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Economie

Le financement change le rapport de forces

Par L'Economiste | Edition N°:300 Le 16/10/1997 | Partager

Pourquoi l'Irlande est-elle passée en dix ans d'un pays que les capitaux irlandais fuyaient à la zone qui reçoit le plus d'investissements? Parce qu'elle a révolutionné ses infrastructures.


L'IRLANDE ne sera pas au menu du séminaire de l'Amicale des Ingénieurs des Ponts et Chaussées, les 30 et 31 octobre prochains à Rabat(1). Mais c'est l'Irlande qui sert aujourd'hui de référence aux décideurs politiques européens en particulier et occidentaux en général. L'Irlande a reçu un énorme soutien financier de l'Union Européenne, laquelle reproduit le schéma dans l'Espagne du Sud. En Andalousie, les transformations sont déjà visibles à l'oeil nu, sans qu'il soit besoin de connaître l'élévation de l'investissement: amélioration de l'habitat, élévation des standards de vie...
A l'échelle des nations, comme en Irlande, ou à l'échelle de la région, comme en Andalousie, les mêmes causes produisent les mêmes effets: des infrastructure cohérentes soutiennent le développement des entreprises comme l'élévation du niveau de vie. Mais c'est à coups de milliards de Pésètes et de millions de Livres que ces chantiers sont lancés. Exactement, ce qui ne se trouve pas dans les caisses de l'Etat marocain. Non seulement, le Maroc ne peut pas compter sur l'aide de l'UE dont il n'est pas membre, mais en plus, de l'essentiel de son Budget va au paiement des fonctionnaires puis au remboursement de ses dettes.
Néanmoins, le séminaire de l'Amicale est placé sous le Haut Patronage de SM le Roi. Ceci montre l'importance donnée aux infrastructures et à leurs conséquences, la productivité des entreprises et le développement régional.

Il a été beaucoup dit et écrit sur les développements contemporains de financements alternatifs. Moins analysées ont été les transformations de comportements qui se produisent de gré ou de force à cause des changements dans les financements.
Avant les grandes crises financières des Etats, à la fin des années 70 et début des années 80, le schéma de décision était fort simple: l'Etat récolte de l'argent sur les contribuables, passe commande de grands chantiers et livre au public et aux entreprises des équipements de services. Le contrôle démocratique est pure formalité tandis que les entreprises du secteur n'ont qu'un seul interlocuteur, l'Etat à travers les fonctionnaires qui préparent et passent le marché et qui payent ensuite les travaux. Les entreprises privées ou publiques sont organisées selon ce modèle de décideur unique et toutes entières tournées vers lui.
Mais avec des poches vides et des contribuables rebelles, l'affaire se complique singulièrement. Il faut d'abord laisser passer le moment de stupeur, où les décisions sont très largement paralysées. Pourtant, et à l'exception du «petit port» méditerranéen dédié au trafic de drogue et à la contrebande, seul l'Etat est capable de parler sérieusement d'infrastructures. Donc, pour surmonter la stupeur, il faut partir en chasse aux fameux financements alternatifs.

Mais le paysage a changé, et à tous les niveaux. Il faut apprendre à calculer et argumenter précisément les niveaux de rentabilité, là où il suffisait de dire «ça coûtera tant». Il faut le faire avec les parlementaires et surtout avec les bailleurs de fonds. Ces derniers, forts du pouvoir de leur argent, négocient alors comme des conditions sine qua non, ce qui autrefois serait apparu comme des renoncements de souveraineté. Et les financiers du pays ne sont pas moins fermes que les étrangers. Pour les entreprises, la révolution est de la même ampleur, même si au Maroc peu l'ont vraiment perçue. Du monde resserré sur le donneur d'ordre, les entreprises passent à un univers très ouvert, peuplé de personnages nouveaux pour elles: à côté des bureaux d'études techniques surgissent les conseils financiers, les juristes...; à côté des fonctionnaires, c'est l'opinion publique, le marketing, la gestion d'image... qui se dressent, font et défont les réputations comme les marchés. Autant de nouveautés que les entreprises marocaines n'ont pas encore commencé à explorer bien qu'elles aient eu sous les yeux les deux énormes contrats de Jorf et de la Lyonnaise.

Nadia SALAH

(1) Les ingénieurs fêtent à cette occasion le 250ème anniversaire de leur école parisienne. Ils ont d'ailleurs fait jouer le réseau international des anciens pour attirer des conférenciers de haut niveau, d'un peu partout dans le monde.

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