×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 126.058 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 155.275 articles (chiffres relevés le 26/5 sur google analytics)
Agenda

L'audit interne cherche ses marques dans l'entreprise

Par L'Economiste | Edition N°:284 Le 12/06/1997 | Partager

La recherche de la performance a conféré à l'audit interne une importance grandissante dans l'entreprise. Il s'intéresse maintenant à des domaines autres que les finances, touchant le social, le marketing, la gestion de la production. Cependant, le métier souffre de déficit d'image dans l'organisation.


Souvent redouté parce que considéré comme l'oreille et l'oeil inquisiteur de la Direction Générale, l'audit interne est pourtant appelé à jouer un rôle de plus en plus important dans l'entreprise. La raison: "le nouvel environnement des affaires, la globalisation et les mutations rapides imposent aux dirigeants des règles de gestion, de comportement et d'information très rigoureuses", a souligné M. Aziz Bidah, associé gérant Price Waterhouse, lors du colloque International consacré à "l'audit interne: Quelle pratique pour le XXIème siècle" et organisé par l'AMACI (Association Marocaine des Auditeurs et Consultants Internes), les 5 et 6 juin à Casablanca.
Durant cette manifestation dont la cérémonie d'ouverture a été présidée par M. Abderrahmane Saaïdi, ministre de la Privatisation chargé des Entreprises publiques, par ailleurs président d'honneur de l'AMACI, les principaux axes des discussions ont porté entre autres sur les défis de l'audit interne, son rôle dans les performances de l'entreprise et face au nouvel environnement financier.
Il convient de souligner que l'audit interne est différent du contrôle interne. Ils constituent toutefois deux voies complémentaires indissociables.
Le contrôle interne représente l'ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de l'entreprise. Son objectif est d'assurer la protection, la sauvegarde du patrimoine et la qualité de l'information. D'un autre côté, il consiste à appliquer les instructions de la Direction Générale et favoriser l'amélioration des performances.
Quant à l'audit interne, il se situe à l'intérieur d'une organisation et constitue une fonction indépendante d'appréciation du contrôle des opérations. Il s'agit d'un contrôle dont la fonction est d'estimer et évaluer l'efficacité des autres contrôles.

Communication


Du point de vue local, comme dans la plupart des pays, un travail important est à entreprendre pour conférer à l'audit interne la place qui lui sied. En effet, la fonction reste pour l'instant l'apanage des grandes entreprises très structurées. Cependant, son positionnement est parfois très différent selon les organisations. Le métier d'auditeur s'exerçait souvent dans l'ombre de la direction financière. Mais pour des besoins de contrôle plus rigoureux, l'audit interne devient une fonction directement rattachée à la direction générale. C'est parfois le cas dans la plupart des banques, où elle prend le nom d'inspection générale. Cette appellation fait peur. Et pour cause, le service n'est mis sous les feux de la rampe que lorsqu'il existe des soupçons d'indélicatesses.
Dès lors, les missions sont toujours regardées comme de l'inquisition. Il est expliqué que l'incompréhension découle essentiellement d'un déficit de communication. Selon les professionnels, un travail d'explication et de vulgarisation doit être mené dans ce sens. En d'autres termes, "chercher à humaniser la fonction", a expliqué un participant en marge de la réunion. Il s'agit de renforcer les relations entre services (auditeurs et audités), préparer toutes les missions par des réunions préparatoires et expliquer l'audit interne comme moyen de rationalisation de la gestion.

Les professionnels sont unanimes sur cette question et se retrouvent certainement dans cette explication de M. Ahmed Habbazi, du groupe OCP: "Qu'une organisation ait des faiblesses n'a rien d'étonnant, que l'audit interne décèle ces faiblesses n'a rien d'extraordinaire, mais l'objectif essentiel de l'audit interne est de motiver les audités à remédier aux faiblesses, donc à mieux maîtriser leur domaine pour plus de performances".
Les prérogatives des auditeurs deviennent ainsi plus claires. L'auditeur n'émet pas de jugements de valeur. Il doit formuler des solutions pour améliorer les procédures. Cette contrainte d'efficacité a ouvert au métier des domaines autres que les finances. L'audit s'intéresse au juridique, au social, à la gestion des ressources humaines et aux techniques de production. De l'avis d'un expert, il constitue un élément de sécurité dans une entreprise et doit toujours apporter un plus.

Les nouvelles orientations


De l'avis de M. Alain Marcilhacy, secrétaire général de l'UFAI (Union Francophone des Auditeurs Internes), les approches traditionnelles du contrôle interne ont trouvé leurs limites. Non sans avoir relevé les contraintes auxquelles se heurte l'entreprise en raison du nouvel environnement économique mondial, il souligne qu'une récente enquête menée conjointement par Ernst & Young et l'IFACI (en France) a ouvert quelques pistes de réflexion destinées à améliorer l'organisation de la fonction d'audit interne.
Premier point: les missions. L'enquête révèle que l'audit interne doit s'orienter vers le conseil en management et devenir un support des actions vitales de l'entreprise.
Deuxième axe: développer des programmes de formation nouveaux pour les auditeurs.
Au niveau de l'organisation, troisième point, il apparaît que l'audit interne est devenue une fonction stratégique pour la direction générale.
Pour ce qui concerne la méthodologie, il est signalé que les services d'audit interne cherchent de plus en plus des gains de productivité et aident la direction générale à parvenir à une meilleure maîtrise du dispositif de contrôle. D'où la mise en place, de plus en plus répandue, de l'autoévaluation du contrôle des risques ou de l'appropriation du contrôle interne par les opérationnels. Peu d'entreprise ont cependant adopté un tel programme et, "le plus souvent, il est sans efficacité mesurable".
Dernier point: les indicateurs de performances. L'enquête relève que la mise en oeuvre des recommandations reste l'indicateur de performance le plus utilisé par les départements d'audit interne.
Néanmoins, les experts déplorent la faible prise en compte du benchmarking comme outil de pilotage des ressources humaines, de l'efficacité des processus d'audit, de la qualité des travaux et du rapport coût/efficacité. Pour l'enquête, il s'agit pourtant d'un facteur-clé de succès dans l'audit interne de l'avenir.

Alié Dior NDOUR.



  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc