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    Economie

    Le chômage expliqué par Lahlimi

    Par L'Economiste | Edition N°:2362 Le 15/09/2006 | Partager

    . En ville, le taux chez les jeunes est de 15%Le compte est bon (7,7% de chômeurs) et la tendance baissière constatée depuis un an (11,1% en 2005) se poursuit. Le haut commissaire au Plan n’en démord pas. Lors d’un point de presse, le 13 septembre à Rabat, Ahmed Lahlimi Alami a confirmé l’authenticité des chiffres du chômage rendus publics. «Le taux de 7,7%, enregistré au deuxième trimestre de 2006, ne peut pas être remis en question, mais il faut entrer dans les détails», prévient Lahlimi.Pour poser les termes du débat, Lahlimi, entouré de ses directeurs, a d’abord (re)défini le cadre conceptuel utilisé par ses enquêteurs, superviseurs et contrôleurs, au nombre de 200. Il le dit: les concepts, les définitions et les classifications utilisés par les enquêteurs sont conformes aux recommandations du Bureau international du travail (BIT). Ce qui, pour le haut Commissaire au Plan, est une preuve de clarté et d’objectivité, voire de cohérence des données collectées. «La conformité aux standards internationaux permet aussi de comparer le Maroc aux autres pays», insiste-t-il. Pourtant, c’est au sujet du choix de ces concepts que les journalistes marquent leur désaccord avec Lahlimi. Tant, il est vrai que les définitions de certains termes comme population active, emploi ou chômage laissent la porte ouverte à toutes les imprécisions. «Les méthodes de calcul statistique permettent, à partir d’un résultat obtenu sur la base de concepts reconnus, de refaire des calculs plus ciblés, plus détaillés, selon le centre d’intérêts de chacun», relativise Jamal Bourchachen, de la direction de la Statistique. Tout en rappelant que le HCP est tenu, en tant qu’institution, de se conformer aux recommandations du BIT. Toutefois, l’interprétation de certains concepts requis par ce même BIT semble poser problème. C’est ainsi que le concept de population en chômage regroupe «toutes les personnes ayant dépassé un âge spécifié, qui au cours de la période de référence étaient: sans travail, disponibles à travailler, à la recherche de travail». D’ailleurs, cette ambiguïté dans la définition ne concerne pas seulement cette catégorie de chômeurs. C’est le cas pour la plupart des femmes au foyer qui mettent les tâches exercées sur le compte des travaux domestiques. Pour cerner ce que le HCP qualifie d’emploi déguisé, d’emploi inadéquat, ou d’emploi insuffisamment rémunéré, ses enquêteurs ont recours à la nomenclature des activités à caractère économique. Cette approche trouve toute sa pertinence dans la définition même du concept du BIT de population active: «toute personne des deux sexes qui fournit, durant une période de référence spécifiée, la main-d’œuvre disponible pour la production de biens par les systèmes de comptabilité et bilans nationaux des Nations unies». C’est-à-dire, d’une part, les personnes pourvues d’emploi ou actives occupées, et d’autre part, les personnes actives mais en chômage. Tout compte fait, il s’agit plutôt d’une question de méthodologie, voire de communication que d’inexactitude de chiffres. Lahlimi l’a redit aux journalistes présents: toutes les informations de son département sont à leur disposition. C’est à eux d’aller chercher au-delà du chiffre rendu public. Par exemple, a-t-on suffisamment prêtéattention au taux de chômage en ville qui est de 13% au deuxième trimestre? Chez les jeunes, il est de 15%, soit plus de 7 points au-dessus de la moyenne nationale. Le tableau n’est finalement pas si rose.


    Définition

    Pour simplifier, les experts de Lahlimi définissent le chômeur marocain comme «quelqu’un qui veut, qui peut travailler, qui n’a pas d’emploi». L’étroitesse du marché de travail marocain, contrairement à ceux des pays développés, décourage les chômeurs d’aller chercher du travail. Mais, «quitte à réaménager le cadre conceptuel, il faut bien intégrer ces populations dans les statistiques nationales», rappelle Lahlimi. Bachir THIAM

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