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Le code parasismique se heurte à des résistances

Par L'Economiste | Edition N°:1744 Le 09/04/2004 | Partager

. Son application sur le terrain piétine . Autoconstruction et informel: Les principaux freins . Seuls 25% des ouvrages sont construits dans les règles de l'artPouvoirs publics et professionnels du bâtiment sont unanimes. La lutte contre l'autoconstruction et le développement d'une culture de sécurité sont les principaux chantiers auxquels il faut s'attaquer d'urgence. C'est la première leçon tirée du dernier séisme d'El Hoceïma. Le lourd bilan de ce tremblement de terre remet encore une fois sur le tapis la question de la qualité des constructions et le respect des normes parasismiques. Certes, il n'existe pas de bâtiment à l'épreuve de toutes les secousses telluriques. Mais une bonne conception antisismique peut toujours réduire les dégâts et surtout préserver la vie des occupants lors d'une forte secousse. C'est ce qu'affirment des spécialistes du bâtiment. Aujourd'hui, et après toutes les sonnettes d'alarme tirées par des pans de la société (communauté scientifique, acteurs du bâtiment, société civile…) depuis déjà le séisme d'Agadir en 1960, celui d'El Hoceïma en 1994, le Maroc peut se targuer d'avoir sa réglementation antisismique. Le code parasismique RPS 2000 est en vigueur depuis septembre 2002 (décret n°2-02-177). Mais qu'en est-il réellement de son application? Le respect des normes parasismiques est obligatoire pour l'ensemble des régions quel que soit leur degré de sismicité. Sur le terrain, leur application se heurte à la résistance des entrepreneurs, reconnaît-on tant auprès de la profession que du ministère de l'Habitat. De plus, vu le poids de l'informel dans le bâtiment et l'ampleur du phénomène de l'autoconstruction, il y a peu de chances que les normes antisismiques prospèrent. En effet, selon Houssaïn Tahouati, directeur technique de l'Habitat, «80 à 85% des ouvrages seraient réalisés par des entreprises dites informelles”. Sans oublier le monde rural où l'autoconstruction est particulièrement florissante et où l'impact du séisme d'El Hoceïma a été le plus fort. La réglementation antisismique ne concerne donc que les 20 à 25% des ouvrages qui sont construits dans les règles de l'art. “Soit peu de chose”, déplore le directeur technique de l'Habitat. Pour le ministère, il s'agit donc de mettre l'accent beaucoup plus sur la sensibilisation et les campagnes de promotion que sur la dissuasion ou la sanction. «Le cas d'El Hoceïma va nous inciter à faire beaucoup dans l'assistance technique plutôt que dans le contrôle. La police urbaine n'a pas toujours montré son efficacité et les gens arrivent toujours à la contourner», explique Houssaïn Tahouati. Pour leur part, les bureaux d'études disent avoir intégré les normes parasismiques qu'ils appliquent de plus en plus, selon Yasser Berrada, président de l'AMCI-Centre (association marocaine du conseil et de l'ingénierie). Même s'il n'est pas toujours facile de convaincre les clients, avoue-t-on. «Les gens ne capitalisent pas assez sur les expériences passées et des résistances sont encore à vaincre», souligne Berrada. C'est dire le travail de sensibilisation et d'information qu'il faut mener non seulement auprès des entrepreneurs et autres intervenants du bâtiment et de l'immobilier mais aussi des administrations. «Celles-ci doivent faire montre d'une implication effective», souhaitent les responsables de l'AMCIC. Mais pour le président de l'association, au-delà du respect des normes antisismiques dans les zones à risque, la principale leçon à tirer du drame d'El Hoceïma est d'imposer un minimum de règles de sécurité dans les ouvrages construits dans des régions soumises à des sollicitations sismiques permanentes. «C'est la qualité et la solidité des constructions qui font courir ou non le risque», souligne-t-il. Aussi, les autorités publiques doivent-elles imposer en amont de tout projet divers garde-fous pour assurer un minimum de sécurité. «Tout ce qui se construit, quel qu'il soit, doit être suivi par des professionnels», insiste le président de l'AMCIC. Ainsi, pour lui, les autorités doivent s'assurer, avant l'ouverture de tout chantier, que les plans et les mesures ou calculs sont établis par des architectes, des bureaux d'études et «s'il le faut, prévoir une validation par des bureaux de contrôle». L'association suggère en outre que le permis d'habiter soit soumis à une attestation de conformité délivrée, par exemple, par un bureau d'études qualifié. De son côté, le directeur technique de l'Habitat insiste sur la qualification des «exécutants» des plans et autres études. «Il faudrait que les plans émanant des bureaux d'études soient exécutés par des entreprises structurées afin de s'assurer de leur bonne mise en oeuvre». Les «maâlems» et autres opérateurs qui s'improvisent entrepreneurs le temps d'un chantier sont donc à éviter. Il n'est pas toujours facile de s'assurer de leur qualification. Alors, la meilleure manière de se «couvrir», c'est de refuser leurs services.


Le coup de semonce du Souverain

Dans le discours qu'il a donné à El Hoceïma jeudi 25 mars, SM le Roi Mohammed VI a été on ne peut plus clair sur les normes et règles de construction antisismique. Voici un extrait du texte:«Nous sommes (…) déterminé à mettre un terme au laisser-aller et à tout laxisme ou négligence, de la part des pouvoirs publics et des corps élus qui doivent assumer pleinement les responsabilités qui sont les leurs dans l'application rigoureuse des lois fixant les règles de construction parasismique. Nous avons également la ferme volonté de mettre fin à toutes pratiques illégales pour lesquelles le pays tout entier paie un lourd tribut chaque fois que survient une catastrophe naturelle. Parce qu'elles favorisent la prolifération d'un habitat avilissant, ces pratiques perverses font le nid de tous les fléaux sociaux. Aussi, et conformément à cette prescription de Notre Aïeul, le Prophète, paix et salut sur Lui, qui dit «Prends-en la résolution et compte sur Dieu», donnons-nous au gouvernement et au Parlement, nos directives pour qu'ils s'attachent, au cours de la prochaine session parlementaire du printemps, à adopter des lois pour combattre et rendre passibles de sanctions pénales, les infractions qui encouragent l'habitat sauvage et enfreignent les normes de construction parasismique». Khadija EL HASSANI

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