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Le FMI, spectateur du dépôt de bilan de l'Argentine

Par L'Economiste | Edition N°:1169 Le 21/12/2001 | Partager

. La religion du peso fort lié à la parité au dollar a fini par laminer la compétitivité de toute l'économie. Avec le recul, certains experts s'interrogent sur l'utilisation des milliards de dollars rapportés par les privatisations. Même le pompier habituel, le FMI, n'a pu éteindre le feu. Les grandes banques redoutent déjà les conséquencesLa débâcle financière de l'Argentine citée encore en modèle par plusieurs économistes apôtres du “tout-marché” pourrait conforter l'idée lancée il y a quelques semaines par un vice-président du FMI. Un haut responsable de cet organisme, véritable pompier financier international, avait proposé d'étendre aux Etats l'application des procédures de traitement des entreprises en difficulté. En clair, comme cela arrive pour les entreprises en cessation de paiement, placer les pays en difficulté en redressement judiciaire, quitte à confier leur pilotage pour un laps de temps à des experts désignés par leurs créanciers. Pour autant, il est inimaginable d'aller jusqu'à la liquidation, les Etats ne pouvant pas théoriquement être déclarés en faillite. Pour l'instant, les grandes banques internationales (américaines surtout et européennes) doivent se faire du souci en raison de leur très forte implication dans l'économie de ce pays. Elles sont dans l'expectative et les opérateurs augmentent la pression pour que les banques publient le détail de leur exposition sur l'Argentine. Comme son puissant voisin brésilien ou le cousin mexicain, l'essentiel de l'énorme dette extérieure (132 milliards de dollars) de l'Argentine est d'origine privée. Il faudra à ce propos surveiller l'attitude du Trésor américain dans une crise qui pourrait par ses effets avoir des conséquences imprévisibles sur quelques majors de la banque américaine. Sur le vieux continent, ce sont surtout les banques espagnoles et dans une moindre mesure, italiennes, allemandes et françaises qui sont exposées au risque de déstabilisation. Quoi qu'il en soit, la cessation de paiement de l'Argentine raisonne comme un cuisant échec de la stratégie de la dérégulation à outrance dont les chefs de file furent Margarett Tatcher en Angleterre et Ronald Reagan aux Etats-Unis dans les années 80. Dans ce pays, tout ou presque de ce qu'il y avait comme secteur public a été soit privatisé, soit concédé au privé sans état d'âme: ports, aéroports, télécommunications, autoroutes, exploitation du pétrole, etc. Ce pays est aussi connu pour avoir été un des précurseurs des fonds de pension profitant de l'émergence d'une large couche moyenne. Pendant presque dix ans, la politique économique fondée sur l'adoption de la parité du peso-dollar (qui avait laissé pantois plus d'un expert) et une vague de réformes libérales et fiscales avait donné des résultats remarquables. L'inflation qui frôlait les 1000% l'an (vous avez bien lu) était jugulée. La baisse des impôts jouera l'effet d'appel et en quelques années, le nombre de sociétés inscrites au Fisc passera de moins de 100.000 à un million. La confiance revenue, les investisseurs se rueront sur ce pays pour participer aux grandes opérations de privatisation. La politique du peso fort et l'attachement quasi religieux à la parité avec le dollar s'avéreront intenables face à la détérioration de la compétitivité de l'économie du pays. A côté, le voisin brésilien, locomotive économique de la région, n'était pas au mieux. Artisan de ce qui avait été qualifié de “miracle argentin”, Domingo Cavallo, le ministre de l'Economie qui avait terrassé l'inflation et père de l'invention de la convertibilité (parité peso-dollar) jouissait d'un immense crédit auprès de la population. Après quatre années de récession et un chômage de 18,4%, c'est à ce chantre de l'orthodoxie budgétaire (tolérance zéro en matière de déficit) que le président Fernando de la Rua a dû faire appel pour redresser l'économie. Mais à l'évidence, le mal était trop profond. Ses mesures chirurgicales lui attireront la colère de la population. La mise sous tutelle du FMI n'y fera rien. C'est d'ailleurs le refus de ce dernier de verser la deuxième tranche d'une ligne de crédit à l'Argentine pour non-respect du cahier des charges qui aura été l'accélérateur de la “faillite” de ce pays.


Carte de visite

Si l'Argentine est connue pour ses artistes de football et un puissant secteur d'élevage bovin, ce pays a été dans les années 90 un excellent laboratoire du libéralisme conduit par des boys formés dans les universités américaines, Chicago et Stanford. Sur le plan démographique, l'Argentine n'est pas très loin de la taille du Maroc (un peu plus de 37 millions d'habitants), économiquement ce pays est 8 fois plus grand que le Royaume. Selon les estimations de la Banque Mondiale, 1/3 de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté. Outre la classe moyenne qui a été laminée par la crise de ces dernières années, ce sont surtout les populations pauvres qui ont encaissé de plein fouet les effets programmes d'ajustement qui se sont traduits par la réduction des budgets sociaux. La révolte populaire était inévitable aux yeux de nombreux experts. Le gouvernement a présenté sa démission et il se murmure que le président lui-même, le social-démocrate Fernando de la Rua pourrait ne pas survivre politiquement à cette crise. Le produit intérieur brut argentin est de 284 milliards de dollars (chiffres de 2001). Les ressources principales de l'Argentine sont les céréales, la viande bovine, le vin (5e producteur mondial), le pétrole et le gaz. La dette publique du pays est estimée à 132 milliards de dollars. Abashi SHAMAMBA

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