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    Le 11 janvier, qui s’en souvient encore?

    Par L'Economiste | Edition N°:2690 Le 10/01/2008 | Partager

    . 64e commémoration du Manifeste de l’indépendance. Elle se résume pour la majorité à un jour férié. Le devoir de mémoire toujours en suspens Le 11 janvier, une fête nationale que l’on célèbre, mais dont la plupart ne se rappellent plus l’histoire. Il s’agit de la 64e commémoration du Manifeste de l’indépendance. Signé en 1944, il inaugure un tournant politique dans la mesure où il a rompu explicitement avec le traité du protectorat signé en 1912 à Fès. “La logique réformatrice du protectorat cède la place à la revendication de l’indépendance», dira l’historien Mustapha Bouaziz (www.l’economiste.com).Concrètement, le Manifeste demande l’abolition du protectorat français et la participation du Maroc à la Société des Nations, future ONU. En ce début de l’an 1944, les nationalistes présentent solennellement au sultan Mohammed ben Youssef, à Franklin Roosevelt, Winston Churchill et Charles De Gaulle, le Manifeste de l’indépendance, lors de la célèbre conférence d’Anfa. Le geste des nationalistes marocains traduit aussi la fin d’une période et le début d’une autre. La seconde guerre mondiale est en plein essoufflement (1945). L’Europe est ruinée. La France, entres autres pays, doit se reconstruire après l’occupation nazie. Une nouvelle reconfiguration géopolitique Est/Ouest s’installe. Conséquence, le rapport colonisateur/colonisé, sous sa forme primaire, devient d’un autre âge (voir encadré). Et le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, fait timidement son entrée sur la scène internationale. Ils étaient 67 personnes, dont une seule femme (Malika El Fassi), à avoir rédigé et signé le Manifeste de l’indépendance. Plusieurs noms et plusieurs destins: Ahmed Balafrej, Abderrahim Bouabid, Mehdi Ben Barka, Abdallah Ibrahim, Ahmed Bahnini… Certains ont fait carrière dans les arcanes de l’Etat, d’autres ont moisi dans les cachots ou ont été portés disparus… Plus d’un demi-siècle plus tard, que reste-il du 11 janvier?Un jour chômé-payé. C’est ce qu’a retenu la mémoire… «salariale» de nos «compatriotes». La commémoration s’est donc contractée caricaturalement en un jour férié. Tans pis si le nationalisme, et autres vocables du genre, sont démodés! Pour indice, les Marocains n’ont pas agité spontanément leur drapeau depuis l’indépendance. Il a fallu le tragique attentat du 16 mai 2003 pour que cela arrive (voir photo). Le terrorisme est-il devenu l’unique combustible politique pour réanimer l’amour envers son pays? Les Casablancais, par exemple, ont pour leur part un boulevard nommé «11 janvier». La mémoire collective est sélective. «Comment expliquer que des boulevards, comme Al Massira Al khadra, soit mieux entretenu? La construction du Twin Center n’y est pour rien car l’histoire et la politique sont jumelles», commente un urbaniste.L’avenue du 11 janvier appartient à un passé «démodé». Elle est devenu symbole d’une décadence urbaine. La luxure d’avant s’est clochardisée: les façades immaculées se sont noircies. Les immeubles, patrimoine architectural, ont été phagocytés à coup de constructions insalubres… Qu’en est-il des signataires du Manifeste de l’indépendance? Sur 10 personnes interrogées par L’Economiste (16-30ans), à peine trois d’entre elles parviennent à citer quelques noms. Cette amnésie est révélatrice. La réhabilitation historique est plus qu’urgente. Mais là aussi, rien n’est gagné. Les Marocains n’ont jamais fait vraiment le point sur leur identité, leur passé… Des tentatives ont été amorcées mais malheureusement avortées. Un autre indice? Les ouvrages les plus critiques sur l’histoire contemporaine du Maroc sont curieusement l’œuvre d’auteurs étrangers! Même après 64 ans, l’automatisme du sens historique est loin d’être acquis! Il n’y a pas une seule légitimité, mais plusieurs. Parce qu’il y a eu un manifeste le 18 décembre 1942, puis un autre le 13 janvier 1944, rédigé par le parti de Ouazzani. Beaucoup n’ont retenu que celui du 11 janvier 44. Le devoir de mémoire impose de faire le tri entre la grande et la petite histoire, entre les vrais et les faux «héros». Cela ne sera pas facile car le fait historique alimente la légitimité politique.


    Petite histoire

    Le président américain, Franklin Roosevelt, a invité ouvertement les autorités françaises et britanniques à abandonner leur vision colonialiste. Roosvelt avait d’ailleurs assuré le sultan de son soutien à l’indépendance du Maroc lors d’un dîner à Casablanca (Conférence d’Anfa). La France n’était plus l’interlocuteur unique et privilégié. Les autorités françaises ne se laisseront pourtant pas intimider par les émeutes ayant éclaté à Rabat et Salé. Le 28 janvier 1944, la sécurité militaire prétexte «un complot pro-allemand». Balafrej et d’autres leaders nationalistes sont arrêtés et envoyés en Corse. Une véritable provocation. Deux jours plus tard, le 30 janvier à Fès, c’est un véritable soulèvement. Pour le briser, il faudra un siège d’une semaine. F.F.

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