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Economie

Le déficit électrique et les entreprises : Les pannes grèvent les coûts de production

Par L'Economiste | Edition N°:83 Le 10/06/1993 | Partager

Afin de quantifier les répercussions des coupures d'électricité sur les entreprises, l'Economiste a effectué un sondage auprès de 15 unités industrielles.

Les délestages varient pour le secteur industriel en fonction de sa situation géographique. Les régions industrielles de Casablanca, de Mohammédia et dans une moindre mesure celle de Fès sont les plus affectées, car elles englobent les plus grands consommateurs.

Cependant, les industries se trouvant à proximité des regroupements d'habitations sont moins affectées.

Les délestages surviennent entre 17h et 22h, un jour sur deux en moyenne. Ils se produisent également le matin entre 8h et 10h ou dans le courant de l'après-midi. Lorsque des incidents interviennent au niveau des groupes des centrales thermique, certaines usines sont privées d'électricité toute la journée.

Des industriels expriment des regrets : malgré les réductions de la charge appelée de 50% durant les heures de pointe, il y a encore des coupures. D'autres reprochent à l'ONE son imprécision concernant la durée des coupures, quand elles sont annoncées.

Pour les fonderies, lorsque les coupures d'électricité surviennent au moment de la fusion, tout le garnissage du four est à refaire. Ceci nécessite généralement 3 à 4 heures.

La fusion dure généralement 8 heures. Pour les jours où la fusion est programmée, certaines fonderies débutent le travail à partir de 6h du matin. Le but est de terminer le processus avant 17h, heure durant laquelle les délestages sont plus fréquents.

Des problèmes de sécurités ne sont pas exclus, d'après les directeurs techniques, même si les société contactées n'en ont encore jamais vécu.

Le principal risque, au niveau de la fonderie, est que la presse soit dans son mouvement de descente au moment du délestage. Elle peut alors tomber brutalement entraînant des casses au niveau du matériel et éventuellement des accidents de travail.

Le traitement des matières premières est également affecté puisque celles-ci se colmatent, en cas d'arrêt intempestif.

Au niveau du secteur de l'agro-alimentaire, les conséquences des délestages se situent principalement au niveau des rebuts de production. Pour une usine de jus de fruit, la perte oscille entre 30.000 et 50.000 DH pour chaque coupure.

Le nettoyage des machines nécessite une demi-heure à trois quatre d'heure. Leur redémarrage nécessite une consommation importante d'électricité.

Pour une société de torréfaction de café, la production rebutée est évaluée à 20.000 DH pour chaque coupure imprévisible. Le principal problème technique qui se pose est le risque d'incendie. En effet, les systèmes de sécurité ne fonctionnent plus, alors que la température des fours est de 200°C.

Pour les industries pharmaceutiques, le problème réside essentiellement au niveau des équipements de stérilisation. La plupart de ces industries sont équipées en groupes électrogènes pour assurer en continu la stérilisation de leurs équipements. Les laboratoires les plus affectés par les coupures d'électricité préfèrent commencer tôt le matin le processus de production afin de ne pas avoir à redémarrer leurs machines.

Au niveau des industries de transformation légère où le processus de production est simple, tel que le textile ou les équipements électriques, la principale conséquence des délestages est relative à la diminution de la productivité et les perturbations des délais de livraison.

Des unités contactées avancent que près de 500 personnes sont payées alors que la production est à l'arrêt et qu'elles doivent revenir les week-ends afin de rattraper les retards de production. En cas de coupures imprévues, les salariés mensualisés sont toujours payés. Les salariés horaires, quant à eux, ne le sont pas. En cas de coupure programmées les sociétés récupèrent généralement le temps perdu. Les réactions du personnel sont partagées : en fonction des entreprises, certains protestent, d'autres se montrent plus compréhensifs.

Les usines qui emploient en exclusivité du personnel masculin ne rejettent pas l'éventualité de travailler la nuit. Pour d'autres, dont le processus de production est complexe, le travail de nuit n'est pas envisageable, l'encadrement ne pouvant pas travailler la nuit. En effet, il serait incapable d'assurer ses fonctions 24h/24, puisqu'il est appelé à maintenir ses relations avec "le monde extérieur" durant la journée.

Pour les usines qui travaillent de manière continue, les délestages ne peuvent que constituer des pertes sèches, irrécupérables.

L.T.

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