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Affaires

Le DG de la CNSS au Club de L’Economiste
Assurance maladie: Les doutes ont été dissipés

Par L'Economiste | Edition N°:2653 Le 16/11/2007 | Partager

. Les agences deviennent des points de service clientèle. Délai moyen de remboursement : 18 à 30 joursBien qu’au départ la capacité de la CNSS à gérer l’AMO suscitait des appréhensions, voire des doutes, l’expérience a démontré qu’un an et demi plus tard, « l’organisme a su réussir le challenge, celui de piloter le régime de l’assurance obligatoire», se félicite Saïd Ahmidouch, directeur général de la CNSS. Ce sont aujourd’hui 2,8 millions de personnes (du secteur privé) qui bénéficient de la couverture médicale. Il s’agit à présent pour la Caisse d’élargir cette couverture. Les opérations musclées qui ont été menées auprès des entreprises n’ayant pas donné les résultats escomptés, le directeur général expose le choix d’orientation de la stratégie de la CNSS aujourd’hui. Pour réussir l’extension, la stratégie consiste à dialoguer avec les affiliés et consiste aussi en une meilleure qualité de services. La CNSS se doit d’être suffisamment attrayante pour que l’adhésion des entreprises devienne évidente et durable. L’AMO, c’est aujourd’hui 341.941 dossiers déposés et près de 8 milliard DH de frais financiers engagés (voir tableau).La mise en place d’un système d’information fiable est l’élément indispensable d’après la direction, pour assurer un service attractif pour les entreprises. Parmi les dispositifs, un numéro d’appel fonctionnant 24h/24, la désignation d’un interlocuteur auprès des entreprises déclarant 50 salariés et plus, sans oublier le portail. Le tout répond au souci de proximité, dématérialisation et diminution du nombre d’interlocuteurs. Un projet de connexion en ligne entre professionnels de santé avec la caisse est aussi en cours. En proposant des solutions efficaces et novatrices, la caisse pourra prétendre concurrencer les compagnies d’assurance. Par ailleurs, les attributions des agences CNSS ont évolué, celles-ci sont passées de simples bureaux de réception à de véritables centres de traitement des dossiers, signale le directeur général. Ce sont les agences qui procèdent à toutes les vérifications. Le suivi est ensuite réalisé par le siège. Passé le contrôle interne, le contrôle médical et la liquidation, le dossier est archivé. Les délais de traitement des demandes de prises en charge sont de 18 à 30 jours, la caisse s’étant fixé comme objectif d’écourter ces délais. Les conditions d’accès aux prestations AMO sont sujets à discussion car ils peuvent jouer en défaveur des salariés saisonniers si ceux-là mêmes ne font pas l’objet d’une déclaration de la part de leur employeur. Ce droit est déterminé par la justification de 54 jours de déclaration et un délai de stage de 6 mois de cotisations. Sur les 3,3 millions de personnes éligibles ( du secteur privé) c’est-à-dire déclarées au moins une fois à la CNSS et qui ont un numéro d’immatriculation, 2,8 millions seulement peuvent prétendre aux prestations de l’AMO puisqu’ils répondent aux conditions requises. Au sujet des aménagements tarifaires et du périmètre des prestations, la CNSS se dit ouverte à toutes propositions émanant des représentants des professionnels de la santé. Les deux parties tentent de revisiter certains aspects dans le cadre des conventions nationales. «Nous ne sommes pas réticents à ces renégociations», fait remarquer Ahmidouch. Une extension de la liste des médicaments admis au remboursement est d’ailleurs proposée aux autorités pour atteindre 2.300 à 2.400 médicaments au lieu de 1.650 aujourd’hui.


Remboursement: tout est relatif

La distinction dans le taux de remboursement du panier de soins de l’AMO entre le secteur public et privé s’explique par la volonté des autorités de soutenir le secteur public: 70% pour le secteur privé, 90% pour les malades nécessitant des soins de longue durée ou coûteux lorsque les prestations sont dispensées dans les établissements publics de santé. Ce n’est pas l’unique raison qui incitera les patients à privilégier pour autant les établissements publics aux privés, tempère le directeur général de la CNSS. D’autres considérations entrent en jeu notamment la qualité des soins, l’amélioration de l’environnement médical, etc. Cette distinction tient aussi à la différence des tarifs. Il est évident que 90% de 100 dirhams restera toujours inférieur à 70% de 300 dirhams. Même si le taux de remboursement est plus élevé dans le public, financièrement, l’assurance maladie débourse une facture élevée dans le privé malgré un niveau de remboursement plus bas.


Les polycliniques

La décision de lancer un appel d’offres pour la gestion des Polycliniques a été motivée par un certain nombre d’éléments. «Nous ne pouvions être à la fois assureurs et gestionnaires d’une unité médicale. Ce sont deux métiers différents», indique Ahmidouch. Par ailleurs, la multiplication des cliniques privées de qualité a entaché l’activité des Polycliniques: baisse du nombre de patients et de la qualité de services. L’opérateur qui reprendra la gestion des polycliniques devra justifier à la fois d’une assise financière et d’une expertise en matière de gestion d’unité médicale. Sur les 9 candidats au départ, 4 ont été retenus. Au terme de l’appel d’offres un Français s’est désisté, ayant fait l’objet d’une OPA. Il ne reste qu’un groupement hispano-marocain avec lequel les discussions seraient très difficiles.Jihane KABBAJ

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