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    L'audit interne: la maturité d'une fonction

    Par L'Economiste | Edition N°:10 Le 02/01/1992 | Partager

    De fonction de contrôle qu'il était au départ, l'audit interne s'oriente actuellement vers un rôle de consulting. L'auditeur interne doit pour cela maîtriser les techniques de communication pour se présenter non pas comme un vérificateur mais un collaborateur dont l'objectif est l'amélioration des systèmes. Cependant un risque d'émergence d'un esprit bureaucratique pourrait découler d'un développement excessif de cette fonction, qui prendrait le pas sur l'esprit d'initiative et de pragmatisme. L'Association Marocaine des Auditeurs et Consultants Internes a organisé son premier colloque sur l'audit interne les 19 et 20 Décembre.


    Les intervenants, et parmi eux le Ministre des Finances se sont tout d'abord penchés sur les causes du nécessaire développement de cette fonction.
    En effet, le Maroc connaît un changement profond de son paysage économique avec les perspectives de privatisation, d'autonomie du secteur public, de libéralisation des échanges et de réduction des droits de douanes. Ces éléments imposent aux opérateurs économiques une compétivité optimale pour la maîtrise du marché interne ou la conquête agressive des marchés externes. De ce fait, un degré de fiabilité élevé des informations relatives aux performances réalisées est exigé aux entrepreneurs pour qu'ils puissent réagir efficacement à tous les changements susceptibles d'interférer dans leur environnement économique.
    Sur le plan micro-économique, l'entreprise connaît une décent-ralisation des pouvoirs accompagnant son développement tant sur le plan de ses structures que de son patrimoine. La fonction d'audit interne s'avère ainsi nécessaire pour éviter une dilution de l'information et pour apporter une aide au chef d'entreprise dans la gestion de toutes les fonctions dites stratégiques.
    Cependant, la fonction d'audit interne dans son premier rôle d' "inspection" existe depuis longtemps, notamment au niveau du ministère des Finances et dans les banques où des règles strictes sont établies par les autorités monétaires ou par la réglementation de la profession.

    La démarche de l'audit interne

    Actuellement, elle dépasse le rôle d'inspection stricto-sensu pour couvrir le rôle de consulting, et se met en place dans les grandes entreprises.
    L'audit interne procède alors par une démarche inductive comprenant cinq étapes. Elle doit recueillir les informations tout en s'assurant que les différentes opérations n'entraînent pas des risques, dus à une absence ou à une insuffisance de contrôle.
    L'audit interne doit ensuite identifier les problèmes significatifs, en évaluant leur gravité. Elle diagnostique leurs causes, et établit la validité et l'exactitude des chiffres et opinions recueillis en les rapportant aux faits réels et à ceux relevés à partir des documents. Il lui incombe également d'apprécier les déviations par rapport aux normes et d'élaborer les recommandations destinées à corriger les dysfonc-tionnements ou renforcer des contrôles non efficients.
    Par exemple l'audit interne pourra utiliser l'indicateur de "taux de rebus" pour évaluer le risque de pertes, l'indicateur "heures travaillées" pour évaluer les coûts, l'indicateur des sanctions pour évaluer la dégradation du climat social... Un idée qui a été aussi soulevée durant le colloque est celle du contrôle par "auto-évaluation".
    L'auditeur doit alors adopter une méthode de travail simple et structurée lui permettant de s'auto-évaluer et d'améliorer lui-même ses contrôles.

    L'audit interne et le contrôle de gestion

    La fonction de l'audit interne a par ailleurs quelques similitudes avec celle de contrôle de gestion. En effet, ces deux missions ont pour objectif de mesurer les performances réalisées par rapport aux objectifs fixés par la direction générale.
    Cependant l'audit interne présente la particularité de s'intéresser en priorité au système d'information lui même pour mesurer son degré de fiabilité, et contrôler sa conformité à la réalité des opérations. Entre l'audit interne et le contrôle de gestion existent des interactions spécifiques. L'audit vérifie la validité des données utilisées par le contrôleur de gestion. L'intervention de l'audit a ainsi un caractère préventif car le diagnostic qu'il effectue porte sur les moyens mis en oeuvre pour produire l'information.
    D'un autre côté, le contrôle de gestion apporte à l'audit interne la "matière première". La qualité, l'exhaustivité, et la fluidité des informations produites dépendent de l'existence d'un dispositif de contrôle de gestion plus ou mois élaboré.

