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Politique

«Le consensus tue l'efficacité»Entretien avec Abderrahim Lahjouji, fondateur de Forces Citoyennes

Par L'Economiste | Edition N°:1140 Le 09/11/2001 | Partager

Le nouveau parti tient son assemblée générale le 10 novembre après avoir été interdite en juin dernier- L'Economiste: Précédemment, on a vous interdit de créer votre parti. Qu'en est-il maintenant?- Abderrahim Lahjouji: Je souhaiterais juste apporter une précision. L'interdiction du 23 juin ne concerne pas une autorisation de création de parti, mais la tenue d'une réunion de sensibilisation. Je déplore que les autorités locales se soient manifestées d'une manière aussi négative et inattendue. Aujourd'hui, nous avons déposé une demande de création de parti sous forme de demande de réunion conformément à la loi. Nous avons reçu un accusé de réception, ce qui équivaut à une autorisation pour tenir notre assemblée générale. - Pourquoi aviez-vous eu autant de réticences au départ?- Nous n'avons jamais reçu de réponse précise ni d'explication technique, et encore moins juridique.C'est pour cela que je qualifie personnellement cette interdiction de maladresse. Il s'agissait probablement d'un dysfonctionnement des autorités locales, ayant conduit à un manque de respect des droits les plus élémentaires. Ceci est maintenant largement dépassé. - Qu'attendez-vous de votre assemblée générale du 10 novembre?- C'est une réunion qui a pour but de formaliser la naissance du parti et permettre aux fondateurs de créer un cadre institutionnel légal. C'est à partir de cette assemblée que nous devrons mettre en chantier la mise en place des instances du parti, que ce soit sur le plan sectoriel ou géographique.- Quelle est la tendance idéologique de votre parti?- Tout d'abord, nous ne nous positionnons ni de droite ni de gauche. Il est clair que nous sommes des libéraux avec une forte sensibilité sociale. Elle n'est pas de circonstances. Mais nous sommes convaincus qu'il n'y a pas de développement sans solidarité. Le développement ne peut se faire qu'à travers l'initiative privée. Et le libéralisme ne peut être dénué de certaines exigences sur le plan social.- On taxe déjà Forces Citoyennes d'être un parti d'entrepreneurs et d'élites...- C'est une affirmation erronée et légère. Ceux qui avancent cette affirmation se trompent. Ils s'en rendront compte lors de l'AG. Le parti englobe toutes les couches sociales et socioprofessionnelles. Il est composé de fonctionnaires, d'ingénieurs, de professions libérales, d'étudiants... Le patronat n'est qu'une partie de cet édifice.En fait, le patronat est une corporation qui regroupe l'ensemble des acteurs qui créent des richesses et donc aussi bien l'épicier que le plombier... Dans ce sens, nous nous honorons d'être le rassembleur de toutes ces fractions des couches marocaines.- Tout de même, le noyau dur de votre parti semble être les entrepreneurs...- Aujourd'hui, le parti est composé de toutes les sensibilités sociales. Il n'y a pas une typologie qui l'emporte. Nous avons des membres qui sont des entrepreneurs. Mais il n'y a pas qu'eux.- Qu'est-ce qui a poussé à la création de ce parti?- Nous constatons qu'il y a un échec évident dans la gestion économique et sociale du pays. Les méthodes préconisées sont inefficaces. Les enjeux dictés par l'ouverture et la globalisation de l'économie n'ont pas été suffisamment pris en compte. Les raisons reviennent à une mauvaise lecture des réalités et l'absence de vision et de moyens nécessaires pour créer un environnement économique sain.- Concrètement, quels sont les points qui vous ont le plus déçu que ce soit au niveau politique, économique que social?- Sur le plan politique, il faut reconnaître que le gouvernement a su harmoniser l'acte d'alternance en faisant preuve d'une certaine adaptation aux exigences politiques. Il a également respecté les hypothèses politiques sociales et économiques qui ont été proposées jusqu'à aujourd'hui. L'échec se trouve au niveau des choix économiques et sociaux. Ce gouvernement a montré une incapacité à prendre des mesures audacieuses. L'économie nationale se trouve fragilisée, car elle perd de plus en plus de terrain.- Quel est donc votre programme?- Il n'est pas encore définitivement arrêté. Lors de l'assemblée générale du 10 novembre, nous distribuerons aux membres fondateurs un dossier sur les plates-formes politique, économique, sociale et du développement durable du parti. Elles ne seront pas discutées le jour même. Nous allons différer cet examen et le déléguer aux différentes commissions régionales. En cinq mois, elles doivent remettre leurs copies pour présenter la vision définitive lors du 1er congrès en mars.- Alors qu'est-ce qui vous différencie des autres partis?- Notre parti a la prétention de mobiliser des vrais libéraux qui ont l'expérience, l'audace et la capacité pour faire face à la difficulté laissée par ce laxisme.Il faudra choisir des gens compétents qui ont le profil approprié et l'expérience des enjeux économiques et sociaux et qui possèdent l'audace de prendre des décisions efficaces, même si elles sont parfois impopulaires.Il faut savoir que les décisions courageuses, visant l'intérêt national, ne répondent pas forcement à un consensus. De toute façon, le consensus tue l'efficacité.- Politiquement, quels sont les objectifs de votre parti?- Les objectifs sont de se mettre au service du pays en faisant de la réalisation du bien-être un objectif et des élections un moyen. - Etes-vous confiant et avez-vous des chances de gagner les élections?- Je suis confiant en la mobilisation de la jeunesse qui nous entoure. Nous allons nous battre avec des moyens légaux pour pouvoir gagner en espérant que cette fois-ci les élections se dérouleront d'une manière saine et honnête, loin des marchandages habituels. - Pour quel mode de scrutin opte Forces Citoyennes?- Nous n'avons pas arrêté notre choix définitif sur le mode de scrutin. Ceci dit, le scrutin par liste semble emporter l'unanimité des membres du parti. Il s'agit de privilégier le message du parti sur la notoriété de l'individu. - Que pensez-vous du nouveau projet de loi pour les partis politiques?- Nous l'applaudissons deux fois plutôt qu'une. Soumettre les partis à un contrôle fiscal et justifier à la fois l'origine des fonds et leur destination sont une décision salutaire. En revanche, je demande qu'on nous laisse recourir à toute sorte de financements locaux. Le parti politique tel que nous le concevons est une institution moderne, un centre de réflexion, animé par des compétences de très haut niveau. Il doit en conséquence disposer de moyens financiers importants pour mener des travaux de recherches, de réflexion et de prospectives.Nous comptons beaucoup sur la contribution de nos adhérents, des entreprises, des fondations. Je suis surpris de lire dans la presse que le gouvernement actuel a l'intention de supprimer le financement des partis par les fondations.


