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    Economie

    L'approche du Plan nouvelle version

    Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

    Comment restaurer la confiance dans le Plan? Eviter les écueils des anciennes méthodes. Ce n'est pas tout. Le Ministère propose une toute autre approche méthodologique.


    Le principe de la réhabilitation du Plan est acquis. Outre le fait de répondre à la volonté Royale, le gouvernement a pris «conscience du rôle déterminant du Plan en tant qu'instrument de coordination et d'optimisation des actions des différents acteurs économiques et sociaux», a déclaré M. Abdelhamid Aouad, ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prévision Economique et du Plan. Reste maintenant à définir la nouvelle approche de cette planification. Le Plan ancienne version a péché pour quatre raisons principalement: déphasage avec les mutations de l'environnement international; manque de liaison entre le Plan et le Budget de l'Etat; absence de concertation et de dialogue entre les différents opérateurs économiques et sociaux et absence d'un cadre de suivi annuel des réalisations du plan.

    A ces lacunes s'ajoutent une forte centralisation dans la prise de décision au niveau de la programmation, la réalisation et la gestion, ainsi qu'une faible intégration des programmes eux-mêmes. Conséquence, le Plan a perdu toute crédibilité selon le Ministère. Autocritique faite, il s'agit maintenant de «restaurer la confiance des acteurs économiques et sociaux dans le plan», précise M. Aouad. Pour cela, un assouplissement est nécessaire au niveau des méthodes adoptées. La nouvelle approche prendrait en compte un ensemble de programmes prioritaires considérés comme le noyau du plan.
    Parallèlement, il faut veiller à une plus grande intégration intersectorielle de programmes et au renforcement de la liaison entre le Plan de développement économique et social et le Budget annuel de l'Etat. Il est possible dans ce cas de recourir au budget économique.
    Autre point essentiel pour rendre efficiente la planification, la nécessité d'un système moderne et solide d'informations économiques, financières et sociales. Hormis les données de base, le système d'information doit être soutenu par des instruments d'analyse, de prévision et d'études de conjoncture.

    Si la Direction de la Statistique a opéré de grands efforts ces dernières années, non seulement dans la production de l'information, mais également dans les délais, les faiblesses restent encore nombreuses et ce, faute de moyens, est-il indiqué. Des enquêtes, comme notamment celles sur la consommation des ménages, sont renvoyées aux calendes grecques faute de ressources budgétaires, alors qu'elles sont fondamentales pour une meilleure définition des objectifs du Plan. L'absence de comptabilité nationale suffisam-ment affinée est aussi un handicap. «Le Plan a besoin des informations de la Direction de la Statistique et celle-ci a besoin du Plan», rappelle M. Taoufiq Cherkaoui, directeur de la Statistique.
    A cela s'ajoute le fait que les données nationales à elles seules ne suffisent pas. Le volet régional du Plan est aussi important. A cet égard, «il faut veiller à assurer une articulation adéquate entre les deux niveaux», conseille le ministre de la Prévision Economique et du Plan.


    Dictature du court terme


    Le Maroc a opté pour la planification de son développement depuis les années 60. Celle-ci a donné de premiers résultats. Mais suite aux fluctuations économiques et financières de la fin des années 70, la planification a été abandonnée. Les experts jugent qu'il aurait été alors plus judicieux d'élaborer une nouvelle approche de planification et de développer des méthodes et techniques adaptées à la nouvelle conjoncture, plutôt que d'y mettre un terme. Conséquences: la dictature du court terme et la prédominance d'une vision purement comptable dans l'élaboration des budgets annuels de l'Etat. L'absence de Plan depuis 1992, est-il indiqué, a des effets négatifs sur la fonction de coordination intersectorielle, de détermination des priorités et de mise en oeuvre d'une politique cohérente de développement.

    Fatima MOSSADEQ

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