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Le CHU Ibn Sina, diagnostic de deux ans d'autonomies

Par L'Economiste | Edition N°:5 Le 28/11/1991 | Partager

Le Centre Hospitalier Universitaire Ibn Sina de Rabat aménage et équipe les dix formations qui le composent. L'autonomie de gestion, récemment acquise, et la volonté du corps médical, appuyée par la technologie et la formation, classent le CHU Ibn Sina au premier rang des hôpitaux nationaux. Novembre 1988, date du décret d'application de son autonomie de gestion, marque le début d'une nouvelle étape pour le CHU. En dépit de toutes ses difficultés, le CHU Ibn Sina est considéré comme nettement mieux organisé que le CHU de Casablanca !


Le Centre Hospitalier Universitaire Ibn Sina de Rabat est devenu autonome depuis deux ans. La gestion de son budget lui a permis de définir un programme répondant d'abord aux priorités de la santé, souligne-t-on. Bien que son budget ait été révisé à la hausse, il est encore insuffisant. Aussi, le programme d'austérité du réaménagement et de l'équipement du CHU est réduit à certaines formations. Il est à longue échéance. Le CHU compte sur plus de moyens financiers, humains et techniques, qui offriraient de meilleures conditions de travail aux praticiens, et d'accueil aux malades. Dans l'immédiat, il se veut fidèle à sa vocation: soigner les malades et former du personnel médical, quelles que soient les conditions.

Un budget de 360 millions de DH

En 1990, l'engagement financier de l'Etat est passé de 37 à 75 millions de DH. En 1991, le CHU Ibn Sina a bénéficié d'un budget de fonctionnement d'environ 250 millions de DH, et d'un budget d'investissement, dont un emprunt, d'environ 110 millions de DH. Sur 360 millions de DH, 4% sont des recettes réalisées par le C.H.U.
Les médicaments, faisant l'objet d'appels d'offres, et le matériel, encore insuffisants, absorbent 57% du budget de fonctionnement.
Le budget de fonctionnement couvre aussi les salaires du personnel non médical et diverses dépenses. Les rémunérations du personnel médical et paramédical relèvent du Ministère de la Santé Publique. Quant au budget d'investissement, il est destiné aux travaux de réaménagement et à l'achat du matériel d'équipement lourd. Actuellement, le CHU Ibn Sina possède un plateau technique sophistiqué : deux scanners (à l'hôpital Avicennes et à l'hôpital des Spécialités) et un accélérateur liné-aire (à l'Institut National d'Oncologie). Ce sont des investissements récents et prioritaires, qui ont déjà et vont occasionner des frais de maintenance, tout comme les précédents (cas de l'angiographie en panne depuis deux ans). Depuis que le CHU jouit de son autonomie, il est amené à contrôler ses dépenses et recettes. Ces dernières étant faibles, il a entrepris de responsabiliser les opérateurs-clé dans leurs dépenses en matériel. Le corps médical est composé de 1129 médecins, chirurgiens-dentistes, internes et enseignants-chercheurs.Le corps paramédical comprend 2030 infirmiers, et les services généraux 1455 personnes.

Pour l'exercice 1992, les prévisions budgetées sont de l'ordre de 480 millions de DH : 300 millions de DH pour le budget de fonctionnement et 180 millions de DH pour le budget d'investissement. Ces montants espérés devraient couvrir les besoins en personnel et en matériel du Centre Hospitalier Universitaire.
Le programme de réaménagement et d'équipement des locaux est divisé en plusieurs phases et se poursuit selon les priorités de chaque unité. La première phase a touché principalement les soins intensifs, les services d'urgence de l'hôpital Avicennes et de l'hôpital d'enfants, l'hôpital des Spécialités et l'Institut National d'Oncologie. Les structures d'accueil des services d'urgence ont été améliorées et prête à l'informatisation. Lors de la dernière réunion du Conseil d'Administration, le problème des services des urgences a été soulevé. Ces services devraient, bientôt, être décentralisés, car ils n'arrivent plus à couvrir la forte demande.
Par ailleurs, la création d'un service de cardiologie-médicale est en cours, à la suite de la décision prise par le Ministère de la Santé Publique. Ce service, confié au Pr Agharbi, est en cours d'installation sur deux étages des locaux de la Maternité. Soixante lits y sont prévus. Il sera opérationnel en Avril 1992. Les marchés ont déjà été lancés ; la réception des équipements est prévue pour Janvier 1992. Ce service sera indépendant de la Ligue de Cardiologie d'Ibn Sina, qui dit-on, envisagerait la création d'un Institut National de Cardiologie à Rabat.

