alger où il a vécu une bonne partie de son enfance et son adolescence, Jean-Paul Montanari, directeur du festival Montpellier danse n’a pas hésité à saisir l’élan créatif naissant au Maghreb et de faciliter son introduction en Europe. Plusieurs créations de la région ont ainsi été programmées, offrant un nouveau regard sur une partie du monde riche en histoire, en culture mais aussi en contradictions.Montanari est l’un des «vrais» amoureux du Maroc. Ne vous étonnez pas en le voyant flâner dans les ruelles de la ville ocre, en djellaba et «taguia» loin des Riads et des soirées mondaines.- L’Economiste: La 26e édition prend fin le 7 juillet, êtes-vous satisfait de ce qui a été présenté?- Jean-Paul Montanari: Je trouve que globalement les œuvres ont assez bien répondu aux préoccupations de cette édition. Le travail de Bouchra Ouizguen et de Taoufiq Izediou, qui est une création spéciale pour Montpellier, traduit, par exemple, les conditions d’émergence, d’apparition de la modernité dans ces pays en voie de développement. Je trouve de telles propositions passionnantes parce les danseurs semblent dire «nous sommes des jeunes qui vivons au XXIe siècle et nous avons un nouveau regard sur le corps, sur notre monde, sur la civilisation dans laquelle nous vivons, sur nos traditions» et c’est précisément ces questions-là que je voulais que l’on pose. . La présence maghrébine est assez importante cette année. Est-ce un choix stratégique ou purement artistique?- C’est un choix plutôt affectif. Le nord de la Méditerranée se constitue en unité puisque l’Union européenne prend une partie des côtes méditerranéennes et les gardent enfermées dans des frontières. Dans la programmation du festival, j’ai essayé de mettre en relation ces différentes parties, de la Turquie au Maroc, en passant par l’Algérie, la Tunisie, Israël et l’Iran qui, avec son spectacle innovateur, a été à l’origine de cette programmation (voir encadré ci-dessus).J’ai trouvé qu’il y avait un vrai sujet artistique dans ces pays et qui mérite largement d’être posé. Tout cela sans que les créations se départissent de leurs contextes respectifs puisque ce sont des pays avec des langues, des cultures et même des niveaux de développement différents. . Que pensez-vous de la prestation de la compagnie marocaine Anania?- Je suis très content de ce que j’ai vu. J’ai assisté à leurs débuts à Marrakech et en France et il était évident qu’on leur demande une pièce. Ils ont présenté une forme d’imaginaire du côté masculin et féminin, puis ont dévoilé les rapports entre les deux imaginaires. Et ceci était une réponse à plusieurs questions en même temps: D’où venons nous? Quelles sont les limites de nos tradition, culture et religion… Ils ont ensuite fait l’effort de prendre tout cela à leur compte, le vivre et d’en faire une oeuvre d’art. . Le festival a depuis toujours été ouvert à différents styles musicaux, mais la dominance de la danse contemporaine est quand même évidente. Est-ce que vous avez voulu cette spécialisation?- Ce festival a été fondé en 1981. Un jeune chorégraphe du nom de Bagouet était venu dans cette ville, il a rencontré Georges Frêche qui était maire de Montpellier et tous les deux ont décidé, dans cette ville où il ne se passait rien, d’installer non seulement un centre chorégraphique mais, plus que cela, de présenter une nouvelle danse. En quelques mois, il est sorti en France une vingtaine de jeunes chorégraphes qui sont venus avec des propositions complètement nouvelles. C’était de fait toute une génération qui arrivait avec de nouvelles choses à dire. Le festival, qui a été créé ensuite, s’adressait à une nouvelle génération qui ne pratiquait que la création. Mais, comme nous avons toujours apprécié les danses traditionnelles, nous les avons souvent introduites, ce qui a donné cette diversité à Montpellier danse.. Qu’est-ce que la danse contemporaine a de si particulier pour générer un tel enthousiame?- C’est la danse de la création, c’est une danse vivante. Elle n’a rien de la danse classique qui est un style codé qui reproduit tout le temps le même schéma. La danse contemporaine invente à chaque fois. C’est le cas également d’autres styles comme le hip hop qui est une danse d’une autre jeunesse dans la jeunesse française qui a décidé de prendre la parole. Raison pour laquelle nous lui avons tout de suite fait une place au sein du festival. Propos recueillis par I. M.

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