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International

Le cannabis, première culture et premier trafic en Afrique

Par L'Economiste | Edition N°:1718 Le 04/03/2004 | Partager

. Un rapport de l'ONU publié hier. Très lucratif, le cannabis remplace les cultures vivrières. Le Maroc, premier pourvoyeur de l'Europe L'abandon de plus en plus systématique des cultures vivrières pour la culture du cannabis crée des pénuries alimentaires en Afrique, affirme l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) dans son rapport annuel publié hier mercredi à Vienne. En Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale, où le cannabis était traditionnellement destiné au marché local, il est devenu “une culture de rapport importante du fait de l'effondrement des cours des cultures vivrières sur les marchés internationaux”, estime l'agence onusienne. Dans ces régions, “les effets de la culture du cannabis sur l'économie et sur l'environnement, en particulier l'abandon des cultures traditionnelles et le déboisement, sont très préoccupants”, estime l'OICS dans son rapport 2003. L'agence a ainsi observé que, au Soudan, “la culture du cannabis a contribué à une pénurie alimentaire généralisée”. Le cannabis reste la drogue la plus cultivée, la plus trafiquée et la plus consommée sur le continent africain où environ un quart des saisies mondiales ont été effectuées ces dernières années, pour l'essentiel en Afrique du Sud, note l'OICS. Des saisies importantes ont été signalées en Egypte, au Ghana, Maroc, Malawi, Kenya, Nigeria et en Tanzanie. La culture à grande échelle du cannabis constitue un “sujet majeur de préoccupation” au Maroc qui reste l'un des principaux producteurs mondiaux: 60 à 70% de la résine de cannabis saisie en Europe en proviennent. Le cannabis marocain arrive toujours en Europe, principalement par l'Espagne mais un renforcement de la répression policière dans la péninsule ibérique a développé des filières passant par l'Algérie, la Libye et la Tunisie, et d'autres pays africains situés au sud du Sahara, a constaté l'OICS. En Egypte, les saisies d'herbe de cannabis ont bondi de sept tonnes en 1996 à plus de 59 en 2002. Des tonnes d'herbe de cannabis sont également introduites clandestinement par la mer Rouge en Arabie saoudite et dans d'autres pays de la péninsule arabique. Par ailleurs, dans les pays déchirés par des conflits, notamment en Côte d'Ivoire, au Libéria et en République centrafricaine, les armes et les munitions des groupes rebelles et des organisations criminelles proviendraient en partie du produit du trafic de drogues, note l'OICS. En outre, de la cocaïne en provenance du Brésil et destinée à l'Europe, continue de transiter par l'Afrique du Sud, l'Angola et le Nigeria. Les saisies de cocaïne sont également en augmentation en Algérie, Angola, au Bénin, Cameroun, Cap-Vert, en Côte d'Ivoire, Gambie, au Kenya, Malawi, Maroc, Mozambique et en Namibie. Enfin, l'abus de méthaqualone (Mandrax) continue d'être un sujet de préoccupation dans les pays d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe, en particulier en Afrique du Sud où ce produit vient toujours au deuxième rang des substances illicites dont il est fait abus. De la méthaqualone continue à être introduite dans ce pays à partir de l'Inde et de la Chine, souvent à travers le Mozambique, le Swaziland et le Zimbabwe, conclut l'OICS.


Des drogues synthétiques en Europe

L'Europe est restée en 2003 le premier producteur mondial de drogues synthétiques et notamment d'ecstasy. Les Pays-Bas continuent d'être à l'origine de la plus grande partie des méthylène-dioxy-méthamphétamines (MDMA, ecstasy) saisie dans le monde. Mais le nombre de laboratoires clandestins découverts en Ukraine a augmenté, tout comme en Pologne, dans les pays baltes - Lituanie, Lettonie et Estonie -, en Roumanie et en République tchèque. La fabrication de drogues synthétiques exigeant des produits chimiques spécifiques (“précurseurs”), l'OICS demande “instamment” aux pays européens de renforcer le contrôle des produits chimiques utilisés dans la fabrication illicite de ces drogues.


De l'opium en Asie

L'extension de la culture de l'opium en Afghanistan et la hausse de la production de méthamphétamines dans les autres pays d'Asie financent le terrorisme et provoquent l'instabilité politique. Les gouvernements asiatiques ont obtenu quelques succès dans leur lutte contre les nacrotiques. La consommation de cannabis s'est effondrée, les saisies d'ecstasy ont chuté et la production d'opium a baissé des deux tiers en Birmanie, deuxième producteur mondial de cette substance et dans une proportion semblable au Laos, troisième producteur mondial. Mais l'Afghanistan, source principale d'opium sur la planète, a vu sa production bondir depuis la chute des taliban en 2001, une situation qui pourrait accentuer encore l'instabilité politique dans le pays, avertit l'OCIS.


Et des feuilles de coca en Amérique

La consommation de drogues s'accroît en Amérique latine en dépit des programmes mis en oeuvre pour éliminer les cultures de pavots et feuilles de coca, lutter contre le trafic et réduire la demande, alors qu'elle tend à diminuer chez les jeunes aux Etats-Unis. L'usage de substances illicites augmente aussi bien en Amérique centrale, au Mexique, dans la zone caraïbe qu'en Amérique du sud. En revanche, en ce qui concerne les Etats-Unis, on note un “déclin global de l'abus chez les adolescents au moins concernant certaines drogues” (ecstasy) grâce à une campagne de prévention ciblée, même si les niveaux de consommation apparaissent stables pour la cocaïne et le crack.Synthèse L'Economiste

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