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Le Crédit Jeunes Promoteurs: Réussite mitigée

Par L'Economiste | Edition N°:602 Le 24/09/1999 | Partager

· 32% de taux d'échecs pour les crédits jeunes promoteurs. A fin juin 1998, le nombre de dossiers concernés par les créances impayées se monte à 1.500 sur un total de 7.206

Dix ans après la mise en place du Crédit Jeune Promoteur, le programme connaît un taux d'échecs considérable.
Sur 7.206 dossiers, 1.500 sont en difficulté de paiement, soit 32% de taux d'échecs en dix ans.
Au terme de l'exercice 1998, le montant global des encours de la part de la Banque Centrale Populaire (BCP), qui est l'institution financière la plus active dans ce domaine, s'élève à 738 millions de Dirhams.
Selon le rapport annuel de la BCP, les encours non échus se montent à 627 millions de Dirhams, les impayés à 34 millions de Dirhams, soit 5,5% et le compromis à 76 millions de Dirhams, soit 10%.
Pour les banques, c'est l'incompétence et le manque de sérieux des jeunes entrepreneurs qui ont entraîné cet état de choses.
"Il faut un minimum d'expérience et une formation adéquate pour qu'un jeune entrepreneur puisse mener à bien son projet", souligne M. Mohamed Larbi Rekiouak, directeur de la Division du Marché des Particuliers et des Professionnels à la BCP.
Pour le Syndicat National des PME-PMI et Jeunes Promoteurs, ce n'est pas proprement dit un échec, mais plutôt un essoufflement.
Depuis sa mise en place, le programme aura permis la création de près de 5.600 projets présentés par 6.240 promoteurs ayant tout de même généré 23.500 emplois.

Une répartition à revoir


Relativement à l'exercice 1998, le nombre de projets financés a été de 465 projets créateurs de plus de 1.000 emplois. L'encours des crédits au 31 décembre 1998 correspond à 2.284 millions de DH, soit un additionnel de 217 millions de Dirhams et 10,5% d'accroissement.
Pour cet organisme, c'est plutôt la répartition des crédits qui est à revoir. "Les professions libérales se sont taillé la part du lion. Prenons l'exemple des professions médicales, elles occupent le premier rang avec 56%, soit 3.203 promoteurs pour des prêts de 499 millions de DH pour la part banque et 787 millions de DH pour la part de l'Etat", commente M. Moncef Kettani, secrétaire général du Syndicat National des PME-PMI et Jeunes Promoteurs.
Quant aux industries mécaniques, métallurgiques et électriques, elles viennent en deuxième position avec 14%, soit 852 promoteurs. Les services avec 13%, soit 752 promoteurs. Les autres professions libérales avec 9%, soit 562 promoteurs.
Toutefois, face à ces chiffres, le taux de 32% des créances en souffrance fait tache d'huile.
Mis en place à l'origine pour la création d'une plus-value ainsi que pour être générateur d'emplois, le Crédit Jeunes Promoteurs a eu beaucoup de difficultés en cours de route.
Difficile de connaître les causes de cet échec. Banques et jeunes entrepreneurs se renvoient la balle.
Pour les premiers, c'est l'incapacité des jeunes entrepreneurs à gérer leur projet qui a entraîné ces résultats. Les promoteurs, quant à eux, clament haut et fort que les banques sont aussi à mettre au banc des accusés.