    Risques de la coexistence de plusieurs fonctions de contrôle

    Du fait du rapprochement de ces deux fonctions, des risques de redondances existent lorsque les tâches assignées à chaque fonction ne sont pas clairement définies. Mais ces risques sont parfois inévitables en raison de leurs interactions respectives, essentiellement au niveau de la vérification de l'efficacité des structures.
    Des relations conflictuelles peuvent également exister entre ces deux missions du fait de la divergence de leurs préoccupations.
    L'audit interne privilégiant la sécurité des opérations, alors que le contrôle de gestion est axé avant tout sur la productivité.
    M. Toufik Hajoui, gérant associé du Centre d'Etudes, de Gestion et d'Organisation (CEGOR) a ennoncé à cet égard un exemple fort édifiant. Quand un contrôleur de gestion préconise la création d'un poste de nuit dans une entreprise pour une période déterminée, afin de rattraper les retards enregistrés dans la réalisation des objectifs de production et de commercialisation, l'auditeur quant à lui soulève en particulier, le problème de la sécurité des hommes et des machines pendant ce poste et le cumul de certaines fonctions incompatibles (livraison et gardi-ennage). Il existe des risques inhérents à la multiplication des contrôles: ce sont ceux de l'émergence d'un esprit bureaucratique qui prendrait le pas sur l'esprit d'initiative et de pragmatisme nécessaire pour dynamiser l'entreprise.
    L'organisation de la profession est assurée par "la déclaration des responsabilités" et la publication du code de déontologie par l'Institute of International Auditeurs (IIA).
    La déclaration des responsabilités publiée en 1947, puis révisée en 1981 et 1991, définit la profession de l'audit interne, précise sa mission, ses pouvoirs et ses responsabilités, et insiste sur la nécessaire indépendance des auditeurs à l'égard des activités qu'ils contrôlent. Pour assurer cette indépendance il est conseillé de rattacher directement l'audit interne à la direction générale. Cependant, si cette idée est inattaquable puisqu'elle permet de sauvegarder également l'objectivité et l'efficacité de l'intervention de l'auditeur interne, son application n'est pas toujours aisée. En effet, l'audit interne se trouve en concurrence avec d'autres fonctions aussi stratégiques qu'il serait souhaitable de rattacher directement à la direction générale. Il s'agit des services d'organisation, d'informatique, de développement et planification, et enfin de contrôle de gestion.

    Une nouvelle fonction: la gestion des
    structures et du système d'information

    Une idée a été alors émise au cours du colloque: C'est celle de la création dans les grandes entreprises d'une direction chargée de la gestion des structures et du système d'information. Par ailleurs, le code de déontologie publié en 1968 sous l'autorité du conseil d'administration de l'I.I.A, puis révisé en 1988 définit les normes de conduite professionnelle devant être respectées par les auditeurs internes.
    En guise de cloture de ce premier colloque de l'AMACI plusieurs recommandations ont été édictées afin de:
    - sensibiliser les entrepreneurs quant à l'apport de la fonction d'audit interne;
    - mobiliser et coordonner les fonctions de l'audit interne à travers une entreprise ou une entité;
    - renforcer la profession par le rattachement des auditeurs internes à la direction générale ou au comité de direction;
    - créer au sein des universités ou des écoles de gestion une formation à l'audit interne, instituer un programme de formation continue, et établir un certificat d'audit interne en collaboration avec l'I.I.A;
    - vulgariser les normes de l'audit interne en contraignant les auditeurs au respect du code déontologique.
    - consolider enfin les liens et les compétences avec l'Union Francophone de l'Audit Interne, de
    l'Institut Français des Auditeurs et Consultants Internes (I.F.A.C.I) et de l'I.I.A.

    Un exemple édifiant, l'audit d'assurance

    Dans le domaine de l'assurance comme celui des banques, les transactions se caractérisent par un flux important de documents, et de fonds, ce qui augmente les probabilités d'erreurs et de manipulation non autorisée. Cette situation justifie un contrôle indépendant permanent au sein de l'entreprise.
    L'audit interne assure ainsi des contrôles sur l'émission des quittances de primes, sur la tarification, l'existence physique des imprimés et leur utilisation.
    L'auditeur interne peut contribuer à la bonne gestion des sinistres et l'évaluation des réserves techniques, en multipliant les tests sur les sinistres payés et à payer, et l'évaluation des réserves techniques par références aux documents de base, la législation en vigueur et les usages de la profession. Il joue également un rôle déterminant dans la sauvegarde des actifs immobilisés de la société, le bon suivi des comptes des agents et courtiers, la bonne utilisation de l'excédent en trésorerie et la bonne négociation des traités de réassurances.
    Un bon service d'audit interne peut aller au delà de simples contrôles et sondages des opérations de la compagnie. Il peut améliorer les méthodes et les procédures existantes ou en proposer d'autres plus efficaces et plus sûres.
    (A travers l'intervention de M.Belkasmide Price Waterhouse)

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