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    Le Casa City Center suspendu à l'équation foncière

    Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

    Malgré des divergences qui l'opposent à la Commune de Sidi Belyout sur le prix du foncier, Accor, le groupe hôtelier français, tient à concrétiser son projet de construction d'un complexe intégré d'affaires dans la métropole économique.


    A l'état-major parisien d'Accor, on prend acte de la décision des élus de la Commune de Sidi Belyout qui ont apposé un refus aux propositions concernant la cession de terrain sur lequel la multinationale hôtelière veut construire un complexe d'affaires à Casablanca(1). Alors que le montage financier du projet était quasiment finalisé, une partie des conseillers de la Commune a contesté les termes de l'échange sur la portion de terrain appartenant à la Municipalité. Si cession il y a, ils exigent que la transaction s'effectue sur la base des estimations de la commission de la Wilaya établies à 8.000 DH le m2. «A ce prix, explique Mme Souad Benbachir, directrice de Casablanca Finance Conseil (CFC), filiale de CFG, la rentabilité du projet sera sérieusement compromise». Il ramènerait le poids du foncier à près de 17,5% de l'investissement total, alors que les normes internationales usuelles en la matière se situent autour de 10%.

    Au cours de discussions avec la Commune, l'une des trois modalités que proposait le groupe Accor consistait en l'échange d'actifs de parkings contre le terrain, les deux autres étant le paiement comptant au prix de 4.200 DH/m2 et une prise de participation de la société d'exploitation du complexe. La Commune avait donc plusieurs options, tient-on à préciser chez CFG.
    Au regard de la société conseil du groupe hôtelier, il faut apprécier les termes de l'échange sous différents angles: «Les termes proposés sont attractifs et s'inscrivent dans une optique d'investissement productif et non de spéculation immobilière», martèle la directrice de Casablanca Finance Conseil. Le prix de 4.200 DH/m2 repose sur une valorisation des parkings à leur coût de construction, soit 75.000 DH la place. Or, ces parkings, explique Mme Benbachir, ont une valeur de marché à laquelle la Commune peut les revendre à 150.000, voire 170.000 DH la place. Ce qui revient à valoriser le terrain échangé par la Commune à 8.000 DH/m2.

    L'énigme du refus


    Le groupe français regrette de voir ce projet ne pas aboutir, alors qu'il porte sur un investissement de plus d'un milliard de DH. L'intérêt économique d'une telle réalisation est indiscutable. Outre l'effet sur l'emploi (CFG avance un chiffre de 1.000 emplois directs et 5.000 indirects), dans un délai de deux ans après sa réalisation, Casa City Center devrait générer plus de 20 millions de DH de recettes fiscales par an à la Municipalité et 30 millions de DH en régime de croisière. Cela équivaut à la différence de prix, objet de divergences entre les élus et le groupe Accor aujourd'hui. Le gouvernement actuel qui a érigé l'emploi en priorité numéro un n'y sera pas insensible. Il ne manquera pas d'exercer des pressions sur les élus.
    Autre argument à faire réfléchir les élus de la Municipalité, c'est la contrainte liée à l'exploitation de ce terrain. Selon une récente directive de l'Agence Urbaine de Casablanca, aucun projet ne peut être envisagé sur l'une des portions de ce terrain sans intégrer l'ensemble de la surface. De ce fait, pris individuellement, les copro-priétaires détiennent en fait un actif peu liquide, démontre la directrice de CFC.

    Reste que pour l'instant tous ces arguments techniques n'ont pas réussi à convaincre les élus de Sidi Belyout. En attendant, les raisons objectives qui les poussent aujourd'hui à bloquer un projet de 1 milliard de DH pour une question de prix du foncier au m2 relèvent de l'énigme, sachant qu'un terrain nu n'apporte rien à la Communauté dont les intérêts sont brandis pour motiver le refus. Par ailleurs, contrairement à ce que prétendent certains élus de Sidi Belyout, la proposition de prix faite à la commune est la même que celle adressée aux autres copropriétaires publics du terrain, les Habous (8.263 m2) et la Communauté Urbaine (2.039 m2), précise Mme Benbachir. De même, les discussions qui ont précédé la rédaction du projet de convention se sont déroulées en toute transparence, poursuit-elle.

    Abashi SHAMAMBA

    (1) Cf L'Economiste du 26 mars 1998.

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