Taux d'intérêt élevés


"Même si les taux d'intérêt ont baissé à 12%, celui concernant les crédits jeunes promoteurs est maintenu à 9% depuis 1988. Quant à l'Etat, il a baissé son taux d'intérêt de deux points, passant ainsi de 7 à 5%", reproche M. Kettani.
"Les banques devraient fournir des efforts pour que le programme reprenne du souffle", ajoute-t-il.
Un appel qui n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, puisqu'une réflexion est en cours à ce propos entre le Ministère des Finances et le GPBM.
Cependant, les jeunes promoteurs ne reprochent pas seulement aux banques leurs taux élevés. Le délai de déblocage des fonds est aussi à mettre dans la balance.
"Le délai pour avoir le crédit varie normalement entre 10 et 15 jours, mais parfois plus; les banques prétendent que c'est le déblocage des fonds de l'Etat qui prend le plus de temps (deux ou trois mois), alors qu'elles le gardent pour que le promoteur se trouve obligé de contracter auprès d'elles un crédit relais", précise Mlle Mouna Sijelmassi, à la tête d'une unité de textile depuis bientôt six ans.
Après avoir eu l'accord de principe pour le crédit, cette jeune femme a pris possession des 45% qui représentent la part des banques. Les 45% qui reviennent à l'Etat, elle ne les a eus que beaucoup plus tard.
"Heureusement que j'ai pu réunir une somme pour faire marcher mon entreprise". "Sinon c'est l'engrenage, le jeune promoteur se trouve acculé à prendre un crédit relais, quand il reçoit les 45% de l'Etat, il utilise ce capital pour rembourser le crédit bancaire, et ainsi de suite...", ajoute Mlle Sijelmassi.
Accusation que les banquiers rejettent en bloc. "Le déblocage de la part de l'Etat prend un peu plus de temps, c'est pourquoi le retard existe", rétorque M. Ahmed Ouazzani, responsable Communication à la BCP.
"Les jeunes entrepreneurs manquent d'expérience et ne disposent pas de la formation adéquate pour mettre sur pied leur projet", ajoute-t-il.
Chose que confirme M. Kettani. "Après l'octroi du crédit, les jeunes promoteurs se trouvent livrés à leur propre sort, d'autant plus que la plupart d'entre eux n'ont aucune expérience dans la gestion", soutient M. Kettani. "C'est pourquoi il serait préférable que l'expérience figure parmi les conditions sine qua non à l'octroi des crédits jeunes promoteurs", ajoute-t-il.


Amendement non respecté


Fin juin, le Syndicat National des PME-PMI et Jeunes Promoteurs a réussi à convaincre le Ministère des Finances de donner un délai supplémentaire (jusqu'au 1er janvier 2000) aux jeunes promoteurs qui n'arrivent pas à rembourser leurs créances.
L'amendement a été accepté et est sorti au Bulletin Officiel daté du 1er juillet 1999.
Cet amendement stipule que "les entrepreneurs et jeunes promoteurs bénéficiaires de prêts conjoints prévus par les lois n° 36-87, 13-94 et 14-94 telles que complétées ou modifiées sont exonérés du paiement des intérêts de retard à condition qu'ils acquittent avant le 1er janvier 2000, en principal et en intérêts normaux, le montant des créances exigibles au titre desdits prêts. Au cas où les intéressés ne peuvent s'acquitter dudit paiement. Il peut être procédé au rééchelonnement de leurs dettes après accord de l'autorité gouvernementale chargée des finances sur demande formulée par eux avant le 1er janvier 2000".
Le CNJE avait même prévu de faire un mailing pour prévenir les jeunes promoteurs en difficulté des dispositions à prendre.
Le 7 juillet, il y a eu signature d'un PV entre le Ministère des Affaires Générales et le Ministère des Finances pour arrêter les ordres de saisie et de mise en liquidation.
Qu'elle ne fût la surprise des quelques promoteurs en recevant, quelques jours plus tard, la visite de percepteurs avec des lettres de saisie.
"Pour nous, la seule explication c'est que le Ministère n'a pas appliqué la loi", précise M. Kettani.
Deux lettres ont été adressées à ce propos, la première datant du 6 septembre à la Primature et la deuxième, datant du 9 septembre, au Ministère des Finances.
La réponse ne s'est pas faite attendre. Une réunion est prévue aujourd'hui même entre le Ministère des Finances et les parties concernées pour discuter des modalités d'application dudit amendement.

Fedoua TOUNASSI

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