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L'Atlas mondial 2001 de la solvabilité et des risques-pays

Par L'Economiste | Edition N°:958 Le 15/02/2001 | Partager

. Où investir et avec qui conclure des affaires. Comme chaque année, le groupe français Coface, numéro un mondial de l'assurance-crédit, vient d'établir un diagnostic des risques en matière commerciale et pour les contrats d'équipement et d'infrastructure. Maroc: Risque modérément élevé pour les grands contrats. En revanche, le comportement de paiement de ses entreprises reste moyen pour les transactions courantesLe groupe Coface (Compagnie Française d'Assurances pour le Commerce Extérieur), leader mondial de l'assurance-crédit, vient de rendre publics sa traditionnelle analyse des risques-pays et le classement mondial de la solvabilité. Ce rapport, véritable bréviaire des acteurs du commerce et des investisseurs internationaux, est considéré aujourd'hui comme un outil incontournable sur lequel s'appuient les investisseurs pour orienter leur décision. De même, pour les chefs d'entreprise désireux de diversifier leurs marchés, les prescriptions de la Coface représentent un premier élément d'appréciation. Au-delà de la photographie de la situation macroéconomique de 140 pays passés en revue, la Coface innove cette année en introduisant un nouvel instrument d'analyse, la notation [email protected] (les notes ainsi que leur actualisation sont accessibles gratuitement sur Internet à l'adresse www.cofacerating.com). Celles-ci sont réparties sur sept échelles allant de A1 à A4 pour les risques investissement et B, C, D pour les risques spéculatifs (voir explication dans l'encadré). La catégorie A1 est le sommet de la pyramide, plus on s'en éloigne, plus la qualité du risque se détériore. Selon la Coface, «la note affectée à un pays mesure le niveau moyen de risque d'impayé présenté par les entreprises de celui-ci. Elle indique dans quelle mesure un engagement financier d'une entreprise du pays concerné est influencé par les perspectives économiques, financières et politiques du pays». A tempérer toutefois car si elle renseigne sur le risque global, la notation [email protected] ne doit pas être interprétée dans l'absolu: «Il y a de bonnes entreprises dans de mauvais pays et de mauvaises entreprises dans de bons pays; in fine, le risque global dépend des spécificités de l'entreprise et celles du pays dans lequel elle opère. Cette note n'est pas non plus définitive: elle fait l'objet d'une actualisation constante afin de tenir compte de l'évolution des situations économiques et politiques. Le rating pays ne constitue donc qu'un complément de la notation de l'entreprise, insistent les experts de la Coface. Manière de rappeler aux opérateurs la bonne vieille relation entre le gain et le risque: il est possible de réaliser de bonnes affaires dans des pays politiquement et économiquement instables et essuyer des pertes dans des pays réputés bons. Ceci étant, dans le hit-parade de la solvabilité internationale, il n'y a pas vraiment de surprise: ce sont les grandes démocraties occidentales aux économies développées qui caracolent en tête du classement. Derrière la note A1 peut se cacher de fortes disparités sectorielles, prévient la Coface. A l'autre extrême, les pays déchirés par l'instabilité politique ou des guerres civiles en Afrique subsaharienne ou ceux qui négocient encore la transition de leur économie en Asie centrale (des ex-républiques soviétiques) ferment la marche. Sur le vieux continent, les perspectives sont globalement favorables pour les PECO (Pays d'Europe Centrale et Orientale), selon la Coface. Ces économies devraient poursuivre leur mise à niveau pour intégrer les acquis communautaires. Mais, des restructurations industrielles toujours en cours sont de nature à fragiliser les entreprises et relancer les défauts de paiement. D'ailleurs, l'assureur français s'inquiète de la trop forte mortalité des nouvelles entreprises dans cette région. C'est pour cette raison qu'il a placé la Pologne sous surveillance avec implication négative.La Coface prévoit la poursuite de l'amélioration du comportement de paiement des entreprises dans les pays industrialisés, mais se montre pessimiste pour les pays émergents. Contrairement à l'année dernière où les incidents de paiement étaient réduits dans ces pays, à l'exception de l'Argentine et la Côte d'Ivoire (placée également sous surveillance avec implication négative), un éventuel ralentissement de l'économie américaine pourrait se traduire par une recrudescence d'impayés. Dans le groupe des pays industrialisés, tout le monde n'est pas non plus logé à la même enseigne. Dans ses projections, la Coface distingue entre trois catégories de pays: ceux où les taux d'impayés déjà élevés se détériorent: l'Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Pour ce dernier cas, la Coface souligne le recours parfois abusif des entreprises américaines à la procédure de protection qui a pour effet de suspendre tous les paiements. La deuxième catégorie comprend des pays où les taux d'impayés sont faibles mais se détériorent légèrement: la Belgique, le Portugal, l'Espagne et le Japon. Enfin, il y a les pays les plus fiables où les taux d'impayés restent négligeables (faibles): l'Allemagne (hors le secteur bâtiment et construction actuellement en difficulté), l'Autriche et la France. Le risque Maroc. Dans l'ensemble, même s'il ne fait pas partie de la première strate, le Maroc s'en tire plutôt bien. Il fait partie de la dernière tranche de bons risques (catégorie A) et se voit décerner la note A4 pour les transactions à court terme. En matière de grands contrats dont le paiement s'échelonne sur plusieurs années, aucun changement par rapport à l'année dernière: la Coface estime que le Maroc représente un «risque modérément élevé». Sur ce plan, le Maroc fait jeu égal avec la Tunisie, le Mexique, le Panama, l'Egypte, la Jordanie, la République Dominicaine et l'Afrique du Sud. Mais il est devancé par des pays tels que l'Estonie, le Chili, la République Tchèque, la Pologne, la Namibie, l'île Maurice, la Thaïlande, le Trinidad (savez-vous où c'est?).Les analystes du numéro un mondial de l'assurance-crédit restent globalement confiants et imputent les arriérés de paiement des entreprises marocaines aux amplitudes de croissance observées d'une année sur l'autre. Ils relèvent néanmoins des facteurs de fragilisation du pays: une économie trop dépendante de l'agriculture, un taux de chômage encore élevé et des inégalités sociales qui s'accentuent, soit un cocktail porteur de germes d'instabilité sociale, souligne la Coface. L'assureur estime par ailleurs que le fardeau de la dette pèse encore très lourd sur la marge de manoeuvre budgétaire de l'Etat. L'accord de libre-échange avec l'Union Européenne qui ouvrira de nouveaux débouchés aux entreprises, devrait dans un premier temps impacter sur les comptes publics et extérieurs et ce, pour deux raisons essentielles: les moins-values de recettes provenant de la fiscalité de porte (au cas où l'ouverture n'est pas compensée par une croissance substantielle de l'activité) et la poursuite de la progression des importations. Mais le Maroc dispose de plus qu'un atout pour booster son économie: un formidable potentiel dans le tourisme insuffisamment exploité, la découverte du pétrole (à nuancer toutefois depuis la révision des estimations réellement mises en évidence) permettrait au pays d'accroître sa capacité d'autofinancement. Au plan politique, «la double transition devrait contribuer à accélérer les réformes et apaiser les tensions sociales (les experts de la Coface qualifient le gouvernement de nouveau alors qu'il est à deux ans de la fin de la législature). Selon les analystes de la Coface, l'évolution démocratique du Maroc devrait également lui assurer le soutien de bailleurs de fonds internationaux.


