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Le capital-risque, ce jeu ambigu entre argent et pouvoir

Par L'Economiste | Edition N°:602 Le 24/09/1999 | Partager

· Solution miracle pour encourager l'investissement ou chausse-trape pour prendre une part importante dans l'entreprise
· Les deux revers de la médaille


Perdre le contrôle de son entreprise, c'est la hantise du promoteur partout dans le monde et encore plus au Maroc où le nouveau droit des affaires n'est pas encore complètement installé. C'est aussi un tabou, dont personne ne veut parler ouvertement. Encore plus que l'argent, le pouvoir est tabou. Pourtant, il faut essayer de prendre la question à bras le corps: les candidats entrepreneurs ou les entrepreneurs qui veulent entendre leur entreprise doivent se poser la question sans fausse honte.
En France, au Canada et au Maroc, la question est la même: un entrepreneur, riche d'idées et de savoir-faire, est pauvre en capital. Il a le choix: où il développe son entreprise avec des prêts de capital-risque ou il choisit d'aller lentement, n'emprunter qu'en fonction des garanties qu'il peut offrir, sans toucher au capital risque.
Pour le Français Galiléo(1), dirigé par quatre personnes qui gèrent un fonds de capital-risque doté de 500 millions de Francs, pas d'état d'âme: "Notre métier est de trouver et sélectionner des projets d'entreprise ou des entreprises à un stade très précoce de leur développement pour les financer et les aider à créer de la valeur et croître", souligne M. Bernard Maitre, l'un des gérants de la société.
Pour lui, c'est la croissance et non la rentabilité et encore moins le pouvoir qui prime. Cependant, si ces sociétés spécialisées dans le capital-risque n'ont en général pas d'exigence immédiate sur le pouvoir, bon nombre d'emprunteurs manifestent leurs réticences. M. Hugues Souparis, président de Hologram-Industries(1), société innovante spécialisée dans la fabrication d'hologrammes, est l'un d'entre eux. Il estime que le mode de financement par les sociétés de capital-risque est "un jeu un peu pervers" entre l'entrepreneur et la société de capital-risque. Selon lui, il s'agit de mettre sur une balance l'homme, le produit et le marché et de l'autre côté la finance. "Bien souvent, la balance penche de manière très forte en faveur des financiers qui prennent des parts considérables dans l'entreprise". L'intervention dans le haut bilan du capital-risque fait, en effet, que le créateur n'est plus tout à fait propriétaire de son entreprise. Que peut-il alors arriver en cas de conflit entre les deux partenaires, notamment lorsque se présentent des choix stratégiques?
Pour M. Souparis, peu d'alternatives existent. Cependant, avance-t-il, il serait judicieux de ne jamais donner l'occasion au capital-risqueur d'avoir une position de blocage. Mais pourquoi alors le capital risqueur accepterait-il de prendre un risque s'il n'a pas le droit de regard sur son argent. Explications de M. Maitre: "Nous injectons de grosses sommes d'argent dans les entreprises et donc nous contrôlons beaucoup leur développement. Nous essayons de les aider au niveau de l'étude de marché, du recrutement du personnel, de la présentation de nos réseaux et nos relations, du conseil juridique ou encore du conseil marketing. Mais le jour où nous n'y croyons plus, nous nous arrêtons". Cela signifie que la société est dans une situation difficile et donc vouée à disparaître. C'est la dure loi du marché.
Cependant, et malgré les critiques qui lui sont adressées, le métier de capital-risqueur a encore de beaux jours devant lui. En France, par exemple, dans les trois prochaines années, les sommes concernées doubleront de même que le nombre d'équipes impliquées, est-il indiqué.

Abdelaziz MEFTAH

(1) Les sociétés ont présenté leur expérience lors du colloque de l'innovation, organisé par R&D Maroc, le 4 février 1999 à Casablanca, avec la collaboration de L'Economiste.

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