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Entreprises

Le cri d'alarme des industriels

Par L'Economiste | Edition N°:716 Le 02/03/2000 | Partager

· Un chiffre d'affaires en stagnation à cause du recul des exportations
· Régression, pertes de marchés, fermetures d'usines


Après la croissance fulgurante (souvent à deux chiffres) qu'a connue le secteur du textile et de l'habillement entre 1986 et 1990, le voilà qui enregistre des baisses notoires de productivité. En 1999, c'est pire. Il est difficile de parler de croissance alors que le secteur affiche un score de 0,4%, soit une stagnation quasi totale des exportations. Le chiffre d'affaires du secteur avoisine les 24 milliards de DH, sensiblement le même que celui réalisé l'année précédente.
"Jamais ce secteur, qui représente tout de même 30% des exportations et 23% des investissements, n'a affiché une telle contre-performance", s'inquiète M. Abdelali Berrada, directeur général de l'Association Marocaine des Industries du Textile et de l'Habillement (Amith). Pour l'Association, les raisons de sa vulnérabilité sont multiples. D'une part, la contrebande qui s'officialise sans que les pouvoirs publics s'en offusquent et d'autre part une baisse des commandes constatée au niveau de toute la filière. "La contrebande met à genoux l'industrie, et seule une décision politique est capable de l'endiguer", souligne-t-il.
Pour M. Nadir Guarrab, vice-président de l'Association Maroc Compétitif, chargé de la grappe Textile-Habillement, "le détournement des donneurs d'ordre étrangers vers d'autres pays est essentiellement dû à la perte de l'avantage comparatif (coût/minute) du Maroc au profit des pays asiatiques". L'augmentation des facteurs de production (énergie, coût de l'argent, pression fiscale...) et le manque d'intégration du secteur, rendent le produit marocain plus cher et moins compétitif.
Pis encore, selon l'Amith, l'appréciation du Dirham désavantage considérablement les industriels. Toutes les entreprises qui ont investi dans les nouvelles technologies afin de développer leur compétitivité et faire face à la globalisation sont aujourd'hui handicapées par les pertes de change. Les produits marocains sont alors 10 à 15% plus chers que dans les pays concurrents. Au niveau international, les prix sont à la baisse, alors qu'au Maroc ils augmentent. Les industriels se prononcent ouvertement pour une dévaluation du DH.
Mais ce ne sont pas les seuls outrages que subit le secteur. Dans une atmosphère perturbée, les conflits sociaux font rage et menacent des fleurons de l'industrie du textile. Décathlon, un des plus importants donneurs d'ordre étranger, subit des dommages irréparables depuis quelque temps puisqu'il n'arrive pas à récupérer ses marchandises disséminées çà et là dans des entreprises marocaines. Certaines comme Sicosset, ont même baissé le rideau. D'après les confectionneurs, une rupture de l'activité, ne serait-ce que d'une semaine, entraîne irrémédiablement des pertes de marchés, de commandes et de marges souvent irrécupérables.
C'est sur la base de ce diagnostic que l'Amith a proposé, l'été dernier, des solutions à moyen terme dans le contrat-programme, pour "endiguer l'hémorragie". Mais de commissions en discussions, il traîne toujours.


Contrecoup


L'industrie textile, hier encore surprotégée, se trouve aujourd'hui en proie à un processus de libéralisation et d'intégration inexorable, qui accroît déjà les difficultés des entreprises non compétitives.
En pratique, cette intégration se traduira pour l'industrie par l'élimination des préférences dont elle jouissait vis-à-vis de l'Europe, se trouvant ainsi reléguée au même rang que les pays d'Asie. L'entrée en vigueur de l'accord de libre échange conclu entre le Maroc et l'Union Européenne fera subir aux entreprises un lourd impact, surtout en amont. Le contrecoup de cette ouverture entraînera des restructurations profondes du secteur avec de douloureuses conséquences sociales.o

Radia LAHLOU

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