La grille de la notation [email protected]

A1: La situation politique et économique très stable influe favorablement sur le comportement de paiement généralement bon des entreprises. La probabilité de défaut est très faible. A2: La probabilité de défaut reste faible même si l'environnement économique et politique du pays ou le comportement de paiement des entreprises du pays est un peu moins bon.A3: Le comportement de paiement généralement moins bon que pour les catégories précédentes pourrait être affecté par une modification de l'environnement économique et politique du pays, même si la probabilité que cela conduise à un défaut de paiement reste peu élevée.A4: Le comportement de paiement souvent assez moyen pourrait en outre être affecté par un environnement économique et politique susceptible de se détériorer, la probabilité que cela conduise à un défaut de paiement reste acceptable.B: Un environnement économique et politique incertain est susceptible d'affecter des comportements de paiement souvent médiocres.C: L'environnement économique et politique du pays très incertain pourrait détériorer un comportement de paiement déjà souvent mauvais. D: Environnement économique et politique du pays présentant un risque très élevé qui aggravera des comportements de paiement généralement exécrables. . Sept familles de risques passées au cribleLe rating de chaque pays découle de l'appréciation des risques au travers d'une batterie d'indicateurs macroéconomiques. Grâce à son réseau d'experts, le groupe français d'assurance-crédit fait un suivi microéconomique via une impressionnante base de données portant sur 35 millions d'entreprises dans le monde. La Coface peut s'appuyer également sur une expérience de cinquante ans dans la gestion des défauts de paiement sur les flux commerciaux qu'elle garantit, soit une bagatelle de 140 milliards d'Euros (1.400 milliards de Dirhams) par an.Chacun des 140 pays du panel est suivi individuellement en permanence à partir d'indicateurs bien précis. Sont respectivement examinés: les facteurs politiques susceptibles d'interrompre les paiements ou l'exécution des contrats en cours, le risque de pénurie de devises consécutive à une crise de la balance des paiements, la capacité de l'Etat à honorer ses engagements financiers avec l'extérieur. Un deuxième sous-ensemble d'indicateurs permet d'apprécier le risque de dévaluation brutale suite à des sorties brutales et massives de capitaux, le risque de crise systémique du secteur bancaire (synthèse du risque d'éclatement des bulles financières et l'évaluation de la solidité du système bancaire) et le risque de conjoncture, reflétant la probabilité de ralentissement de l'économie à court terme. Le dernier groupe d'indicateurs enfin permet d'apprécier le comportement de paiement sur les opérations payables à court terme. Le rating affecté à un pays est une synthèse de l'analyse de l'ensemble de ces risques.Abashi SHAMAMBA

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