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    Tribune

    Le Directeur des Ressources humaines : Un homme de confiance plus qu'un professionnel

    Par L'Economiste | Edition N°:85 Le 24/06/1993 | Partager

    Tous les cadres d'entreprise affichent technicité et professionnalisme. Le savoir valorise, marque le territoire. Une fonction qui influe sur tant d'autres est celle de la gestion des ressources humaines. Un praticien affirme, à contre-courant, que la confiance prime.

    Les anciens chefs du personnel, appelés de nos jours Directeurs des Ressources Humaines (D.R.H) ou Directeurs des Relations Humaines, étaient d'abord des hommes de “confiance” (jouissaient de la confiance du patron). Parmi les hommes de confiance qui existaient, les comptables partaient favoris, car ils devaient assurer l'exécution et le contrôle de la paie.

    Par la suite, avec d'une part l'obligation de la législation de respecter certaines conditions de forme (dans les opérations d'embauche ou d'extinction des contrats), et d'autre part en raison de la position des juridictions sociales, peu favorables aux employeurs, la fonction “Personnel” devait être alors dévolue à des juristes. Il s'agissait de réglementer les relations de travail et veiller à leur conformité aux lois et jurisprudence en vigueur.

    Certaines sociétés au Maroc (par exemple des multinationales) ont eu recours aux services d'anciens inspecteurs de travail pour assurer cette fonction. L'association professionnel, AGEF (Association des Gestionnaires et Formateurs du Personnel), compte parmi ses membres ou adhérents plusieurs juristes ou lauréats de la Faculté de Droit.

    Actuellement, la fonction DRH, est au coeur de plusieurs débats. Le rôle qu'elle doit jouer au sein des entreprises est en question.Certains “patrons” composent volontiers et quotidiennement avec elle, d'autres d'une manière circonstancielle, essentiellement en période de crise.

    Quel profil?

    Qu'en est-il aujourd'hui du profil du Directeur des Ressources Humaines? Doit-il être un juriste, un psychologue ou tout simplement un professionnel?
    “Un professionnel (Cf B. Galambaud, auteur du livre “Des hommes à gérer”) est un individu qui a, pour univers de référence, sa profession et non l'entreprise pour laquelle il oeuvre”.
    Ce genre de profil nous pouvons le trouver de nos jours au sein de plusieurs entreprises multinationales et même nationales où la Direction des Ressources Humaines a cautionné des systèmes importés “clés en main”. Ils sont appliqués d'une manière “brute”, sans tenir compte de nos traditions ni de notre culture, pour s'apercevoir plus tard que celle-ci (notre culture) est très riche d'enseignements modernes et pratiques qui ne demandent, pour être mis en valeur, qu'un tout petit effort de “marketing” ou de “display” (voir l'exemple japonais).

    Le savoir utile

    Pour B. Galambaud, une profession pour exister a besoin au moins de deux conditions.
    La première est l'existence d'un savoir spécifique d'accès non aisé. Aujourd'hui, les institutions d'enseignement dispensent de telles formations spécialisées (En France depuis plus de 20 ans). Le responsable du personnel est-il un spécialiste au savoir particulier? “La fonction Direction des Ressources Humaines exige beaucoup plus. Le savoir utile à l'accomplissement de cette mission est éclaté en diverses disciplines. L'homme du personnel appuie son action sur des éléments de psychologie, il intègre dans son raisonnement des données de sociologie, il recourt fréquemment aux sciences juridiques”.
    La seconde condition d'existence d'une profession est la possibilité pour ses membres d'un développement de carrière en son sein. Sans cela il n'y a pas de professionnalisation possible. Chaque fois qu'une entreprise “parachute” comme directeur du personnel un cadre venant d'une autre fonction, elle porte un coup à la professionnalisation. Dans certaines entreprises au Maroc, des hommes et des femmes remplissent cette fonction par accident et non pas par vocation ou formation.

    Loin de cette polémique autour de la fonction de Directeur des Ressources Humaines (est-il juriste, professionnel ou autre) que demande un chef d'entreprise à son Directeur des Ressources Humaines?
    En premier lieu, une connaissance du terrain, “du pays”. Rarement, cette fonction est remplie par un non-Marocain. Ceci est vrai d'ailleurs dans d'autre pays où seuls les “autochtones” sont habilités a assurer cette fonction.

    Soupape de sécurité

    En deuxième lieu, le chef d'entreprise demande beaucoup plus un savoir-faire qu'une véritable formation spécifique ou de type scientifique. Le chef d'entreprise demande à son Directeur des Ressources Humaines un véritable travail de prévention, des réflexes mesurés pour régler les divers problèmes sociaux dès leur naissance ou les prévenir. Il lui demande d'agir en “soupape” de sécurité et d'intervenir avec doigté et diplomatie dans les relations à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise (CNSS, syndicat, inspection du travail, autorités locales). Pour B. Galambaud, “les qualités que les dirigeants d'entreprise demandent à l'homme du personnel s'apparentent plus à celles que l'on demande à l'homme politique que qu'à celles que l'on demane au savant. L'homme du personnel est d'abord un homme d'action, il n'est pas d'abord un homme d'étude. L'homme d'action doit agir entre des contraintes. Il doit, pour agir, chercher des compromis entre les positions des uns et des autres. Pour lui, les options de chacun sont du domaine du négociable. L'homme du personnel a plus à chercher des solutions que la vérité”.

    Le dirigeant marocain demande souvent à son directeur des Ressources Humaines de faire preuve de plus de réalisme et d'expérience, pour bénéficier de sa confiance.
    Cette confiance que l'on exige du Directeur des Ressources Humaines soit “Super man” ou un intellectuel confirmé, mai tout simplement qu'il adhère aux idées du “patron”, aux principes et règles qui régissent le management au sein de l'entreprise.
    “Plus que de savoir, on demande au Directeur des Ressources Humaines de croire. C'est cette croyance partagée qui est perçue par le chef d'entreprise comme le gage de fidélité de l'homme du personnel à son égard”, (B. Galambaud). Résultat, on efface tout et on recommence. Le Directeur des Ressources Humaines n'est pas un professionnel, ni un juriste ni un psychologue, c'est d'abord un homme de confiance!

    - Membre du Comité Directeur de l'AGEF

    - Enseignant de GRH à l'Institut Marocain de Management

    - Directeur des Ressources Humaines à Jordache.

    Un professionnel est un individu qui a, pour univers de référence, sa profession et non l'entreprise pour laquelle il oeuvre.

    L'homme d'action doit agir entre des contraintes. Il doit, pour agir, chercher des compromis entre les positions des uns et des autres. L'homme du personnel a plus à chercher des solutions que la vérité.

    Par Bachir Boularbah*

    *- Lauréat de la Faculté de Droit

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