Une solide réputation

Son visage ovale et ses cheveux grisonnants ne sont pas inconnus. Son style austère non plus. A 60 ans, Abderrahim Lahjouji est très dynamique. Entre ses allers-retours à Marrakech (le fondateur de Forces Citoyennes a commencé très tôt sa campagne de séduction dans la ville ocre) et la gestion de sa société (Sotravaux), ce professionnel du BTP n'a pas le temps de souffler. A l'approche de la tenue de l'AG de son parti, c'est entre deux réunions de travail qu'il nous reçoit. Serein, il explique sa vision du parti. Cette sérénité et cette confiance en soi ont rassemblé autour de lui beaucoup de sympathisants. Sa réputation d'homme d'affaires et de patron des patrons y a contribué largement. «C'est l'identité de Lahjouji qui m'a converti à la politique», déclare un hôtelier de Marrakech. Le fondateur de Forces Citoyennes le confirme d'ailleurs: «Nous voulons politiser les compétences marocaines».Familier aux entrepreneurs marocains, cet autodidacte a siégé pendant 8 ans à la présidence du patronat (deux mandats) avant de se lancer dans la politique. Son passé à la CGEM lui aura certainement donné plus de popularité qu'un charisme qu'il n'a pas. Dans l'enquête L'Economiste-Sunergia réalisée cette année auprès des cadres, Abderrahim Lahjouji est classé parmi les 10 premiers hommes qui comptent pour le monde de l'entreprise.Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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