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    Economie

    Le FMI ressort ses recettes

    Par L'Economiste | Edition N°:325 Le 09/04/1998 | Partager

    Le Maroc, en bon élève, reçoit les encouragements du FMI. Cela n'occulte pas pour autant les points noirs. Une occasion de remettre à plat les goulots d'étranglement et prôner plus de libéralisme.


    Résultats satisfaisants mais peut mieux faire. C'est en ces termes que peut se résumer l'évaluation par le Fonds Monétaire International (FMI) des perfor-mances annuelles réalisées par le Maroc. Un rapport qui sort à point nommé à plus d'un titre. Le document dresse l'état des lieux au moment où la nouvelle équipe arrête les grandes lignes de son programme et avant le bouclage de la prochaine Loi de Finances.
    De plus, en mettant en avant les efforts déployés ces dernières années, le Fonds contribue à l'amélioration de l'image de marque du pays. Selon les milieux financiers internationaux, la perception du Maroc est d'ailleurs jugée globalement positive et l'avis du FMI devrait venir appuyer l'appréciation des investisseurs potentiels.
    En fait, le regain d'intérêt pour le Maroc émane essentiellement des investisseurs en portefeuille, si l'on en juge par la fréquence des renseignements demandés et des visites rendues par les gestionnaires étrangers.

    Il faudra aller plus loin dans les réformes pour attirer les inves-tisseurs directs étrangers. "Et là c'est plutôt le bilan social qui handicape le Maroc", précise un gestionnaire de fonds. Bien sûr, les promoteurs étrangers sont sensibles à la simplification des procédures, aux délais de mise en route des projets, aux incitations fiscales. A ce niveau, bien des efforts restent à déployer.
    Mais sont également déterminants le taux d'alphabétisation de la main d'oeuvre et les disparités sociales. Or, c'est dans ces domaines que la situation du Maroc est jugée préoccupante, sachant que les pays voisins et concurrents ont effectué des avancées notables. "En définitive, que peut-on attendre à long terme d'un pays dont 50% de la population est analphabète et 13% vit avec moins de 300 Dollars par an?", s'interroge un analyste.
    De l'analyse des performances réalisées durant l'exercice 1996/1997, le FMI ressort les acquis à ne pas gaspiller tout en insistant sur les mêmes maux qui rongent l'éco-nomie marocaine depuis plusieurs années déjà.

    Le dialogue social sur la sellette


    Bon point pour la maîtrise du déficit budgétaire et du compte courant et pour la baisse du taux d'inflation. Mais il ne faut pas pour autant lâcher la bride, rappellent les experts. Les dépenses publiques devront être davantage comprimées.
    Le Fonds voit d'ailleurs d'un mauvais oeil l'engagement pris par le précédent gouvernement lors du dialogue social d'augmenter les salaires des fonctionnaires. Pas d'autre choix pour l'équipe actuelle que de drainer de nouvelles recettes via la fiscalité indirecte. A ce niveau, le FMI loue l'efficacité croissante de l'administration fiscale. Le système de compensation doit suivre la même voie pour octroyer une aide plus ciblée.
    Autre indicateur fortement suivi: les réserves de change. Elles couvrent 5 mois d'importations. Pas de quoi pavoiser, car des pays concurrents tels que l'Egypte ou le Liban font beaucoup mieux en dégageant des réserves de 14 et 10 mois d'importations respectivement.
    En outre, deux handicaps majeurs sont réitérés par les experts du FMI. D'un côté la forte volatilité du PIB du fait des aléas climatiques. "Fait inconcevable pour une économie dite émergente qui ambitionne d'intégrer la zone de libre-échange de l'Union Européenne", commente un analyste financier.

    De l'autre, le poids excessif de la dette extérieure dans le PIB. "Avec un taux avoisinant 58%, l'endettement du Maroc reste trop élevé par rapport aux standards internationaux qui gravitent autour des 30%", souligne le même analyste.
    Autre point noir: un taux de chômage de près de 17,5%. Pour alléger le fléau, pas de miracle. Le Fonds recommande les recettes classiques: libéralisation des prix et flexibilité du marché du travail via l'adoption d'un nouveau code de travail. Les seuls moyens d'engager une réaffectation des ressources en faveur du secteur privé et d'améliorer durablement la compétitivité des entreprises. Le FMI comme la Banque Mondiale réclament l'abrogation du Smig.

    Mouna KABLY


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