Trois types de malades

Les malades sont indigents à 70%(1) ; suivent ensuite les mutualistes et les payeurs (une participation symbolique). La majorité des malades est issue de milieux défavorisés. Parmi ces malades, actifs ou chômeurs, peu jouissent d'une couverture sociale. De plus les collectivités ne prennent pas en charge la totalité ni une partie des consultations et des soins, des personnes auxquelles elles délivrent les certificats d'indigence.
Même si les malades participaient financièrement, avec les tarifs actuels, les recettes couvriraient les dépenses à hauteur de 30%. Pour les payeurs, une augmentation de la tarification, maintenue en dessous de celle de la médecine privée, mais avec des prestations et des services identiques, pourrait esquisser une solution. Ce serait une clinique universitaire. Cette proposition de clinique universitaire, dans une aile de l'hôpital Avicennes, au service des payeurs, n'a pas été retenue. Celle-ci aurait drainé un flux financier, et par la même occasion, aurait constitué une source non négligeable de financement pour le reste du CHU. Une étude a été faite pour ce cas précis. Une clinique de 220 lits, sur la base de tarifs inférieurs à ceux du secteur privé, rapporterait 30 millions de DH. Ce projet demande un investissement de 50 millions de DH, mais rapidement amorti.

Les priorités

Les objectifs du Centre Hospitalier Universitaire ne sont pas tous atteints. Il reste encore beaucoup à faire. Les formations du CHU de Rabat souffrent d'un manque de personnel spécialisé. De plus, celui déjà en place a besoin d'être économiquement motivé. Pour certains, notamment le personnel paramédical et les agents de service, une augmentation de salaire, ou à défaut des primes d'encouragement sont souhaitées. Certes, dans l'immédiat, les conditions inhérentes à la nature de leur travail ne sont pas des meilleures. Le CHU est surchargé. Il reçoit des malades en provenance de toutes les régions. La formation du personnel paramédical, la création de conditions identiques à celles des CHU, et l'acquisition de matériel technico-médical dans les autres hôpitaux deviennent un impératif, dit-on dans le milieu hospitalier d'Ibn Sina. Déchargé, le CHU serait apte à prodiguer de meilleurs soins et à assurer le suivi des malades qui s'y rendent.
En outre, la population manque d'informations concernant la santé. Les malades, dans la majorité des cas, se rendent à l'hôpital à un stade très avancé de leur maladie. Ils ignorent que l'hôpital ne peut leur rendre service qu'à un stade utile de traitement, qui aurait pu être fait au niveau de l'hôpital local. De plus, certaines pathologies doivent et peuvent être traitées sur place. Le CHU est d'abord destiné aux gens de la région. Il est habilité à prendre la relève quand l'hôpital provincial ou régional n'a plus les capacités pour le faire.

Nadia EL ASRI

(1) Le certificat d'indigence n'est pas, selon l'usage qui en est réellement fait, fonction de la situation du malade. Il dépend largement de la maladie: plus la maladie est coûteuse, plus le certificat sera fréquent.

Le Japon, la France et l'Allemagne aident le CHU

Durant ces quatre dernières années, dans le cadre de conventions avec le Maroc, la France et l'Allemagne ont accordé trois prêts à long terme au CHU pour appuyer ses efforts de restructuration.
La France a accordé une enveloppe de 30 millions de FF pour l'acquisition de matériel dans une première phase et 80 millions pour la seconde phase concernant les soins intensifs.
L'Allemagne a accordé une enveloppe de 4 millions de DM pour la dotation en équipement et en formation du personnel du service de radiologie.
Le Japon a fait deux dons, d'un montant global de 53 millions de DH, au CHU Ibn Sina. Le premier don a permis d'équiper le CHU en matériel d'endoscopie (échographe, fibroscope), à améliorer les conditions de séjour à l'hôpital d'enfants. Le second servira à l'acquisition d'ambulances et à renforcer l'équipement technico-médical du CHU : vitrectomètre, matériel pour les laboratoires... D'ailleurs, une mission japonaise est attendue le 9 Décembre 1991, pour faire le point sur la liste du matériel nécessaire.

Bientôt un SAMU

Dans le cadre d'une convention franco-marocaine et, en étroite collaboration avec le SAMU-75 de Paris, dirigé par le Professeur Barrier, le CHU Ibn Sina constitue un SAMU (Service d'Assistance Médicale Urgente). Ce projet est en place depuis quelques mois. Dans un premier temps, le champs d'action du SAMU sera limité à un rayon, compris entre 60 à 80 km, autour de Rabat. Seuls les accidentés de la circulation recevront l'assistance du SAMU. La mise en place du système de communication entre dans le cadre de la troisième phase du vaste programme d'aménagement et d'équipement du CHU Ibn Sina. Huit ambulances entièrement équipées, don du Japon, devraient bientôt être reçues. Jusqu'à présent, le service ambulancier de l'hôpital n'assure que les transferts inter-hôpitaux de malades. Et dans le cas d'accidents de circulation, la Protection Civile est chargée de l'évacuation des blessés.


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