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    Economie

    Le futur ex-Odep s’exerce à la concurrence
    Entretien avec Mohamed Benabdeljalil, directeur général de l’ODEP

    Par L'Economiste | Edition N°:2355 Le 06/09/2006 | Partager

    A fin décembre, l’ODEP donnera naissance à deux nouvelles entités, l’Agence nationale des ports et la Société d’exploitation des ports. Les chamboulements seront de taille, notamment en ce qui concerne les prix des prestations. Mais pas uniquement. Les opérateurs portuaires ont trois mois pour tout boucler. Mohamed Benabdeljalil revient sur les tenants et aboutissants de la réforme portuaire. En interne, il s’agira de renforcer la culture client et de raisonner performance et productivité. - L’Economiste: Quels sont les grands chantiers sur lesquels planche l’ODEP ces mois-ci pour se préparer à la réforme?- Mohamed Abdeljalil: La réforme du secteur portuaire objet de la loi 15-02 va opérer une transformation en profondeur du paysage portuaire national. En effet, cette réforme met fin au monopole public exercé par l’ODEP pour la manutention à terre, unifie la chaîne de manutention et introduit la concurrence au sein des ports.Dans cet environnement en mutation, l’ODEP doit relever le défi de l’adaptation au changement. D’une administration qui était un passage obligé pour les clients du port, l’ODEP doit devenir un prestataire de service capable de satisfaire les exigences de ses clients pour ne plus être perçu comme une administration qui prélève des taxes de passage mais comme un fournisseur de services à valeur ajoutée.Par ailleurs, la réforme prévoit notamment que l’ODEP donne naissance à deux nouvelles structures: l’Agence nationale des ports en charge de l’autorité portuaire et la Société d’exploitation des ports en charge des activités commerciales (manutention portuaire, pilotage, lamanage, etc.).Il s’agit donc d’une opération de scission qui est en cours de préparation depuis plusieurs mois et qui touche un ensemble de domaines: patrimoine et finances, organisation, système d’information, ressources humaines, contrats, nouveaux métiers, etc.Tous ces domaines sont aujourd’hui en chantier pour doter ces deux structures des moyens nécessaires à la réalisation des missions qui leur sont dévolues dans les meilleures conditions et ce dès le mois de décembre prochain.. Quelles difficultés rencontre-t-on, notamment par rapport au partage patrimonial?-Les difficultés rencontrées sont celles inhérentes au changement d’environnement ainsi qu’à tout projet de transformation de structure. Pour réussir, il faut l’adhésion de toute la structure. L’ODEP qui s’appuie sur ses compétences managériales et l’assistance d’un cabinet spécialisé a mis en place une équipe de «gestion de projet» ainsi qu’un ensemble d’outils pour gérer les risques, les délais et la qualité des travaux et surtout pour créer cette adhésion qui doit accompagner le changement.S’agissant du partage patrimonial, la loi prévoit effectivement une commission pour la répartition des biens, du personnel et des droits et obligations entre les deux entités. Le décret portant création de cette commission a été publié au B.O. le 10 août. Des travaux préparatoires ont été entamés dès le mois de juin et aucune difficulté particulière n’est rencontrée à ce jour.. La réforme comporte un volet social important. Les salariés de l’ODEP ont-ils des choses à craindre?-Dans un contexte de réforme, l’adhésion du personnel est toujours indispensable. Et lorsqu’il s’agit des ports, la question sociale est encore plus sensible. C’est pourquoi la réforme portuaire a été longuement discutée par le ministère de l’Equipement et du Transport avec les différentes parties prenantes au cours de l’élaboration du texte de loi et, plus particulièrement en ce qui concerne l’ODEP, avec l’ensemble des représentations syndicales en vue de tenir compte de leurs préoccupations.La loi 15-02 garantit d’ailleurs très clairement les acquis des salariés de l’ODEP qui n’ont donc rien à craindre de cette réforme.De plus, un chantier d’accompagnement du changement est ouvert pour assurer une communication interne continue et une appropriation du projet par l’ensemble du personnel.. Envisagez-vous de mettre en place des plans de formation aux nouveaux métiers? Si oui, qu’est-ce que cela coûtera?- Un personnel performant et motivé est indispensable à la réussite de toute organisation, cela est encore plus vraie lorsque l’environnement de cette organisation est en mutation.C’est pour cela que des formations sont en cours d’élaboration à l’Institut de formation portuaire qui relève de l’ODEP, pour permettre au personnel de faire face aux nouvelles missions dévolues aux deux structures.Les principales concernent l’exploitation portuaire pour la prise en charge de la manutention unifiée bord et terre, le volet commercial pour préparer les équipes à l’environnement concurrentiel qui se dessine ainsi que la régulation pour permettre à l’Agence nationale des ports d’exercer son rôle de garant d’une concurrence loyale au sein des ports.. Il s’agit aussi de passer d’une culture de monopole de droit, avec tout ce que cela implique comme comportements, à une culture entrepreneuriale. Quelles méthodes managériales comptez-vous privilégier?- Une culture plutôt administrative devra en effet céder la place à une culture centrée sur la satisfaction du client. Cette orientation client existe depuis longtemps au sein de l’office, il s’agira de la renforcer. Par ailleurs, une plus grande attention devra être portée à la performance et à la productivité des terminaux portuaires qui seront exploités par la société dans un cadre de gestion laissant une grande autonomie aux ports comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui au sein de l’ODEP. Un outil qui pourrait accompagner cette mutation est celui de la gestion par objectif qu’il s’agira d’installer durablement dans les pratiques des équipes de management.. Comment comptez-vous faire face à la baisse des prix envisagée? Il faudra augmenter l’activité pour maintenir les recettes. Comment?- L’unification de la chaîne de manutention permettra une optimisation des coûts d’exploitation. Par ailleurs, un travail d’analyse doit être mené pour détecter et exploiter les gisements d’amélioration de la productivité. Voilà au moins deux sources d’amélioration qui permettront à la société de faire face à la baisse des tarifs qui découlerait de la mise en concurrence des activités portuaires.. Peut-on envisager un plafonnement des prix des services au sein des ports?- Dans un contexte concurrentiel, les tarifs sont fixés par les forces du marché. Dans d’autres cas, lorsque par exemple les infrastructures ne permettent pas la cohabitation de plusieurs concessionnaires, l’Agence nationale des ports pourra fixer des tarifs-plafond au concessionnaire retenu pour préserver les clients du port contre un abus de position dominante. Dans tous les cas, le rôle de régulation de l’Agence s’applique aussi bien aux tarifs qu’aux aspects techniques et économiques des concessions portuaires.Propos recueillis par Amale DAOUD

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