×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Politique

    Le judaïsme marocain, un apport fondamental
    Interview exclusive avec le président de l’Etat d’Israël

    Par L'Economiste | Edition N°:2143 Le 02/11/2005 | Partager

    . Une invitation historique adressée au Souverain Moshé Katsav est un homme souriant, ouvert, qui s’intéresse particulièrement au dialogue interreligieux. La cordialité de ses rapports avec les dignitaires religieux musulmans en témoigne. Il a réagi aux propos du président iranien en indiquant qu’Israël n’a pas de conflit particulier avec l’Iran et a rendu hommage au peuple iranien dont l’Histoire le place au rang des grandes civilisations. Confirmant les propos de l’ensemble des leaders, aussi bien israéliens que palestiniens, il espère voir rapidement émerger une période de calme. - L’Economiste: Vous êtes issu du Parti du Likoud?- Moshé Katsav: Oui, mais je ne suis plus membre du Likoud. Dès ma nomination, j’ai démissionné du parti. J’ai effectivement été membre du Likoud et j’ai occupé diverses fonctions dans divers gouvernements dont celle de vice-Premier ministre. Aujourd’hui, mon indépendance est une garantie de neutralité pour tous les partis qui viennent me consulter pour exprimer leurs opinions. Il est intéressant de noter que les différences entre les partis ont tendance à s’estomper et je crois qu’elles n’ont jamais été aussi réduites, tous horizons confondus. D’ailleurs, le point de vue du président et celui du peuple israélien se confondent sur la question de l’avènement d’un Etat palestinien dont le principe est acquis. Nous n’avons jamais été aussi proche et les différences peuvent être aplanies.- Vous recevez à l’occasion de l’Aïd el Fitr les dignitaires arabes israéliens?- J’ai été l’invité en la même occasion du regretté roi Hussein de Jordanie, Dieu bénisse sa mémoire. Lorsque j’ai été nommé président, j’ai souhaité à mon tour partager avec les leaders qui représentent les citoyens arabes de notre pays ce moment empreint d’une spiritualité exceptionnelle. Le ministre palestinien Nasser Youssef est aussi parmi nous et malgré quelques soucis sur le terrain, sa présence dans la résidence du chef de l’Etat est un signe amical et un symbole fort. Nous accueillons avec plaisir les ambassadeurs d’Egypte, de Mauritanie et Jordanie et j’espère que l’année prochaine nous aurons parmi nous l’ambassadeur du Maroc en Israël. D’ailleurs, j’ai eu le plaisir de visiter le Maroc pendant le mois du Ramadan et de constater la ferveur religieuse de tout le peuple marocain, qui me touche personnellement en tant que juif comme l’expression d’une spiritualité forte.C’est dans cet enrichissement mutuel entre le judaïsme et l’islam que se trouvent les véritables ferments du progrès et de la modernité- Parallèlement vous accueillez une conférence sur le judaïsme marocain?- Oui, c’est un volet de la réflexion globale de l’apport des diverses communautés à la construction de l’identité juive moderne, dans le contexte d’un travail universitaire qui essaye de faire la synthèse des diversités dans leur contribution spécifique et dans leur capacité à se fondre dans le même creuset. La conférence organisée par la présidence sur le judaïsme marocain est un événement majeur qui s’inscrit dans un cycle auquel ont déjà participé les communautés issues du judaïsme français, irakien, russe, américain, australien, sud-africain et iranien dont je suis moi-même issu. La contribution du judaïsme marocain est fondamentale dans la construction du monde juif contemporain en Israël et dans le monde entier. En tant que président de l’Etat, permettez-moi de rendre hommage à cette communauté dont l’apport philosophique, talmudique et historique est fondamental. La conséquence logique de l’ensemble de ces analyses nous conduit à les intégrer dans une réflexion sur leur place dans le monde moderne, celui de la globalisation de l’assimilation ou de la permanence de cette spécificité dans divers pays d’accueil comme le Canada, la France ou les Etats-Unis. Le passé est important pour autant qu’il nous éclaire sur l’avenir et le futur de la communauté des Juifs-Marocains. Cette communauté reste très importante, peut-être pas en nombre au Maroc, mais dans sa symbolique de paix et de communion spirituelle avec le peuple marocain et avec l’islam.- Pouvez-vous dire en retour que la ville de Jérusalem sacrée pour les trois religions est un lieu de communion spirituelle?- Je peux le dire sans la moindre ambiguïté: les Lieux Saints de l’islam, de la chrétienté et du judaïsme sont ouverts à tous les peuples, et je voudrais ici adresser en ce jour sacré de Aïd el Fitr une invitation officielle du président de l’Etat d’Israël à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour venir prier à la Mosquée Al Aqsa.Sa venue avec le président de l’Autorité palestinienne sur l’Esplanade des Mosquées dans un esprit de réconciliation pourrait faire un bond à l’Histoire de cette région dans la direction de la paix. Il serait naturel que le fils du Roi Hassan II, que Dieu bénisse sa mémoire, soit aussi l’héritier du combat que son regretté père a mené pour la paix. Nous ne l’oublierons jamais.


    Un arbitre suprême

    En Israël comme en Italie ou en Autriche le président a un pouvoir exécutif limité. “Je suis le chef de l’Etat et je représente le consensus national, au-dessus de l’arène politique. La responsabilité du chef de l’Etat est une responsabilité morale”, souligne Katsav. C’est lui qui, comme un arbitre suprême, décide qui sera nommé Premier ministre et donc qui formera le nouveau gouvernement. Le président ouvre avant cette nomination une série de consultations avec tous les chefs de parti. Il apprécie, jauge et donne les directives en cas de conflit parlementaire. Il peut aussi décider dans une situation de crise de dissoudre le Parlement et donc de renvoyer les partis devant les électeurs. “Si le gouvernement est mis en minorité, le président arbitre comme un juge suprême. Il est le garant des institutions et du bon fonctionnement de l’exécutif”. Le président nomme aussi les ambassadeurs et les hauts magistrats.Propos recueillis par Claude Senouf

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc